Parlons effet confinement ! Chacun gère à sa façon afin de vivre au mieux avec les contraintes imposées dans le cadre de la lutte contre la ...


Parlons effet confinement ! Chacun gère à sa façon afin de vivre au mieux avec les contraintes imposées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, tout en respectant rigoureusement les mesures en vigueur. Ainsi, pour ce troisième confinement, à moins d'avoir une justification raisonnable, les mouvements sont limités à dix kilomètres autour de sa résidence. Mais cette limite laisse néanmoins un terrain de jeu important, mon épouse Muriel et moi avons donc décidé de nous lancer dans un roadtrip d'une journée à très petite échelle, baptisé le « 10k Radius Challenge ».

Sur la base des données fournies par le site internet de référence, nous avons tracé un itinéraire circulaire qui nous permettrait de rouler sur une belle distance sans jamais pour autant nous trouver à plus de dix kilomètres de notre domicile à Saint-Aubin-de-Médoc. Nous voilà donc en route à 8h du matin un dimanche matin de mi-avril, direction nord-ouest à travers le Pian-Médoc vers notre première escale, Parempuyre. Nous sommes passés devant la très internationale communauté Emmaüs et son hangar à bric-à-brac, un lac pittoresque et la gare avant de rejoindre le centre-ville, tournant au niveau d'un établissement culturel au nom surprenant d'Art Y Show, sans doute une référence à la célèbre spécialité médocaine, l'artichaut (de Macau).


Une belle piste cyclable en bordure de route nous a ensuite conduits à Blanquefort via des zones industrielles assez ternes, désormais un incontournable des banlieues métropolitaines. Après avoir contourné le centre-ville, nous avions de vagues espoirs de faire une virée dans le très photogénique parc de Majolan, mais notre itinéraire improvisé en a décidé autrement. Nous nous sommes plutôt retrouvés devant l'une des entrées de la réserve naturelle des Marais de Bruges. La réserve étant actuellement fermée (je vous laisse deviner pourquoi…), nous avons dû, non loin de là, nous contenter de prendre une photo des lignes de chemin de fer et de tramway qui sont parallèles les unes aux autres, témoin grandeur nature du dispositif tram-train de Blanquefort.


Nous avons ensuite traversé la rocade en direction du centre-ville de Bruges, où nous nous sommes accordés une pause pain aux raisins bien méritée à l'ombre de la très jolie église Saint-Pierre, dont certaines parties datent du 15ème ou 16ème siècle. C'était en tout cas un agréable voyage dans le temps, et le mélange des époques était enrichi par la vue d'une mobylette ABG-VAP datant vraisemblablement des années 1960. J’aimerais me dire qu'elle est là, garée à côté d'un banc, en permanence. Pour compléter le tableau, nous avons découvert la tour circulaire de Lassalle. Nous nous sommes engagés à revenir pour regarder le tout de plus près !



En parcourant Bruges, nous avons repéré un clocher d'église étonnamment haut en plein coeur d'un quartier résidentiel. Faisant un micro-détour pour enquêter, nous avons découvert que nous étions devant l’église orthodoxe russe de Bordeaux. Elle se démarque certainement de son environnement et semble également être un sujet qui mérite des recherches plus approfondies !



En continuant vers le sud, nous sommes passés devant le stade Sainte-Germaine du Bouscat (siège du Stade Bordelais) et deux stars d'antant du blog : le Bois du Bouscat et l'hippodrome. Près d'un giratoire à Eysines, nous avons repéré les traces d'une belle enseigne publicitaire, « M. Chopinet - Lubrification Silicoil aux Silicones », comprenant informations, adresse et un numéro de téléphone à six chiffres. En raison de la lumière du soleil et des ombres, il était difficile d'obtenir une bonne photo, mais je reviendrai par temps nuageux afin de réaliser un meilleur cliché de ce que je pense être l'un des meilleurs « signes fantômes » du secteur !



