C'est en voyant un tweet publié par un certain Matt Guenoux portant sur la construction de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gau...

Vidéo : « timelapse » aérien du quartier Mériadeck de 1924 à 2019


C'est en voyant un tweet publié par un certain Matt Guenoux portant sur la construction de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, en forme de vidéo assemblée à partir d'images disponibles sur l'excellent site Remonter le Temps de l'IGN, que je me suis dit qu'il serait intéressant de faire quelque chose de similaire pour Bordeaux. Et pour cet exercice, le quartier de Mériadeck s'est vite imposé comme le meilleur point de départ !

Voici donc le produit fini, à savoir un voyage dans le temps d'une durée d'une minute qui parcourt en photos une période de 95 ans, afin de découvrir comment les rues étroites et les échoppes de Mériadeck ont cédé la place au quartier d'affaires et administratif que l'on connaît de nos jours, évolution qui a déjà été couverte sur le blog dans le cadre d'un reportage que vous pouvez retrouver en cliquant ici. Bon visionnage et n'hésitez pas à continuer la lecture de cette page qui détaille quelques-uns de changements les plus notables à repérer. (Il vous faudra peut-être appuyer sur le bouton pause !)


1924 - L'ancien quartier résidentiel, traversé notamment en diagonal de haut en bas par la rue Dauphine, qui allait devenir rue Docteur-Charles-Nancel-Pénard (un des axes qui rejoint la place Gambetta). Parmi les lieux déjà visibles et qui le resteront au fil de ces 95 années : le cimetière de la Chartreuse et l'église Saint-Bruno à gauche, la mairie (Palais Rohan) et ses jardins légèrement à droite de l'axe central, la cathédrale Saint-André à droite, et le palais de justice en bas à droite.

1950 - Le centre de gravité est toujours le carré parfait de la place Mériadeck, lieu de vie et de rendez-vous pour les habitants du quartier.

1956 - Juste au nord de la place Mériadeck, un premier terrain s'apprête à recevoir le premier building du quartier.

1961 - La résidence du Château d'Eau fait son apparition. Il s'agira de la seule réalisation issue du premier projet d'aménagement du quartier, rapidement abandonné.

1965-66 - D'autres bâtiments ont été démolis pour libérer de nouveaux lots à proximité de la résidence du Château d'Eau. Vers le sud, la caserne des pompiers d'Ornano s'est agrandie (inauguration décembre 1966).

1967-70 - De nouveaux terrains sont désormais disponibles et le bâtiment rectangulaire de la Poste est terminé.

1973 - La place Mériadeck disparaît à tout jamais.

1976 - Toute la zone sud est un vaste chantier, les premiers immeubles d'appartements et bureaux cruciformes sont livrés dans le secteur nord-ouest, l'immeuble rond de la Caisse d’Épargne dans l'esprit du musée Guggenheim de New York prend forme, et une grande partie centrale de la rue Docteur-Charles-Nancel-Pénard appartient désormais au passé.

1979 - Parmi les nouvelles venues : le centre commercial de Mériadeck (ouverture l'année suivante), l'immeuble de la Préfecture de la Gironde et, moins visible depuis les airs, l'immeuble de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux, aujourd'hui Bordeaux Métropole).

1980 - Des passerelles relient désormais les différents secteurs sur dalle, et de nouvelles résidences cruciformes occupent le côté sud.

1984-85 - Le nouveau bâtiment en forme d'étoile ou de fleur en bas à gauche est la patinoire (et, accessoirement, salle de concert). Les arbres et les plans d’eau de l’esplanade centrale sont clairement visibles. Un peu plus loin à l’est, juste au nord de la place Pey-Berland, la résidence et centre commercial Saint-Christoly est en construction.

1989 - Près du cimetière de la Chartreuse on aperçoit les nouveaux bureaux de la région Aquitaine qui, depuis les airs, ressemblent à une énorme brique Lego. Le coin sud-est de la zone abrite désormais des hôtels Novotel et Ibis. Un peu plus à l'ouest, la bibliothèque municipale s'est installée.

1991-96 - Le Conseil départemental de la Gironde a installé ses nouveaux locaux face à la bibliothèque. À partir de cette période, la majeure partie de l'espace disponible est occupée et les nouveaux développements se font rares.

1998-2000 - L'ajout le plus notable de cette période est le nouveau tribunal de grande instance signé Richard Rogers, sur le cours d'Albret.

2004 - Non loin du quartier Mériadeck, la place Pey-Berland accueille le tram et est transformé en espace piéton.

2010-12 - L'effet Mériadeck s'étend vers le nord-est avec l'ajout de nouvelles résidences face à la Poste. Pendant ce temps-là, l'immeuble la Croix du Mail, déjà vieillissant, est démoli et cède sa place à la cité Municipale, visible dans la capture 2019 depuis GoogleEarth.

