Le projet musical Slowrush, dont les thèmes des chansons émanent du blog Invisible Bordeaux, vient de sortir un nouvel EP, Pianoforte , et l...

En échasses avec Slowrush !


Le projet musical Slowrush, dont les thèmes des chansons émanent du blog Invisible Bordeaux, vient de sortir un nouvel EP, Pianoforte, et la chanson phare s'inspire de l'incroyable périple de Sylvain Dornon qui, à la fin du XIXe siècle, a relié Paris à Moscou… sur des échasses !  


L'EP, que je viens de signer avec mes compères Dorian et Olivier, s'intitule donc Pianoforte, en référence au piano qui « drive » chacun des morceaux dans un esprit intemporel rappelant l'énergie d'artistes tels que Ben Folds Five, Joe Jackson, le Billy Joel des grands jours ou encore Air et Youth Lagoon.


Et c'est bien l'histoire insolite de Sylvain Dornon que le groupe raconte dans le morceau « Stiltwalking to Moscow ». Pour rappel, en 1891, ce boulanger d'Arcachon s'est lancé le défi de relier Paris à Moscou dans le seul but de mettre en lumière et de préserver la tradition landaise de l'usage des échasses ! Mission accomplie en à peine 58 jours, mais le retour à la vie quotidienne de boulanger n'a pas été de tout repos et Dornon est mort jeune.


Un clip « lyric video » illustre de manière littérale, avec une pointe d'humour, les paroles de la chanson, et donne presque envie de chausser soi-même des échasses.


Quant aux autres titres de l'EP, « Hey, Mr. Bertolucci », raconte la transformation d’une avenue parisienne pour les besoins d’un tournage dont l’action se déroule en mai 1968, scène inattendue dont le récit a été partagé par le passé sur le site Invisible Paris


« Salt of the Earth » est un morceau instrumental construit autour d’un enregistrement sur cassette d’une prédication du pasteur évangélique Robert Fairnie (à savoir... mon grand-père !), datant des années 1980 et capturé par un membre d’une église de Fraserburgh, au nord de l’Écosse. Enfin, « Half a World Away II » s’inspire du long séjour de Dorian au Chili, du projet musical monté de toutes pièces dans l’hémisphère Sud et des liens d’amitié qui y ont été noués. 

L'EP est à découvrir sur toutes les plateformes de streaming, ou via le lecteur Spotify ci-dessous. Bonne écoute et vive les échasses ! 


> Retrouvez Slowrush sur les plateformes audio et les réseaux sociaux.

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Si vous êtes amateur d’installations de street art originales et de qualité, et que vous avez déjà visité des villes comme Orléans, Tours, C...

Dans les pas de l'illustrateur de rues MifaMosa à Bordeaux

Si vous êtes amateur d’installations de street art originales et de qualité, et que vous avez déjà visité des villes comme Orléans, Tours, Chartres, Montpellier, Lille ou encore Paris, vous avez peut-être remarqué certaines des célèbres créations en pixel art de MifaMosa, qui a pour particularité de s’inspirer des noms de rues pour les illustrer avec un regard fin et plein d’humour. Eh bien, la première bonne nouvelle, c'est qu'il y a sept œuvres de MifaMosa à découvrir à Bordeaux ! Et la deuxième bonne nouvelle, c'est que MifaMosa a même partagé quelques informations exclusives avec le blog ! C'est par ici !


D'après les rares informations disponibles, MifaMosa est originaire d'Orléans, et son idée d'illustrer des noms de rue a vu le jour sous la forme d'un projet collectif imaginé avec sa mère et sa sœur, dans le but d'apporter un peu de joie et de légèreté à sa grand-mère souffrante. Cette philosophie familiale se reflète dans le nom MifaMosa (pour ma famille / mosaïque), ainsi que dans les trois points circulaires qui forment la signature de l’artiste, représentant sa mère, sa sœur et lui-même.


Les premières séries d'illustrations de noms de rue de MifaMosa ont vu le jour en 2017 et, depuis lors, l'artiste s'est étendu à d'autres villes à travers la France, dans l'espoir d'être un jour présent dans chaque département du territoire. Ici, en Gironde, les uniques visites de MifaMosa à ce jour ont eu lieu à Bordeaux en novembre 2022 puis Libourne en août 2023 (on peut y voir six créations).