Nous avons alors traversé Mérignac, en passant notamment devant la salle du  Pin Galant - actuellement en veille - ou encore l'étonnante œuvre « Pantalon de jogging et mocassins à pampilles » signée Dewar & Gicquel, avant de nous diriger à nouveau vers la rocade, en nous arrêtant pour prendre une photo du surprenant bâtiment « Marché de l'Avenir » qui, aujourd'hui, a l'air tout sauf futuriste.



Une fois hors rocade, nous nous sommes retrouvés dans une nouvelle zone industrielle, culminant par un passage sur piste cyclable pris en sandwich entre Dassault Aviation à gauche et mon employeur Thales à droite. Cela sentait fort l'aéronautique, (à juste titre compte tenu de notre proximité avec l'aéroport), du moins jusqu'à ce que la vue des terrains de sport quelque peu négligés du Domaine de Rocquevieille nous ramène sur terre. Et penser que c'était là que s'entraînaient les joueurs du FC Girondins de Bordeaux de la grande époque des années 80.

Puis direction Martignas-sur-Jalle, commune que nous estimions être plus ou moins le point à mi-chemin de notre cercle au rayon de 10 kilomètres. En arrivant dans la commune, nous avons été accueillis par un panneau de style Far West légèrement menaçant indiquant que Martignas abritait la « dernière station avant le bassin ». Pour les voitures se rendant sur le Bassin d'Arcachon il s'agit donc du point de non retour. Soit faire le plein ici, soit se retrouver à sec vers Saint-Jean-d’Illac ! Cette pensée m'a fait froid dans le dos.



Nous nous sommes dirigés vers le camp militaire de Souge, où j'ai pu par le passé visiter le mémorial émouvant aux quelque 300 personnes qui y ont été exécutées au long de la Seconde Guerre mondiale. Malheureusement, cette fois, la personne qui assurait l'accueil n'était pas d'humeur particulièrement coopérative, disant que l'accès était interdit aux particuliers et qu'il y avait, de plus, des travaux en cours. Tant pis. Nous avons abandonné ce projet et avons repris notre boucle vers le nord, au moins jusqu'à ce que nous tombions face à face avec une autre installation militaire impénétrable. Plutôt que de revenir sur nos pas, nous avons choisi de suivre un contournement identifié par Google, chemin qui est vite devenu extrêmement sablonneux et donc impraticable à vélo, mais qui a eu au moins le mérite de nous mener vers une forêt agréable et un lieu de pique-nique idyllique au bord d'un ruisseau.



Désormais, nous nous en tenions aux sentiers les plus adaptés au vélo, rejoignant le monde urbain quelque part dans les environs du quartier Hastignan de Saint-Médard-en-Jalles. De là, la meilleure option pour rejoindre notre prochaine destination, Salaunes, était simplement d'emprunter un tronçon de la piste cyclable Bordeaux-Lacanau ô combien plate et rectiligne. En arrivant dans le centre-bourg de Salaunes, il n'y avait pas grand-chose à faire à part savourer le son des cloches de l'église (il était pile 14 heures), parcourir les livres disponibles dans le « nichoir à livres » sur la place principale, et admirer la sculpture géante en bois représentant une pomme de pin, symbole de... pins et de pommes de pin.    
   



Nous nous sommes retrouvés sur une route quelconque, droite, plate et peu spectaculaire, mais offrant le chemin le plus direct possible vers le hameau de Saint-Raphaël et en particulier la chapelle qui a été édifiée sur le lieu de naissance de Pey Berland, archevêque de Bordeaux Pey Berland au XVe siècle, sujet évoqué dans l'un des premiers articles publiés sur le blog.



Depuis ce passé très lointain, nous avons été instantanément renvoyés dans le présent voire dans le futur, en faisant le tour du parc photovoltaïque d'Arsac. Fort de ses 220 hectares et ses 85 mégawatts de puissance (non, moi non plus je ne sais pas très exacetment ce que cela représente), le lieu est fort impressionnant vu du sol, mais encore plus étonnant depuis les airs (cliquez ici pour découvrir une photo aérienne du parc). À présent, nous étions plus ou moins sur la dernière ligne droite de notre aventure, en terminant par quelques arrêts photo aux abords des propriétés du château d'Arsac et du château Sénéjac au Pian-Médoc... et ce quelques jours à peine après ces nuits agitées passées à tenter de protéger les vignes contre des températures anormalement glaciales.