Bien sûr, il y a bien d'autres choses à relever en visionnant ce clip. N'hésitez pas à soulever d'autres choses, qu'elles soient des choses « incontournables » non évoquées ici, ou alors purement anecdotiques !

> This article is also available in English!

0 commentaires:

Il est 22h18 le jeudi 24 septembre 1959. À l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, un avion à hélice Douglas DC-7C (celui visible ci-des...

La catastrophe aérienne de Saint-Jean-d'Illac : le crash au décollage du vol TAI 307 en 1959


Il est 22h18 le jeudi 24 septembre 1959. À l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, un avion à hélice Douglas DC-7C (celui visible ci-dessus, immatriculé F-BIAP) se prépare au décollage pour la seconde étape du vol TAI 307, la liaison régulière opérée par la compagnie française des Transports Aériens Intercontinentaux (TAI) entre Paris et Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, via Bordeaux et Bamako au Mali.

L’escale à Mérignac a duré deux heures et tout le monde à bord - les neuf membres de l’équipage et les 56 passagers - est serein alors que l’appareil prend place sur la piste 23, principale piste de décollage et d'atterrissage de l’aéroport. Il y a un vent modéré et une bruine légère, mais la visibilité est bonne. Le pilote en chef Maurice Verges et le copilote Jean Bouchot obtiennent le feu vert pour décoller de la part de la tour de contrôle. À 22h23, le DC-7 met les gaz et s'apprête à entamer son vol de huit heures à destination de Bamako.

Après avoir quitté le sol de façon nominale, l’appareil monte à une altitude de 30 mètres mais pas plus, et commence même à redescendre. À guère un kilomètre de l'extrémité de la piste, ou 2 950 mètres du point de mise du gaz, l'avion heurte des pins (22,5 mètres de haut) de la forêt des Landes de Boulac sur la commune de Saint-Jean-d'Illac. Suite à ces impacts, l’aile droite de l'avion est endommagée et l’appareil tombe au sol, le fuselage se fend en plusieurs morceaux et des débris s'étalent sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Plusieurs explosions se produisent, provoquant un certain nombre d'incendies qui se propagent rapidement aux arbres, bien que le sol humide empêche l'incendie de s'étendre au-delà de la zone de l'accident.

En haut à droite : l'extrémité de la piste 23 de l’aéroport de Mérignac (ou 05 si l’approche se fait dans l’autre sens), et en bas à gauche, le lieu approximatif de l’accident, où l'on trouve désormais une zone d'activités. Les débris de l'avion s’étalaient sur plusieurs centaines de mètres, principalement dans la zone située à droite de la trajectoire de l’avion (ligne orange). Données cartographiques / satellites : Google.
Immédiatement après, l'obscurité et l'inaccessibilité totale de la région entravent les efforts de secours; la structure routière rudimentaire empêche les véhicules d'urgence de s'approcher à moins de 800 mètres du lieu de l'impact. Miraculeusement, douze passagers ont survécu après avoir été éjectés de l'avion. Ils sont transportés à l'hôpital à Bordeaux où l'un d'eux décède peu de temps après. L'accident du vol TAI 307 entraîne ainsi la mort de 54 personnes, y compris tous les membres de l'équipage.

Une photo du lieu de l'accident, avec une partie de l'épave visible au loin. Crédit photo International Magazine Service pour Paris-Match / Marie-Claire, source : Amazon.
Alors, que s'est-il passé ? Dans le rapport d'enquête publié par le Bureau Enquêtes-Accidents de l’Inspection générale de l’aviation civile, sécurité et navigation aériennes (de nos jours simplement le BEA, Bureau d'Enquêtes et Analyses), trois facteurs-clés ont été identifiés. Tout d’abord, les feux de l’appareil, vieux d'à peine deux ans, n’étaient pas en service. Ceci n'est pas forcément un problème, mais à cela s'ajoute le manque également de repères lumineux au sol (lampadaires, habitations...) ce qui aurait permis aux pilotes de savoir à quel point ils étaient bas. Ce qui nous amène au troisième et dernier facteur le plus important : les pilotes ne prêtaient pas attention à l'altimètre et ignoraient donc pleinement à quelle altitude ils volaient.

Dans le cadre d'une reconstitution du vol (à Brétigny, en région parisienne) en appliquant les mêmes critères, le Bureau a démontré que « au cours du premier segment de montée, et en particulier pendant une phase critique très courte [de l'ordre de 10 secondes environ 40 secondes après la mise du gaz], un faible accroissement de vitesse se traduit par une réduction considérable du taux de montée, voire même une légère perte d'altitude. Compte tenu de la cadence accélérée à laquelle se déroulent les opérations dans le poste au cours de cette phase, ainsi que de la variation rapide des paramètres du vol, des indications imprécises (voire inexactes) de certains instruments et en l'absence de référence temps et de repères visuels extérieurs, un pilote peut faire suivre à son avion une trajectoire susceptible de le ramener à proximité du sol si, dans le même temps, une vitesse optima de montée n'est pas adoptée et une surveillance rigoureuse de l'altimètre exercée. ».  