Pour l’instant, nous allons toutefois nous concentrer sur les installations bordelaises, qui se répartissent en trois groupes : deux dans le quartier des Chartrons, au nord de la ville, trois dans le centre dit historique, et les deux autres plus au sud, dans le quartier Saint-Michel/Capucins.


Notre parcours commence dans le quartier des Chartrons, rue Rose, avec sa rose rouge à longue tige. Cette œuvre est située à l’angle où la rue croise la rue Pomme-d’Or, illustrée à proximité par une minuscule pomme dorée. À peine 50 mètres séparent ces deux premières œuvres.


La deuxième série commence au bout de l’une des rues les plus petites et les plus étroites de la ville, la rue de la Vache, incarnée par le célèbre logo du fromage « La Vache qui rit ». Sur le logo original, les boucles d’oreilles de la vache sont des paquets de fromage. Ici, elles ont été remplacées par la signature à trois cercles caractéristique de MifaMosa !



En se déplaçant légèrement vers l'ouest, sur la rue Sainte-Colombe, on peut voir une colombe, auréolée comme une sainte donc, prendre son envol, et au bout de la rue du Loup, on aperçoit un loup qui hurle en direction de la place Pey-Berland !



On peut admirer le dernier duo d'abord rue des Vignes, où une grappe de raisin a malheureusement perdu ses trois points MifaMosa, puis rue du Mouton, où se trouve sans doute mon préféré de tous : Shaun le mouton, qui jette un regard espiègle depuis le mur.



J'ai contacté MifaMosa pour lui demander quelles impressions de la ville lui restaient de ce séjour. Il a précisé que son passage à Bordeaux était bref et « il n'est donc pas facile de qualifier cette ville en quelques mots sans trop la connaître, mais pour jouer le jeu je dirais gastronomique et moderne. »


Compte tenu de l'emplacement très exposé de certaines de ses créations, je me suis demandé comment s'était déroulé le processus d'installation : « Malheureusement rien de follement passionnant à raconter.  Toutes les poses se sont très bien passées, de jour comme de nuit et il y a eu quelques interactions positives avec les gens. »

Pour finir, je voulais savoir si, lors de sa prochaine visite en ville, il préférerait qu'on lui offre une rose, une part de fromage Vache qui Rit ou une peluche de Shaun le mouton. Sa réponse, indécise : « J'aime bien les cadeaux, je reviendrai donc trois fois à Bordeaux ! »

MifaMosa, vous serez bien sûr toujours la bienvenue à Bordeaux quand vous le souhaiterez. Nous serions par exemple ravis de voir ce que vous feriez de noms de rues tels que la rue des Gants, la rue du Mulet, la rue du Vélodrome, la rue des Lendemains, l'impasse Bon Gré Mal Gré… La liste est longue et les possibilités infinies ! :-)


> Pour plus d'informations sur MifaMosa et pour découvrir toutes les œuvres (plus de 500) disséminées à travers la France, rendez-vous sur son site officiel : mifamosa.fr 

Ce reportage Chartres.TV offre une excellente introduction à sa philosophie et à ses méthodes :



> This article is also available in English!

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Nous sommes à Arcachon, à la fin du XIXe siècle, et Sylvain Dornon (photo ci-contre), boulanger, s’est donné pour mission de faire revivr...

Sylvain Dornon : le boulanger arcachonnais qui a relié Paris à Moscou... sur des échasses

Nous sommes à Arcachon, à la fin du XIXe siècle, et Sylvain Dornon (photo ci-contre), boulanger, s’est donné pour mission de faire revivre la tradition landaise tombée en désuétude de la marche sur échasses. Pour ce faire, il organise des démonstrations et des spectacles, puis décide de gravir la tour Eiffel sur échasses, avant de partir de Paris pour rejoindre Moscou. Mais revenons au début…


L'utilisation des échasses s'est généralisée dans les Landes à partir du XVIIIe siècle. Ces instruments en bois (munis de lanières de cuir aux pieds) étaient principalement utilisés par les bergers, à la fois pour se déplacer plus facilement dans les terrains marécageux et pour élargir leur champ de vision lorsqu'ils surveillaient leur troupeau de moutons. Les messagers et les facteurs, soucieux de gagner du temps et de marcher d'un pas régulier, utilisaient également les échasses dans les Landes. Mais à mesure que les zones humides s'asséchaient, grâce aux travaux de Nicolas Brémontier et de Jules Chambrelent, dont nous avons déjà parlé dans un précédent article, l'usage des échasses a commencé à disparaître.