La boucle était bouclée et vers 16h30 nous avons atteint Saint-Aubin-de-Médoc, avec plus de 94 kilomètres au compteur pour un peu plus de cinq heures de pédalage.

Quels étaient alors les principaux points à retenir de notre périple à périmètre limité à un rayon de 10 km? D'abord, il y a inévitablement quelque chose d'insolite à voyager si loin tout en restant si près de chez soi. Le compteur avait beau afficher 50, 60 ou 70 kilomètres, nous étions encore proches de la maison ! Deuxièmement, comme j'ai pu découvrir par le passé, il faut parfois le côté aléatoire d'un tel roadtrip pour dénicher des plaisirs inattendus... en l'occurrence le centre-ville de Bruges, l'église orthodoxe russe ou l'enseigne fantôme d'Eysines ! Troisièmement, c'était une bonne excuse pour passer du temps dans des endroits si proches de chez soi qu'on ne fait jamais l'effort de les visiter correctement. Et, enfin, il était sympathique de transiter par tant d'ambiances et de cadres différents : depuis des zones industrielles et des parcs commerciaux aux quartiers résidentiels, au long de sentiers sablonneux, dans des bois ombragés, aux abords de parcs photovoltaïques ou de vignobles… des environnements hautement diversifiés ! Bref, au cas où vous vous poseriez la question, oui, il y a vraiment beaucoup à voir dans un rayon de 10 kilomètres !

Arrivée à notre point de départ, et l'itinéraire réel de la journée.


Il aura fallu longtemps à Invisible Bordeaux pour visiter le parc de l’Ermitage Sainte-Catherine de Lormont, mais ce jour est arrivé il y a...

Il aura fallu longtemps à Invisible Bordeaux pour visiter le parc de l’Ermitage Sainte-Catherine de Lormont, mais ce jour est arrivé il y a quelques semaines. Je l’avais souvent vu figurer parmi les sites recommandés à visiter pour amateurs de verdure dans la Métropole, en plus d’être un endroit qui offre l’une des meilleures vues de Bordeaux. Mes attentes étaient au plus haut, c'est le moins qu'on puisse dire.

Quelle est l’histoire du parc ? Cet espace niché dans un creux situé entre les quais de la Garonne et le haut de Lormont, était d'abord le site d'un ermitage troglodyte avant de devenir, à compter du XVIIe siècle, les terrains du château de l'Hermitage et du château Raoult. Tous deux ont été démolis au XXe siècle, époque à laquelle le lieu est devenu une carrière, d'abord exploitée par l'entreprise de matériaux de construction Poliet-et-Chausson, puis par les Ciments Français. Ces activités ont cessé en 1983, avant que la commune de Lormont n'acquière la propriété pour un franc symbolique en 1997. La création du parc paysager a commencé et le site a été ouvert au grand public en 2005.

Le pont d'Aquitaine en toile de fond !

Je savais plus ou moins où se situait le parc, et j’avais déjà visité le parc des Iris voisin, mais j’avais lu quelque part que le moyen le plus simple d’accéder au parc de l’Ermitage était par un chemin depuis les quais de la Garonne. En arrivant dans cette zone à vélo, ayant suivi des panneaux depuis le vieux Lormont, il n'y avait plus aucune indication. Ne voyant aucun accès évident, je n'avais aucun autre choix que de me diriger vers le haut Lormont. Pour y parvenir, je me suis rendu vers une zone résidentielle très calme avant de m'engager sur une route très escarpée - la rue Sourbes - qui aurait toute sa place dans une vallée des Hautes-Pyrénées. En visant la zone où je situais vaguement le parc, j'ai enfin trouvé une entrée officielle, au bout de ce que GoogleMaps identifie comme étant la rue Saint-Cricq. Me voilà donc dans le parc, mais cette entrée en matière laborieuse n'était pas une franche réussite. Peut faire mieux en termes de panneaux d'indication...   

