Chez Invisible Bordeaux, nous avons pris l'habitude de lever les yeux vers les murs, les plaques et les fenêtres, mais dans un chemin qu...

Les pieds au sec : le patrimoine du Taillan-Médoc se décline dans un jeu de l'oie géant

Chez Invisible Bordeaux, nous avons pris l'habitude de lever les yeux vers les murs, les plaques et les fenêtres, mais dans un chemin qui traverse la forêt du Taillan-Médoc, dans la banlieue nord-ouest de Bordeaux, il faut plutôt baisser les yeux pour admirer ce qui est peint sur le sol : une œuvre sinueuse de 100 mètres de long, semblable à une marelle, composée de cases peintes à la main et inspirées des sites, des coutumes et des contes locaux. Nous vous présentons « Les Pieds au Sec ».


Cette œuvre est le résultat d'un projet (baptisé POP, pour Projet Optimiste Partagé) mené par la municipalité du Taillan en 2024 et 2025, avec le soutien actif d'un certain nombre d'acteurs culturels, et dont la réalisation a été confiée aux artistes multidisciplinaires Benjamin Grafmeyer et Colette Ducamp.


Partant d'une page blanche, les premières rencontres ont conduit les deux artistes à développer une idée autour d'un sentier surélevé emblématique, « la Levade du Médoc » (ou lébade). Il s'agissait d'un sentier pédestre qui reliait Bordeaux à Soulac en passant par Le Taillan, en quelque sorte la première route officielle dans cette zone au nord de Bordeaux. Il était surélevé afin de permettre aux promeneurs de rester au-dessus du niveau des marais environnants et ainsi de garder... les pieds au sec.

Des explications complètes sur chacun des 58 panneaux récurrents sont disponibles à côté des illustrations.

Partant de l'idée de créer leur propre forme de « levade », ils ont organisé des ateliers dans les écoles locales, les maisons de retraite, les clubs d'art et même au marché hebdomadaire, afin de recueillir des exemples des caractéristiques distinctives qui font aujourd'hui le charme du Taillan, qu'elles soient importantes ou apparemment insignifiantes ! Et lors d'une randonnée avec le club de jeunes de la ville, ils sont tombés sur le long terrain, non loin du tracé de la levade d'origine, qui allait accueillir le produit final.

Au cours d'autres sessions avec les participants au POLCA (Pôle culturel et artistique), le travail de création de pochoirs géants a commencé, et les élèves de l'école primaire ont contribué en utilisant un ensemble de formes prédéfinies pour concevoir certains des visuels qui se retrouveraient au sol.

La dernière étape a eu lieu en avril 2025, lorsque des écoliers et des bénévoles se sont joints aux artistes pour réaliser l'œuvre d'art à l'aide de pochoirs et de peinture. Celle-ci est donc bien installée dans le domaine public, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Et il s'agit bien sûr d'une œuvre interactive avec laquelle on peut jouer, grâce aux explications détaillées et les règles disponibles sur un panneau avoisinant ainsi qu'en ligne (le jeu serait adapté aux joueurs âgés de 3 à 101 ans).

Pour profiter pleinement de l'expérience, rien ne vaut une visite du lieu, mais pour vous donner un avant-goût, voici quelques-unes des cases peintes au sol (qui auraient déjà bien besoin d'un petit nettoyage) et ce qu'elles représentent :

Le lavoir (ci-dessus à gauche) : situé au centre du Taillan-Médoc, le lavoir prinicipal de la commune a été construit en 1870 et rénové en 2009. Comme partout ailleurs, il a longtemps été un véritable lieu de rencontre et un centre névralgique pour les commérages locaux !!

Le sergent mystère (au centre) : l'œuvre d'art a été installée sur l'allée du Sergent, mais l'identité du sergent en question reste... un mystère !

Chez Titine (à droite) : Titine fut la première personne du quartier Germignan du Taillan à disposer d'une ligne téléphonique. Elle était donc particulièrement bien informée des actualités et des développements locaux !

Les voitures fantômes (ci-dessus à gauche) : en juin 1940, un convoi surprenant de véhicules Citroën fit son apparition au Taillan-Médoc. Il était conduit par des ouvriers de l'usine Citroën et leurs familles, qui avaient fui Paris et avaient pour mission de cacher les voitures plus au sud, dans les Landes.

La place Général-de-Gaulle (à droite) : la place centrale de la ville était autrefois le territoire de moutons, mais c'est aujourd'hui le lieu où les gens se retrouvent pour discuter, prendre des nouvelles les uns des autres, et de refaire le monde. Santé !

Longue vie donc aux Pieds au Sec ! Espérons que cette œuvre s'intégrera durablement au paysage du Taillan-Médoc, et qu'elle finira peut-être même par faire partie intégrante du patrimoine de la ville, au même titre que les sites, les coutumes et les légendes que cette œuvre d'art célèbre ! 

Quelques images officielles de l'œuvre :   


P.S. Avant de conclure, il y a un bonus à partager : à proximité, près d'une autre route qui pénètre dans la forêt, on peut voir une vieille cabine téléphonique britannique rouge. Il ne semble y avoir aucune raison particulière à sa présence, mais elle est bel et bien là, et offre pour le moins un spectacle inhabituel. À en juger par la physionomie de la propriété voisine, il semble s'agir d'une initiative privée plutôt que d'une réalisation de la commune. 