C'est là qu'entre en scène Sylvain Dornon, né en 1858 à Salles, à l'est d'Arcachon et à l'extrémité nord des Landes. Il n'était pas issu d'une famille de bergers. Son père était en effet résinier, récoltant la résine des pins de la région, et Sylvain devint boulanger à Lugos, non loin de là. Mais il était fasciné par la musique et la danse, et c’est à Lugos qu’il créa l’une des toutes premières troupes de danse folklorique à se produire… sur des échasses. À la fin des années 1880, le jeune boulanger s’installa à Arcachon, où il s’établit dans la rue du Casino, en centre-ville.


La rue du Casino s'appelle désormais rue du Maréchal de Lattre de Tassigny. On aperçoit la boulangerie Dornon à gauche de cette photo ; elle était inoccupée au moment où celle-ci a été prise.

Alors que l'attrait touristique de la ville ne cessait de croître, il eut une idée qui s'annonçait lucrative : divertir les visiteurs en organisant des spectacles dans le verdoyant Parc Mauresque, situé à quelques mètres seulement de sa boulangerie. Les spectacles d’échassiers comprenaient des courses et des danses, culminant en un numéro de quadrille connu sous le nom gascon de Lou Quadrilh dous tchancats (les échassiers étaient appelés « tchanqués », tout comme le sont encore aujourd’hui les célèbres cabanes sur pilotis au milieu de la baie d’Arcachon).


Dans la pure tradition des spectacles de rue, les spectateurs étaient invités à faire des dons généreux à la fin du spectacle. Le concept s'avéra fructueux, mais Dornon estimait que lui et ses échasses méritaient une plus grande visibilité. En septembre 1889, il se rendit donc à Paris pour l'Exposition universelle et, en tenue de tchanqué, gravit les marches menant au deuxième étage de la tour Eiffel. Cet exploit fit l'objet d'une large couverture médiatique.


Malheureusement peu d'échasses dans le parc Mauresque ces jours-ci.
Mais il ne s'arrêta pas là. Inspiré par les récits de Russes excentriques qui parcouraient à pied la distance séparant la frontière occidentale de leur pays de la France, Dornon décida d'aller encore plus loin et de faire le trajet entre Paris et Moscou sur des échasses. Son arrivée devait coïncider avec une exposition franco-russe qui s'y tenait en mai 1891. Il obtint le soutien financier du magazine L’Illustration et se mit au travail pour fabriquer deux nouvelles paires d’échasses : l’une mesurait 1 mètre 10 centimètres et pesait 3 kilogrammes, tandis que la seconde, plus longue (1 m 80), fut expédiée à Moscou avec des malles de vêtements.

Vêtu de la tenue traditionnelle du berger landais (avec manteau en peau de chèvre et béret), muni d'un sac contenant des cartes, quelques vêtements de rechange et un fusil chargé (on n'est jamais trop prudent), Dornon quitta la place de la Concorde à Paris le 12 mars 1891, entouré d'une foule de 2 000 partisans enthousiastes ! 


Le jour du départ depuis la place de la Concorde à Paris (source photo : bassindarcachon.com).

Cette aventure a même suscité une certaine controverse, car selon certaines rumeurs, Dornon aurait pris le train par endroits pour se faciliter quelque peu la tâche. La presse française s'est rapidement emparée de cette information, bien que Dornon ait affirmé par la suite (dans son récit personnel du périple publié l'année suivante par l'imprimerie bordelaise Gounouilhou*) qu'il n'avait pris le train qu'à Jastrow, en Allemagne, pour se produire lors d'un spectacle de cirque ponctuel à Kustrin, avant de revenir en train au même endroit afin de poursuivre son périple. 