Ceci étant, le fait de commencer par le haut m'a permis de ne pas trop attendre pour profiter de la vue sur Bordeaux, et il faut reconnaître que cela mérite amplement le détour. La plateforme d'observation donne vers le sud-est et on peut aisément admirer plus ou moins tous les principaux monuments de la ville, avec le pont Chaban-Delmas et la Cité du Vin au premier plan, et plus loin la flèche de la basilique Saint-Michel, la cathédrale Saint-André, les buildings du quartier Mériadeck, la Cité administrative, ou encore les tours du quartier du Grand Parc. Oui, c'est vraiment un point de vue splendide.

La vue sur Bordeaux depuis la plateforme panoramique.

La tour Pey-Berland et la cathédrale Saint-André sous un angle inhabituel.

Revenant sur mes pas vers l'entrée, devant moi des sentiers sinueux partaient dans différentes directions, mais tous semblaient proposer une pente descendante. J'ai opté pour un de ces chemins, me rendant vite compte de l'erreur que je venais de commettre, à savoir d'avoir gardé mon vélo avec moi. Le chemin que j'ai emprunté était par moments très raide et parfois ponctué de marches, et le tout n'était clairement pas adapté aux vélos. En luttant pour rester debout tout en gardant la maîtrise du vélo à mes côtés, je n'avais ni le temps ni l'envie de m'arrêter et de regarder les panneaux d'information chantant les louanges de la richesse de la flore intéressante à découvrir tout autour, même si j'ai bien pris le temps d'apprécier la belle vue sur le pont d'Aquitaine. Le bouquet final était un escalier en métal qui a débouché sur la grande attraction du parc, son étang.

Un des nombreux panneaux d'informations que je n'ai pas pris le temps de lire.
L'escalier menant vers l'étang.
L'étang dans toute sa splendeur.

Comme il s'agissait d'une journée bien grise, l'étang n'était pas aussi bleu qu'il semble l'être sur certaines photos visibles en ligne ici et là. Je pense avoir même vu un article quelque part qui parlait d'un véritable lagon bleu. Quoi qu'il en soit, je me suis frayé un chemin le long de la rive de l'étang, et me suis même permis de jeter un coup d'œil à l'intérieur du « Nuage », un des refuges périurbains de la Métropole, à savoir une dizaine de cabanes rudimentaires de différentes formes et différentes tailles qui sont - en temps normal - à la disposition du grand public afin de passer la nuit dans des environnements insolites. Le concept est un peu fou mais assez sympa.

Le Nuage.

Ma balade m'a conduit vers l'extrémité sud du l'étang. En observant l’espace au bord de l’eau, j’ai tenté d’imaginer à quoi cela doit ressembler pendant la période estivale, où de nombreux citadins débarquent ici à la recherche de fraîcheur bien que la baignade soit interdite. J'ai traversé une passerelle métallique mais un portail verrouillé m'a empêché d'aller plus loin. Alors que j'etais face à cette impasse, un jeune photographe est passé et a tout simplement grimpé par-dessus le portail et filé vers le haut, sans doute à la recherche d'un autre point de vue sur les toits de Bordeaux.

J'ai repéré un chemin qui descendait et me suis demandé s'il menait vers les quais de la Garonne et l'entrée que je visais à l'origine. Comme je n'avais rien à perdre et que je n'avais pas trop envie de remonter au sommet du parc, je suis parti dans cette direction et, bingo, cela m'a effectivement conduit vers ce qui aurait dû être mon point de départ. Je peux néanmoins confirmer qu'il n'y a rien qui annonce qu'il s'agit-là d'un moyen pratique d'accéder au parc, mais le chemin est simple à localiser, juste derrière les arches du pont de chemin de fer qui longe la Garonne. Et il s'avère donc que j'avais eu raison de garder mon vélo avec moi !  

L'accès vers le parc depuis les quais de la Garonne est par le chemin dont le point de départ se situe derrière les arches d'un pont de chemin de fer !

Avec le recul, le parc de l’Ermitage Sainte-Catherine s'avère être un lieu assez surprenant. C'était beaucoup moins étendu que ce à quoi je m'attendais, mais ce concentré de cotes et de relief est un peu un OVNI dans le paysage de la Métropole, même s'il ne faut pas oublier que la rive droite est bien plus accidentée que la très plate rive gauche. En ce jour d'hiver où j'ai découvert le parc, le lieu était presque vide et étrangement sans âme, mais il se transforme sans doute au fil des mois et avec l'arrivée d'autres visiteurs. Mais entre le bel étang, toute cette verdure et la vue imprenable sur Bordeaux, on arriverait presque à pardonner le manque de signalisation pour y arriver !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Parc de l'Ermitage Sainte-Catherine, Lormont

> This article is also available in English!


Le parc Ausone, situé dans la commune de Bruges, est un ajout récent au paysage local et propose un mélange insolite de sentiers forestiers,...


Le parc Ausone, situé dans la commune de Bruges, est un ajout récent au paysage local et propose un mélange insolite de sentiers forestiers, d'aires de jeux et d'œuvres d'art publiques... sans oublier un imposant belvédère, d'élégantes passerelles métalliques et, cerise sur le gâteau, un pont suspendu ! Le lieu méritait amplement une visite.


Ce parc très innovant a ouvert ses portes en septembre 2019, deux ans après l'achat de ces douze hectares de terrain par la municipalité. La mission d'aménagement paysager d'un montant de 2,3 millions d'euros a été confiée à la paysagiste floiracaise Graziella Barsacq et au collectif d'architectes Moonwalklocal, et l'initative s'inscrivait dans le projet de développement et d'urbanisation de ce quartier de Bruges.


En effet, un tout nouveau quartier résidentiel est sorti de nulle part au cours des cinq dernières années et, au-delà des logements et des commerces, les nouveaux arrivants méritaient et avaient besoin d'un peu d'espace aménagé pour la détente et les loisirs. D'où la création de ce parc Ausone, mis en avant dans les documents officiels comme un « poumon vert », une « bulle de verdure » et, oui, un « parc écologique, durable et poétique », rien de moins. Mes attentes étaient donc élevées en me dirigeant vers l'une des sept entrées du parc - ce qui en soi est un symbole fort de l'intention de rendre le parc aussi accessible que possible à tous les habitants des alentours.


Cette carte montre comment le parc est entouré de quartiers résidentiels de tous les côtés, et aussi comment le parc lui-même entoure un complexe résidentiel.


Comme il y a sept entrées, ce que l'on découvre au premier abord dépend de son point de départ ! Dans mon cas, je me suis dirigé vers le portail situé près de l'arrêt Ausone de la ligne C du tramway, et me suis immédiatement retrouvé au pied du belvédère, une belle entrée en matière. J'ai grimpé au sommet pour admirer la vue panoramique, mais ayant involontairement interrompu un couple de jeunes tourtereaux qui profitaient d'un peu de temps de qualité en altitude, dès que j'ai eu ma photo du paysage en boîte je me suis éclipsé !


Le belvédère.

La vue depuis le sommet !
À partir de là, un chemin mène vers ce qui pourrait être considéré comme le cœur du parc. Le long du chemin, un filet d'eau canalisé accompagne le promeneur. Lors de mon passage, c'était presque sec mais le niveau de l'eau doit varier en fonction de la météo. Le réflexe naturel est alors de se diriger vers la chênaie centenaire, avec son dense réseau de chemins sous les arbres. C'est dans ce secteur que l'on va dénicher deux des sites les plus remarquables du parc.


Le premier est le pont suspendu évoqué au début de l'article, qui enjambe un ruisseau et relie le parcours forestier à une autre entrée plus élevée. Bien que le pont oscille avec chaque passage, la surface antidérapante de la plate-forme la rend relativement accessible et, information capitale, le tout est d'un rouge vif qui doit énormément plaire aux enfants !




 

Ensuite, « le Livre de Sable » est une installation artistique conçue par Moonwalklocal avec le collectif Paysagistes Sans Frontières. L'œuvre a été inspirée par le livre du même nom de Jorge Luis Borges (publié en 1975) et a été réalisée à l'origine pour l'édition 2018 du festival international de jardins de Chaumont-sur-Loire. Ici, la palette de couleurs bascule au bleu foncé, et les différents composants de l'œuvre se lient et s'entrelacent avec les arbres et les buissons. Si vous souhaitez approfondir votre compréhension de l'œuvre, un panneau d'informations disponible sur place fournit tous les détails. Pour l'instant, retenons simplement le fait que cela crée un contraste surprenant avec toute la verdure environnante.