Après quelques recherches, il semble s'agir d'un modèle K6, et le bas-relief représentant la couronne de Saint-Édouard indique donc qu'il a été fabriqué après 1953. Depuis les années 1990, lorsque les cabines téléphoniques rouges ont rapidement disparu du paysage britannique, la couronne a été repeinte en doré sur les modèles historiques au Royaume-Uni ; ici, cependant, elle a conservé sa peinture rouge d'origine. Malheureusement, il n'y a pas de téléphone à l'intérieur, donc si votre batterie est faible et que vous avez besoin de passer un appel lorsque vous êtes dans le quartier, il vaut peut-être mieux chercher « Chez Titine »...

> Localiser sur la carte Google Invisible Bordeaux : Les Pieds au Sec et Red telephone box, Le Taillan-Médoc.

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Plusieurs des lieux présentés sur le blog Invisible Bordeaux, ainsi que quelques autres sites plus éloignés, figurent désormais dans Atlas O...

Quelques découvertes du blog à Bordeaux et au-delà peuvent désormais être explorées sur Atlas Obscura !


Plusieurs des lieux présentés sur le blog Invisible Bordeaux, ainsi que quelques autres sites plus éloignés, figurent désormais dans Atlas Obscura, le guide incontournable des lieux insolites et extraordinaires à travers le monde. Voilà qui fait étrangement plaisir !


Chez Invisible Bordeaux, je suis un lecteur assidu et un utilisateur fervent d'Atlas Obscura depuis plusieurs années. D'ailleurs, de récentes randonnées à vélo ont été volontairement organisées de manière à inclure des sites présentés dans l’atlas. Ce n'était qu'une question de temps avant que certaines des découvertes de Bordeaux et de la Gironde présentées sur le blog n'apparaissent sur Atlas Obscura, touchant ainsi le public international de cette superbe plateforme. Voici donc les sujets estampillés Bordeaux (et un peu au-delà) qui bénéficient désormais de cette visibilité supplémentaire.

Les jardins des villes jumelles


Ces jardins peu connus et quelque peu délabrés, qui ont été conçus pour donner aux visiteurs l'impression d'avoir été transportés comme par magie et instantanément dans d'autres parties du monde, à savoir plusieurs villes jumelées avec Bordeaux, dont Lima, Munich, Madrid et Casablanca, ont été un sujet récurrent sur le blog Invisible Bordeaux et ont même été transformés en chanson et en vidéo pour mon projet musical, Slowrush.

> Voir l'article Atlas Obscura.


Le quartier Mériadeck 


Ce quartier moderne sur dalle a vu le jour dans les années 1960 et 1970 après la démolition de tout un quartier résidentiel. Bien que de nombreux Bordelais ne l'aient jamais vraiment adopté, il est très apprécié d'amateurs d'architecture brutaliste, de photographes, de skateurs, de groupes de danse urbaine, et de blogueurs britanniques.

> Voir l'article Atlas Obscura.


Le mur végétal du square Vinet


À deux pas de la rue Sainte-Catherine, toujours très animée, à la jonction de deux ruelles pittoresques, vous trouverez une petite aire de jeux pour enfants qui abrite le plus grand mur végétal de la ville. Il s'étend sur deux côtés de la place qui se rejoignent dans une niche circulaire.

Voir l'article Atlas Obscura.


L'Ovniport d'Arès


La paisible station balnéaire d'Arès, située à l'extrémité nord du triangle du bassin d'Arcachon, dispose d'une piste d'atterrissage réservée aux objets volants non identifiés, bien que celle-ci soit plutôt minimaliste. Cet « ovniport » attend toujours son premier visiteur extraterrestre.

Voir l'article Atlas Obscura.

 


Les autres contributions d'Invisible Bordeaux à Atlas Obscura viennent d'un peu plus loin, mais ne vous laissez pas décourager pour autant !

Le Christ sur la Croix de Rembrandt au Mas d’Agenais (à 94 kilomètres de Bordeaux)


Le Mas d'Agenais est un village pittoresque surplombant la Garonne, situé à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse. Sa petite église paroissiale, l'église Saint-Vincent, abrite un trésor inattendu : un tableau peint par Rembrandt en 1631 !

> Voir l'article Atlas Obscura.




La pente d'eau de Montech 
(à 197 kilomètres de Bordeaux)


Cette prouesse technique remarquable a permis aux bateaux fluviaux de contourner une série de cinq écluses. Il suffisait pour cela d'un canal en pente de 125 mètres dans lequel deux locomotives diesel-électriques de 1 000 chevaux pouvaient déplacer les barges. Une pure folie.

Voir l'article Atlas Obscura.



L'ancien funiculaire d'Ayré Barèges
 (à 302 kilomètres de Bordeaux)


Cette randonnée tranquille dans les montagnes, au départ du village pyrénéen de Barèges, suit les voies désaffectées d'un funiculaire et mène à l'ancienne station d'arrivée, aujourd'hui abandonnée, qui offre un spectacle grandiose. L'une des cabines métalliques vertes de dernière génération du funiculaire est toujours en place, tandis que sa jumelle est visible à l'arrière de l'ancienne station de départ à Barèges.

Voir l'article Atlas Obscura.


Le village musée du Der (à peine 767 kilomètres de Bordeaux)


Ce musée conserve les vestiges de trois villages qui ont été submergés lors de la création du lac de Der au début des années 1970, destiné à protéger Paris des inondations en régulant le débit de la Marne. Les bâtiments transférés dans cet espace comprennent une mairie, une école, une église du XIVe-XVe siècle (avec son cimetière !), une grange, une forge et un pigeonnier.

Voir l'article Atlas Obscura.


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