Source: Wikipedia

Quoi qu’il en soit, après 58 jours et 2 875 kilomètres, Dornon arriva à Moscou, précédé d’un cortège de police. Il fut acclamé par une foule scandant « Vive la France ! » et accueilli avec une réception au champagne, même si le personnel de l’exposition française ne semblait pas particulièrement enchanté : il ne fut pas autorisé à marcher sur des échasses lors de l’événement et ne reçut même pas de billet de courtoisie. Cependant, après avoir participé à plusieurs autres festivités (dont une course sur échasses contre un clown allemand) et visité Saint-Pétersbourg, Dornon monta enfin dans un train et entama le voyage de retour, qui allait bien sûr prendre beaucoup moins de temps… même s’il ne se déroula pas sans incident : à un poste-frontière, les verres gravés que Dornon rapportait à ses amis en souvenir furent tous cassés lors d’une fouille effectuée par un douanier trop zélé.


De retour à Arcachon, Dornon reprit ses fonctions à la boulangerie. Mis à part les visiteurs venus le féliciter pour ses récents exploits, sa vie retrouva une certaine normalité. Ses échasses landaises continuaient toutefois de le passionner bien plus que la production de la boulangerie ; il participa à des courses et à des spectacles de danse dans toute la région jusqu'à sa mort en 1900, à l'âge de 42 ans seulement. Son héritage est d'avoir fait revivre une tradition landaise qui avait déjà disparu, et le concept qu'il a développé perdure encore aujourd'hui, de nombreuses troupes de danse folklorique sur échasses continuant à divertir les foules.


Localiser sur la carte Google Invisible Bordeaux : la boulangerie de Sylvain Dornon était située dans ce qui est désormais la rue du Maréchal de Lattre de Tassigny in Arcachon. L'accès au parc Mauresque peut notamment se faire en empruntant l'ascenseur public qui a déjà figuré sur le blog.
> *Le récit de Dornon sur son voyage de Paris à Moscou, initialement publié en 1892, a été réédité par Milathéa, une maison d'édition locale spécialisée dans la littérature jeunesse. Voir : http://www.milathea.fr/sylvain_dornon_milathea.html

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Juste avant de dire adieu à la saison hivernale, l'un des rendez-vous musicaux incontournables de l'année à Bordeaux pointe le bout ...

Le festival Bordeaux Rock, les 20 ans de Rock en Ville et la compil’ collector !

Juste avant de dire adieu à la saison hivernale, l'un des rendez-vous musicaux incontournables de l'année à Bordeaux pointe le bout de son nez : l'édition 2026 du festival Bordeaux Rock, qui se tiendra du 11 au 14 mars. Nous attendons une programmation toujours aussi originale et audacieuse, avec des pépites locales et des icônes internationales, le tout avec aux manettes l’association Bordeaux Rock, à qui on doit également le festival de documentaires musicaux Musical Écran.

Le festival commencera le mercredi 11 mars à l'Inconnue, à Talence, avec une soirée « Portugal Com Amor » en compagnie d'Ana Lua Caiano (la Björk lusitanienne) et de Rita Braga. Cette édition se terminera en beauté le samedi 14 mars à la salle des fêtes de Bordeaux Grand Parc, avec la première date française de Marlon Magnée (du groupe Femme) en tête d'affiche, aux côtés d'un duo de duos : Domenique Dumon et le groupe local Équipe de Foot.

Entre-temps, les 12 et 13 mars, place aux 20 ans de l'initiative Rock en Ville, qui s'étend cette année sur deux soirées, permettant à pas moins de 40 groupes locaux d'investir six salles mythiques du centre-ville de Bordeaux.

Le principe est simple : des pass soirée sont disponibles dans chacun des lieux pour le prix modique de 6 euros (cash only, à l’ancienne). Ils permettent de déambuler entre les différents lieux : l’Avant-Scène, Archipop Records, l’Éther, la Maison Allez les Filles, Pulp et le Grizzly Pub.

L’offre sera plus qu’éclectique. Que vous soyez plutôt powerpop (Gordon), skate punk (Fast Lane), dream pop (Aldo is a Dog), post punk (Souffre Douleur), grunge rock (Grenat), country folk (The Coudougnans) ou indie rock (Pyramid Kiwi), vous trouverez forcément votre bonheur !