S'éloignant de la chênaie vers une autre entrée du parc, un tunnel en acier corten aussi spectaculaire que  futuriste encadre une passerelle au-dessus des bassins et des zones humides qui forment une frontière naturelle à une grande partie du parc. La conception du tunnel s'inspirerait des charpentes métalliques des serres construites par les maraîchers locaux. Quoi qu'il en soit, son esthétique photogénique fera sûrement des ravages sur Instagram... même si pour l'instant je ne l'ai jamais vu passer dans ma « timeline ».

La vue depuis la passerelle.

Non loin de cette entrée, des bancs et des chaises longues sont disséminés par ci et par là aux côtés de jeunes pins. La toile de fond est désormais la succession de résidences blanches qui semblent sorties tout droit d'un dépliant de promoteur immobilier. Ces bâtiments pointent également au-dessus des arbres près de l'aire de jeux pour enfants, qui apporte un peu de bruit et d'animation au lieu. Aucun besoin de faire demi-tour, la découverte se termine par un passage à travers un autre tunnel en acier corten, qui débouche naturellement à un complexe résidentiel et un retour dans le monde réel, ou Bruges pour les intimes !



Conclusion ? Oui, le parc Ausone coche sans aucun doute toutes les cases, apportant un espace de verdure très apprécié au cœur de ces constructions qui se sont multipliées dans cette zone. Je pense également que cette courte première visite aura permis de découvrir la plupart des incontournables du parc, mais j'ai aussi le sentiment de ne pas avoir tout vu. Et, vu que le lieu est encore en devenir, il peut y avoir d'autres nouveautés à venir.


Mais une dernière chose que je me dois de souligner avant que vous, chers lecteurs, n'annuliez tous vos rendez-vous afin de vous précipiter vers le parc Ausone. Assurez-vous de ne pas vous y rendre un lundi car, bizarrement, le parc est fermé le lundi - peut-être une sorte d'acte de solidarité avec toutes les banques et les salons de coiffure de l'Hexagone. Fort heureusement, d'autres parcs sont disponibles !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Parc Ausone, Bruges.

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Ce billet insolite a été inspiré par une publication Twitter montrant une vue aérienne de Londres qui répertoriait également le tracé du rés...

Ce billet insolite a été inspiré par une publication Twitter montrant une vue aérienne de Londres qui répertoriait également le tracé du réseau "London Underground". Il fallait bien une déclinaison bordelaise, vous me l'accorderez ! 

La photo aérienne de Bordeaux qui a servi de point de départ a été prise en janvier 2012, est créditée à M.M. Minderhoud, et a été réutilisée et adaptée ici sous la licence Creative Commons. Les quatre lignes de tramway ont été habilement superposées sur la photo grâce à l'utilisation peu experte d'outils d'édition d'image les plus basiques ! Vous n'en doutez pas, un grand regret est qu'une grande partie de la Métropole n'est pas visible ; sur cette image, la ligne de tram A n'atteint ni Cenon ni Lormont, la ligne B ne rejoint pas tout à fait le pont d’Aquitaine, et une branche de la ligne C s’arrête avant Bordeaux-Lac ! 

Cependant, l'image montre à peu près tout le Bordeaux intra muros (ou boulevards ?) et capture l'étalement de la métropole vers le nord, l'ouest et le sud. Si vous pensez à une photo encore plus représentative qui pourrait être utilisée, contactez-moi et je recommencerai avec plaisir ! En attendant, j'espère que cette première version vous plaira !
 

> Télécharger ici la version haute résolution de l'image.


N.B. : La photo originale de Londres qui a inspiré cet article (et disponible ici) a notamment été partagée par l'historien, géographe et présentateur de télévision Tim Dunn, ainsi que par le bassiste du groupe de musique Suede, Mat Osman. La photo a été attribuée à DJ Santero tandis que les lignes du Underground londonien ont été tracées par l'urbaniste Martin Bangratz.