En se rendant sur la zone du crash aujourd'hui, on constate que le terrain est occupé par divers locaux commerciaux ou industriels, bien qu’au-delà on puisse trouver une vaste étendue de terres agricoles, ainsi que des parcelles de forêts de pins, à l’instar de là où le vol TAI 307 s'est écrasé. Même maintenant, il est facile d’imaginer à quel point le lieu de l’accident devait être isolé et inaccessible en 1959, alors qu’il était si proche de ce qui était déjà, à l’époque, un aéroport important. Une partie des bois où je me promène semble avoir été transformée en une décharge sauvage, destinée qui ne semble pas correspondre au lourd passé du lieu.

La zone approximative du crash, avec une dense forêt de pins à droite.
De jeunes pins.
Ni stèle, ni plaque...
Sans surprise, à moins d’avoir raté quelque chose, sur place je n'ai pas trouvé de panneau d’information ou de stèle rappelant les événements tragiques de septembre 1959. Par contre, un hommage important est situé du côté sud du cimetière de la Chartreuse en plein Bordeaux. C'est là que reposent le copilote Jean Bouchot (32 ans), le mécanicien Yves Gosse (32 ans), le mécanicien stagiaire Raymond Savina (38 ans), le steward André Paupy (28 ans) et l'hôtesse de l'air Chantal Perrault de Jotemps (35 ans), ainsi que 14 passagers aux noms de Barge, Bordelanne, Darlan, Delaunay, Duchamp, Duhart, Dussaut, Mensah, Morris et Tanon.


Soixante ans plus tard, le souvenir de cette catastrophe aérienne - la plus meurtrière jamais survenue dans la région - semble s'être évanoui dans les brumes de l'histoire. J'espère donc que cet article permettra de ne pas oublier cette nuit bouleversante en 1959 où un DC-7C de la compagnie Transports Aériens Intercontinentaux n'arriva pas à bon port. 

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : TAI Flight 307 crash site, Boulac district, Saint-Jean d’Illac & TAI Flight 307 grave and memorial, cimétière de la Chartreuse , Bordeaux.
> Consulter la page Wikipédia dédiée : https://en.wikipedia.org/wiki/TAI_Flight_307
> Les informations dans cet article sont principalement tirées du rapport d'enquête du BEA ainsi que du site aviation-safety.net.
> Photo du Douglas DC-7C immatriculé F-BIAP du site http://aerobernie.bplaced.net/TAI.html
 où vous trouverez beaucoup d'autres cartes postales éditées par d'anciennes compagnies aériennes.  
> This article is also available in English.

0 commentaires:

Le deuxième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Nous partons à la rencontre de la surprenante ...

Podcast Invisible Bordeaux, épisode 2 : Nirina Ralantoaritsimba, artiste « multidimensionnelle »

Le deuxième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Nous partons à la rencontre de la surprenante artiste « multidimensionnelle » Nirina Ralantoaritsimba. 

Nirina m’avait d'abord contacté via le blog il y a quelque temps lors de la sortie de son roman intitulé « Nous sommes les ancêtres de ceux qui ne sont pas encore nés ». C’était déjà une bonne raison de prendre rendez-vous mais j’ai vite compris que Nirina, forte d’un parcours atypique et multiculturel, avait bien d’autres cordes à son arc : cinéaste, peintre, calligraphe ou enseignante, entre autres. 

Le podcast nous permet donc d'en savoir plus. Vous pouvez l'écouter via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Et, plus bas sur cette page, retrouvez tous les liens qui vous permettront de plonger dans l'univers de Nirina !

Cliquez ici si le lecteur ne s'affiche pas sur votre appareil.

> Le site officiel de Nirina est le meilleur point de départ : http://nirinaralanto.fr/

> Vous trouverez la version électronique de son roman, Nous sommes les ancêtres de ceux qui ne sont pas encore nés, sur Librinova ou via d'autres canaux dont la Fnac. Pour commander des exemplaires papier, il faut prendre contact avec Nirina par e-mail (nirinaralanto[a]gmail.com)

> Pour les dernières actualités sur son court-métrage Le Créneau, consultez la page page Facebook ou encore le site web de Nirina.

> Ses web séries Mon week-end chez Mémé, Scribo et bien d'autres vidéos sont disponibles sur sa chaîne Youtube.

> Tout sur ses cours et ateliers d'écriture ici : http://nirinaralanto.fr/ateliers-decriture-etc/

0 commentaires: