Il y a quelques mois, l'équipe de Bordeaux Tourisme & Congrès m'a sollicité pour une interview destinée à paraître dans s...

'Un air de Bordeaux' : sortir des sentiers battus avec l'office de tourisme !


Il y a quelques mois, l'équipe de Bordeaux Tourisme & Congrès m'a sollicité pour une interview destinée à paraître dans son webzine Un Air de Bordeaux. Le webzine est désormais en ligne (hourra !) et devrait vite devenir un acteur incontournable dans le paysage local des sites internet.

Un air de Bordeaux vise surtout (mais pas que...) les habitants de l'agglomération de Bordeaux, afin de les encourager à découvrir et explorer toute la métropole qui les entoure. Le webzine recense ainsi parcs et musées, teste différentes sorties insolites, répertorie activités à faire avec enfants, ou liste tous types d'événements à venir (expositions, rencontres sportives, concerts, festivals, etc.).

Mon interview s'inscrit dans la collection de recommandations pour un “Super week-end” dans la rubrique Art de vivre. J'y dévoile cinq lieux pour visiter la métropole autrement comme, par exemple, le surprenant Parc Floral ou les grands espaces de la zone maraîchère d'Eysines. À noter qu'un des lieux identifiés, le musée de la CPAM à Lormont, n'est en fait ouvert qu'en semaine ! :-)

Faites donc un tour du côté d'Un air de Bordeaux et voyez jusqu'où le webzine vous guidera. Comme quoi il y a tellement de choses à découvrir à Bordeaux au-delà des quais et de la rue Sainte-Catherine ! 


Présentation vidéo ici :

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Il y a quelques semaines, Invisible Bordeaux a fait équipe avec la Mémoire de Bordeaux Métropole pour s'aventurer à l'intér...

Trois choses que vous ne saviez (peut-être) pas au sujet du Pont de Pierre

Il y a quelques semaines, Invisible Bordeaux a fait équipe avec la Mémoire de Bordeaux Métropole pour s'aventurer à l'intérieur du Pont de Pierre, un des sites les plus emblématiques de la ville, à la rencontre de Laurent Rascouailles, chargé de la visite des ouvrages d'art à Bordeaux Métropole.

Notre interview vidéo a ensuite été publiée sur les réseaux sociaux par la Mémoire de Bordeaux Métropole et voici, quelques semaines après, un retour sur les secrets que Laurent nous a révélés sur le pont.

1. Le Pont de Pierre est creux
Les entrailles du Pont de Pierre !
Laurent Rascouailles : « Deux galeries permettent de traverser le pont d'une rive à l'autre. Ces galeries permettent de faire passer des canalisations d'eau dans une, alors que dans l'autre on va trouver des réseaux télécoms et électriques. Les galeries sont très basses, 1 mètre 10 de hauteur en moyenne, et sont empruntées aujourd'hui uniquement par les techniciens chargés de la surveillance du pont. En général ils traversent le pont une fois par an, pour vérifier l'état intérieur de la structure. Ils peuvent rentrer dans chaque pile, cela leur prend quand même une demi-journée pour faire une traversée. 

En août 1944, Pablo Sanchez, un guérillero espagnol, a sauvé le pont en parcourant ces galeries. Les Allemands avaient posé des explosifs dans chaque pile pour pouvoir le faire sauter. Pablo Sanchez a désamorcé tous ces explosifs ; malheureusement il a été fusillé en sortant du pont, rive gauche. Aujourd'hui il existe une plaque en son hommage sur les quais et, depuis peu, une rue qui porte son nom dans le nouveau quartier autour des Bassins à Flot. » 

2. Le pont est sous surveillance permanente
Laurent Rascouailles : « Il y a une instrumentation dans chaque pile, et dans les culées également, pour contrôler tous les mouvements du pont. Le pont vit beaucoup, donc on a un capteur de déplacement dans chaque culée et chaque pile, qui nous permet de contrôler l'enfoncement de ses piles. Ensuite, on va trouver un inclinomètre qui nous permet de savoir de quel côté penchent les piles par rapport au fleuve, si c'est plus du côté amont ou aval. Et une nivelle mécanique nous permet de contrôler les rotations transversales ou longitudinales de ses appuis. »

3. Les escaliers vers les bureaux d'octroi mènent nulle part à présent !
Stairway to nowhere.
Laurent Rascouailles: « Lorsque le chantier a démarré, c'est l'État qui finançait le projet. Mais, lorsque Napoléon abdique en 1814, le chantier est arrêté et c'est l'armateur Pierre Balguerie-Stuttenberg qui a permis de relancer la construction, en cherchant des dons, tout simplement. Monsieur Balguerie-Stuttenberg a créé la compagnie du Pont de Bordeaux, qui regroupait des négociants et des armateurs bordelais. Cette compagnie a permis de relancer la construction du pont mais, en échange, ils ont exigé un droit de péage sur 99 ans. Donc, quand le pont a ouvert le 1er mai 1822, tout le monde devait payer pour le traverser. 

Ce péage a été supprimé en août 1861, lorsque l'État rachète l'ouvrage avec la participation de la ville de Bordeaux et du département. C'était une condition : de rendre le pont gratuit pour que Bordeaux puisse s'agrandir sur la rive droite, vers la Bastide. Les bâtiments ont alors servi de bureaux d'octroi de 1861 jusqu'à l'abolition des octrois en 1927, et finalement ils ont été démolis en 1954, lorsque le pont a été élargi (il est passé d'environ 15 mètres de large à 19 mètres). Aujourd'hui, à la surface, les trottoirs sur lesquels vous marchez ont été rajoutés au moment de cet élargissement. Ces bureaux d'octroi gênaient également le passage et, donc, l'entrée sur le pont. »

Et voici l'interview vidéo (comprenant quelques belles images d'archives):

 

> Vidéo réalisée par Sandie Fabre pour la Mémoire de Bordeaux Métropole en partenariat avec Invisible Bordeaux, Bernard Avril et l'IJBA ; version d'origine disponible sur Vimeo : https://vimeo.com/228215463

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Sur presque toutes les rues de Bordeaux on peut observer de fausses fenêtres ou des fenêtres condamnées qui ajoutent un côté mystérieux a...

Les fenêtres condamnées de Bordeaux

Sur presque toutes les rues de Bordeaux on peut observer de fausses fenêtres ou des fenêtres condamnées qui ajoutent un côté mystérieux aux immeubles. Quelle en est l'explication ?  

Le sujet a été brièvement évoqué lors d'un récent dossier sur le blog : dans la plupart des cas ces fenêtres ont été condamnées au cours du 19e siècle afin de payer moins d'impôt sur les fenêtres, forme de taxation qui remonte jusqu'à l'époque de l'empire romain et appliquée en France entre 1798
Rue Croix-de-Seguey.
et 1926. Ce système servait ainsi de moyen de calcul plus simple que d'avoir à mesurer la surface des biens immobiliers.

Bien que ce soit la principale raison pour laquelle tant de fenêtres ont disparu, il peut y en avoir d'autres : dans certains cas, les propriétaires peuvent avoir ajouté des motifs en forme de trompe l'œil pour donner de la cohérence et / ou de la symétrie à une façade, ou pour rythmer visuellement un espace vide et monotone. Enfin, certains ont peut-être simplement choisi de bloquer leurs fenêtres pour des raisons structurelles ou parce qu'il y avait trop de lumière du jour dans leurs pièces !

Dans de nombreux cas, des fenêtres fantômes de ce type peuvent être repérées sur des bâtiments situés à des angles de rues ; évidemment, l'exercice est plus simple et logique lorsqu'on possède deux façades. C'est le cas des immeubles en photo ci-dessous sur la rue Commandant-Arnould (également en vedette dans la photo principale de cet article) et la rue Barennes. Dans les deux cas, l'alignement des briques et l'aspect lisse laissent à supposer qu'il s'agit de fenêtres en trompe l'œil.


Les grands bâtiments en photo ci-dessous, sur les rues du Serpolet, du Chai-des-Farines et Ducau, comptent de nombreuses fenêtres fantômes. La résidence de la rue Ducau à droite se présente presque comme un jeu de Tetris en cours, les fenêtres condamnées remplaçant progressivement les vraies de bas en haut !
 

Ce charmant bâtiment, à l'angle de la rue du Hâ et de la rue des Étuves, comprend même des publicités peintes à la main (dont le nom en anglais est "ghostsigns", un sujet récurrent sur le blog Invisible Bordeaux !). À l'étage inférieur, la présence d'une fenêtre d'angle laisse supposer qu'il y a peut-être aussi eu des fenêtres similaires sur les niveaux supérieurs dans une vie antérieure.


Le scénario ci-dessous est un grand classique, en particulier lorsque les bâtiments concernés ne se situent pas en angle de rue : des rangées complètes de fenêtres manquent tout simplement à l'appel ! Ces photos ont été prises sur le cours Pasteur et la rue des Bahutiers.


Le phénomène n'est en aucun cas limité aux grands immeubles du centre-ville. Les maisons bourgeoises dans les quartiers résidentiels sont également à court de quelques fenêtres, comme on peut le voir ici rue Rochambeau, rue des Deux-Ormeaux et cours Marc-Nouaux. Dans chaque cas,  de nombreuses fenêtres (et même une grande porte en forme d'arche) ont soit disparu, soit n'ont jamais existé !


Des maisons particulières plus modestes ne sont pas en reste, comme ici sur la rue Henri-Matisse (où pas moins de trois des six fenêtres du premier étage ont été a priori condamnées) et la rue de l'Arsenal.


Pendant ce temps, à l'autre bout de l'échelle du petit monde bordelais, le château Pape-Clément, à Pessac, possède également ses propres fenêtres condamnées !


Dans certains cas, ces mystérieuses fenêtres ont été modifiées pour devenir de véritables trompe-l'œil. C'est le cas par exemple sur la rue Mandron, où les fenêtres de la rangée à gauche de l'image ci-dessous sont d'authentiques illusions d'optique, les fausses fenêtres ayant été peintes de manière convaincante pour ressembler à des vraies !
 

Ailleurs, comme ici rue Ravez, d'importants efforts ont été faits par le passé pour dissimuler et embellir les fausses fenêtres en y ajoutant des stores extérieurs. Par contre, ces stores ont connu des jours meilleurs...


Mais voici, ci-dessous, une des utilisations les plus originales d'une fenêtre fantôme, à voir sur la rue d'Arcachon. Un panneau apposé sur la fenêtre présente, de manière tout à fait appropriée, une interprétation de la "Figura en una finestra" de Salvador Dalí. La copie est signée "B. Bodin d'après Dalí".
 

À vous désormais de partir à la recherche de vos propres fenêtres fantômes et de décider pourquoi elles sont là. Et vous verrez qu'une fois que l'on commence à les repérer, on en voit dans tous les quartiers et de tous les côtés!


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