Les amateurs de guides de voyage connaissent tous Le Petit Futé , qui répertorie chaque année les bons plans, les lieux incontournables et l...

Les amateurs de guides de voyage connaissent tous Le Petit Futé, qui répertorie chaque année les bons plans, les lieux incontournables et les activités à ne pas manquer dans différents villes et pays à travers le monde.

Cette collection historique a dernièrement fait peau neuve et propose désormais le concept « livre de votre ville » du Citybook, adoptant un format mini-magazine et intégrant des rencontres avec des acteurs locaux… et l’édition Bordeaux pour 2021 met en avant Invisible Bordeaux !

Donc n’hésitez pas à vous procurer un exemplaire et de faire un tour à la page 8 pour découvrir l'histoire derrière le blog Invisible Bordeaux, avoir un aperçu de ce qui rend la ville si intéressante à mes yeux, ou pour revoir des photos prises dans le cadre du récent reportage visant à reproduire des images capturées par les étudiants américains Steve et Patti Owen lors de leur séjour à Bordeaux au début des années 1970. Et puis continuez à parcourir le guide pour tout savoir sur comment profiter au maximum de la ville !

Un grand merci à l’équipe du Petit Futé pour cette mise en lumière, et plus précisément à Laurène Delion pour la prise de contact et la rédaction de l’interview !


> Vous trouverez le Citybook Petit Futé  Bordeaux 2021 dans les librairies à Bordeaux, à travers la Métropole et au-delà, ainsi qu’en ligne. 256 pages, €5,95. 
> Site internet : www.petitfute.com


Aucun besoin de voyager dans le temps à la recherche des mystères de Bordeaux car de nombreuses énigmes parfois absurdes nous entourent enc...

Aucun besoin de voyager dans le temps à la recherche des mystères de Bordeaux car de nombreuses énigmes parfois absurdes nous entourent encore et toujours dans la ville moderne. En voici un florilège.

 

Le mystère des lignes de tramway à la station Quinconces


Même pour les voyageurs les plus aguerris, le hub de transports en commun des Quinconces peut s’avérer être un animal difficile à dompter. Quatre quais sont alignés en parallèle avec des indications visuelles des plus minimalistes identifiant chaque ligne ou la direction de chaque tram. Pour ajouter une dimension supplémentaire au défi, les quais orientés sud sont desservis non seulement par la ligne C mais aussi par la ligne D. Tentez de repérer les passagers qui sautent depuis un tram ligne B direction Pessac et qui doivent traverser les rails afin de rejoindre un tram C ou D en direction de la gare Saint-Jean. Cela ne se termine pas toujours bien mais est en tout cas très divertissant lorsqu’on est simple spectateur. Pour être complet, un phénomène similaire peut être observé à plus petite échelle à la station Porte de Bourgogne. 

Le mystère des toilettes publiques


Bordeaux a beau être une destination très prisée, lorsque les touristes de passage (tout comme les locaux, d’ailleurs) ont besoin de gérer un petit besoin pressant, il y a étonnamment peu d'options. Certes, il y a bien sûr quelques « sanisettes » éparpillées dans le centre-ville, mais l’attente entre chaque passage peut être longue et pénible, et une fois à l’intérieur le cadre est tout sauf plaisant… et ce n’est pas la musique d’accompagnement très kitsch qui permettra de rendre l’expérience plus agréable. Pour vous messieurs, quelques urinoirs « vespasiennes » subsistent ici et là (rue Robert-Lateulade et rue Paul-Broca par exemple, photo ci-dessus), et des toilettes rustiques se trouvent dans le jardin de l'Hôtel de Ville et le Parc Bordelais, mais à part ça, la meilleure option est bien de se diriger vers un centre commercial ou un bar…

Le mystère des Bistro Régent


En tout, combien de Bistro Régent la métropole pourra-t-elle supporter ? Depuis sa création en 2010, le concept du Bistro Régent, avec son menu sans fioriture et sa « fameuse sauce Charmelcia » (si fameuse que j’ai dû chercher le nom sur Google), s'est rapidement développé à Bordeaux et dans les environs, et s’exporte désormais bien au-delà. Marc Vanhove, le fondateur de cette franchise, est désormais une célébrité à part entière et le logo de la chaîne s’affiche sur les maillots du FC Girondins de Bordeaux. Dans la métropole, nous sommes au stade où chaque bâtiment désaffecté se transforme en Bistro Régent, d’où cette statistique étonnante que je viens d’inventer : où que vous soyez dans l’agglomération, vous n'êtes jamais à plus de 10 minutes à pied d'un Bistro Régent. Rassurant ou effrayant, au choix.