Et, full disclosure, mon groupe d'alt-pop, Slowrush, dont les chansons s'inspirent de thèmes insolites partagés sur le blog, se produira le jeudi 12 mars à l'Éther (12 rue des Menuts), aux côtés des excellents Safe Waters (grunge shoegaze) et Cust (punk rock). Rendez-vous à 19 h 45 précises pour le début de notre set, be there !

Enfin, vous pourrez même vous procurer un souvenir collector de ces deux soirées sous la forme d'une compilation double CD réalisée sous la direction de Thoineau Palis, également connu sous l'alias TH Da Freak et fondateur du label influent Flippin' Freaks. La compilation, dont le macaron rocker de la pochette est signé Aubérie Vantomme, sera disponible au prix de 10 € lors du festival, puis dans les meilleures boutiques de la métropole bordelaise, en commande sur le site internet de Bordeaux Rock et en streaming sur Bandcamp. Cette nouvelle collection s'ajoute aux précédentes sorties de Bordeaux Rock, qui m'ont personnellement permis de voyager dans le temps pour découvrir les scènes musicales bordelaises des périodes 1977-1987 et 1988-1998 ! Revenez bientôt pour mon analyse de la cuvée 2026... et, dans l'immédiat, rendez-vous au festival !

Un exemplaire de la compilation Rock en Ville 20 ans repéré dans sa ville natale.

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Chez Invisible Bordeaux, nous avons pris l'habitude de lever les yeux vers les murs, les plaques et les fenêtres, mais dans un chemin qu...

Les pieds au sec : le patrimoine du Taillan-Médoc se décline dans un jeu de l'oie géant

Chez Invisible Bordeaux, nous avons pris l'habitude de lever les yeux vers les murs, les plaques et les fenêtres, mais dans un chemin qui traverse la forêt du Taillan-Médoc, dans la banlieue nord-ouest de Bordeaux, il faut plutôt baisser les yeux pour admirer ce qui est peint sur le sol : une œuvre sinueuse de 100 mètres de long, semblable à une marelle, composée de cases peintes à la main et inspirées des sites, des coutumes et des contes locaux. Nous vous présentons « Les Pieds au Sec ».


Cette œuvre est le résultat d'un projet (baptisé POP, pour Projet Optimiste Partagé) mené par la municipalité du Taillan en 2024 et 2025, avec le soutien actif d'un certain nombre d'acteurs culturels, et dont la réalisation a été confiée aux artistes multidisciplinaires Benjamin Grafmeyer et Colette Ducamp.


Partant d'une page blanche, les premières rencontres ont conduit les deux artistes à développer une idée autour d'un sentier surélevé emblématique, « la Levade du Médoc » (ou lébade). Il s'agissait d'un sentier pédestre qui reliait Bordeaux à Soulac en passant par Le Taillan, en quelque sorte la première route officielle dans cette zone au nord de Bordeaux. Il était surélevé afin de permettre aux promeneurs de rester au-dessus du niveau des marais environnants et ainsi de garder... les pieds au sec.

Des explications complètes sur chacun des 58 panneaux récurrents sont disponibles à côté des illustrations.

Partant de l'idée de créer leur propre forme de « levade », ils ont organisé des ateliers dans les écoles locales, les maisons de retraite, les clubs d'art et même au marché hebdomadaire, afin de recueillir des exemples des caractéristiques distinctives qui font aujourd'hui le charme du Taillan, qu'elles soient importantes ou apparemment insignifiantes ! Et lors d'une randonnée avec le club de jeunes de la ville, ils sont tombés sur le long terrain, non loin du tracé de la levade d'origine, qui allait accueillir le produit final.

Au cours d'autres sessions avec les participants au POLCA (Pôle culturel et artistique), le travail de création de pochoirs géants a commencé, et les élèves de l'école primaire ont contribué en utilisant un ensemble de formes prédéfinies pour concevoir certains des visuels qui se retrouveraient au sol.

La dernière étape a eu lieu en avril 2025, lorsque des écoliers et des bénévoles se sont joints aux artistes pour réaliser l'œuvre d'art à l'aide de pochoirs et de peinture. Celle-ci est donc bien installée dans le domaine public, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Et il s'agit bien sûr d'une œuvre interactive avec laquelle on peut jouer, grâce aux explications détaillées et les règles disponibles sur un panneau avoisinant ainsi qu'en ligne (le jeu serait adapté aux joueurs âgés de 3 à 101 ans).

Pour profiter pleinement de l'expérience, rien ne vaut une visite du lieu, mais pour vous donner un avant-goût, voici quelques-unes des cases peintes au sol (qui auraient déjà bien besoin d'un petit nettoyage) et ce qu'elles représentent :

Le lavoir (ci-dessus à gauche) : situé au centre du Taillan-Médoc, le lavoir prinicipal de la commune a été construit en 1870 et rénové en 2009. Comme partout ailleurs, il a longtemps été un véritable lieu de rencontre et un centre névralgique pour les commérages locaux !!

Le sergent mystère (au centre) : l'œuvre d'art a été installée sur l'allée du Sergent, mais l'identité du sergent en question reste... un mystère !

Chez Titine (à droite) : Titine fut la première personne du quartier Germignan du Taillan à disposer d'une ligne téléphonique. Elle était donc particulièrement bien informée des actualités et des développements locaux !

Les voitures fantômes (ci-dessus à gauche) : en juin 1940, un convoi surprenant de véhicules Citroën fit son apparition au Taillan-Médoc. Il était conduit par des ouvriers de l'usine Citroën et leurs familles, qui avaient fui Paris et avaient pour mission de cacher les voitures plus au sud, dans les Landes.

La place Général-de-Gaulle (à droite) : la place centrale de la ville était autrefois le territoire de moutons, mais c'est aujourd'hui le lieu où les gens se retrouvent pour discuter, prendre des nouvelles les uns des autres, et de refaire le monde. Santé !

Longue vie donc aux Pieds au Sec ! Espérons que cette œuvre s'intégrera durablement au paysage du Taillan-Médoc, et qu'elle finira peut-être même par faire partie intégrante du patrimoine de la ville, au même titre que les sites, les coutumes et les légendes que cette œuvre d'art célèbre ! 

Quelques images officielles de l'œuvre :   


P.S. Avant de conclure, il y a un bonus à partager : à proximité, près d'une autre route qui pénètre dans la forêt, on peut voir une vieille cabine téléphonique britannique rouge. Il ne semble y avoir aucune raison particulière à sa présence, mais elle est bel et bien là, et offre pour le moins un spectacle inhabituel. À en juger par la physionomie de la propriété voisine, il semble s'agir d'une initiative privée plutôt que d'une réalisation de la commune. 


Après quelques recherches, il semble s'agir d'un modèle K6, et le bas-relief représentant la couronne de Saint-Édouard indique donc qu'il a été fabriqué après 1953. Depuis les années 1990, lorsque les cabines téléphoniques rouges ont rapidement disparu du paysage britannique, la couronne a été repeinte en doré sur les modèles historiques au Royaume-Uni ; ici, cependant, elle a conservé sa peinture rouge d'origine. Malheureusement, il n'y a pas de téléphone à l'intérieur, donc si votre batterie est faible et que vous avez besoin de passer un appel lorsque vous êtes dans le quartier, il vaut peut-être mieux chercher « Chez Titine »...

> Localiser sur la carte Google Invisible Bordeaux : Les Pieds au Sec et Red telephone box, Le Taillan-Médoc.

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Plusieurs des lieux présentés sur le blog Invisible Bordeaux, ainsi que quelques autres sites plus éloignés, figurent désormais dans Atlas O...

Quelques découvertes du blog à Bordeaux et au-delà peuvent désormais être explorées sur Atlas Obscura !


Plusieurs des lieux présentés sur le blog Invisible Bordeaux, ainsi que quelques autres sites plus éloignés, figurent désormais dans Atlas Obscura, le guide incontournable des lieux insolites et extraordinaires à travers le monde. Voilà qui fait étrangement plaisir !


Chez Invisible Bordeaux, je suis un lecteur assidu et un utilisateur fervent d'Atlas Obscura depuis plusieurs années. D'ailleurs, de récentes randonnées à vélo ont été volontairement organisées de manière à inclure des sites présentés dans l’atlas. Ce n'était qu'une question de temps avant que certaines des découvertes de Bordeaux et de la Gironde présentées sur le blog n'apparaissent sur Atlas Obscura, touchant ainsi le public international de cette superbe plateforme. Voici donc les sujets estampillés Bordeaux (et un peu au-delà) qui bénéficient désormais de cette visibilité supplémentaire.

Les jardins des villes jumelles


Ces jardins peu connus et quelque peu délabrés, qui ont été conçus pour donner aux visiteurs l'impression d'avoir été transportés comme par magie et instantanément dans d'autres parties du monde, à savoir plusieurs villes jumelées avec Bordeaux, dont Lima, Munich, Madrid et Casablanca, ont été un sujet récurrent sur le blog Invisible Bordeaux et ont même été transformés en chanson et en vidéo pour mon projet musical, Slowrush.

> Voir l'article Atlas Obscura.


Le quartier Mériadeck 


Ce quartier moderne sur dalle a vu le jour dans les années 1960 et 1970 après la démolition de tout un quartier résidentiel. Bien que de nombreux Bordelais ne l'aient jamais vraiment adopté, il est très apprécié d'amateurs d'architecture brutaliste, de photographes, de skateurs, de groupes de danse urbaine, et de blogueurs britanniques.

> Voir l'article Atlas Obscura.


Le mur végétal du square Vinet


À deux pas de la rue Sainte-Catherine, toujours très animée, à la jonction de deux ruelles pittoresques, vous trouverez une petite aire de jeux pour enfants qui abrite le plus grand mur végétal de la ville. Il s'étend sur deux côtés de la place qui se rejoignent dans une niche circulaire.

Voir l'article Atlas Obscura.


L'Ovniport d'Arès


La paisible station balnéaire d'Arès, située à l'extrémité nord du triangle du bassin d'Arcachon, dispose d'une piste d'atterrissage réservée aux objets volants non identifiés, bien que celle-ci soit plutôt minimaliste. Cet « ovniport » attend toujours son premier visiteur extraterrestre.

Voir l'article Atlas Obscura.

 


Les autres contributions d'Invisible Bordeaux à Atlas Obscura viennent d'un peu plus loin, mais ne vous laissez pas décourager pour autant !

Le Christ sur la Croix de Rembrandt au Mas d’Agenais (à 94 kilomètres de Bordeaux)


Le Mas d'Agenais est un village pittoresque surplombant la Garonne, situé à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse. Sa petite église paroissiale, l'église Saint-Vincent, abrite un trésor inattendu : un tableau peint par Rembrandt en 1631 !

> Voir l'article Atlas Obscura.




La pente d'eau de Montech 
(à 197 kilomètres de Bordeaux)


Cette prouesse technique remarquable a permis aux bateaux fluviaux de contourner une série de cinq écluses. Il suffisait pour cela d'un canal en pente de 125 mètres dans lequel deux locomotives diesel-électriques de 1 000 chevaux pouvaient déplacer les barges. Une pure folie.

Voir l'article Atlas Obscura.



L'ancien funiculaire d'Ayré Barèges
 (à 302 kilomètres de Bordeaux)


Cette randonnée tranquille dans les montagnes, au départ du village pyrénéen de Barèges, suit les voies désaffectées d'un funiculaire et mène à l'ancienne station d'arrivée, aujourd'hui abandonnée, qui offre un spectacle grandiose. L'une des cabines métalliques vertes de dernière génération du funiculaire est toujours en place, tandis que sa jumelle est visible à l'arrière de l'ancienne station de départ à Barèges.

Voir l'article Atlas Obscura.


Le village musée du Der (à peine 767 kilomètres de Bordeaux)


Ce musée conserve les vestiges de trois villages qui ont été submergés lors de la création du lac de Der au début des années 1970, destiné à protéger Paris des inondations en régulant le débit de la Marne. Les bâtiments transférés dans cet espace comprennent une mairie, une école, une église du XIVe-XVe siècle (avec son cimetière !), une grange, une forge et un pigeonnier.

Voir l'article Atlas Obscura.


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