 

Le mystère des sans issue du quartier Mériadeck

Le quartier de Mériadeck a souvent été couvert sur le blog. Son visage moderne a principalement pris forme au long des années 1970 et 1980, et reste généralement peu appréciée des Bordelais pour diverses raisons tout à fait compréhensibles. L'une des spécificités principales du quartier Mériadeck est l’omniprésence de passerelles et d’esplanades surélevées (le célèbre concept d’urbanisme sur dalle). Dans l’ensemble, il est relativement simple de regagner le niveau inférieur, mais par endroits cet exercice peut s’annoncer compliqué. Entre cages d’escalier qui ne sont pas indiquées, escalators hors service ou passages qui se terminent en impasse, le chemin des écoliers est parfois la seule issue possible.

 

Le mystère Saint-Christoly 

En balade dans le centre-ville un samedi après-midi et à la recherche de calme ? Dirigez-vous tout simplement vers le centre commercial Saint-Christoly. Ce complexe des années 80, situé à deux pas de la place Pey-Berland et de la rue Sainte-Catherine, semble être le grand oublié des amateurs de shopping bordelais. À une époque, la Fnac située au sous-sol drainait amateurs de musique et de littérature. Depuis le déménagement de la Fnac vers la rue Sainte-Catherine, le centre commercial peine à attirer des clients autres que ceux qui se dirigent vers le Monoprix qui l’a remplacé, ou le magasin de surgelés Picard. Même avant la crise sanitaire de 2020, de nombreux commerces de ce centre commercial peinaient à joindre les deux bouts. L’avenir s’annonce compliqué*.

*Mise à jour : il a été annoncé fin décembre 2020 dans un article Sud Ouest que le centre commercial avait changé de propriétaire et qu'il « fera l’objet d’une "lourde restructuration" et son concept sera "intégralement revisité". »

 

Le mystère du début de la piste cyclable du pont Saint-Jean 

Le pont Saint-Jean est le pont bordelais que l'on ne voit jamais sur Instagram. Cette structure très fonctionnelle des années 1960, si associée à l’âge d’or de l’automobile, propose pourtant un passage simple et sécurisé pour les piétons et les cyclistes. Mais le principal défi pour cyclistes et piétons est tout simplement de trouver comment accéder au pont, compte tenu de la densité du réseau routier tout autour. Spoiler : la piste commence depuis un tunnel vers l'arrière d'un parking situé en face du Château Descas, en sachant que le parking est depuis quelque temps la gare routière (provisoire ?) utilisée par les divers opérateurs de cars… ce qui rend l’accès encore moins évident. Pourtant, cela en vaut la peine si ce n’est que pour profiter de la vue sur la ville depuis le milieu du pont ! 

 

Le mystère des flux humains sur les quais 

Les quais longeant la Garonne sont l'un des symboles de la récente transformation de Bordeaux et sont devenus l'un des lieux incontournables pour une agréable balade… à pied, à vélo, à skate, à trottinette ou encore en rollers. Bref, il est assez incroyable qu’il n’y ait pas davantage de collisions entre les différentes populations ! Des marquages au sol ​​sont néanmoins apparus dernièrement pour canaliser au moins les flux de joggeurs et promeneurs aux abords du fleuve. Cependant, le point noir est plutôt le long de la chaussée, où cyclistes pressés et piétons cohabitent parfois difficilement. Là-aussi, on s’attendrait à plus d’incidents et pourtant, dans l’ensemble, tout se passe généralement bien et sans heurt. 

 

Le mystère des écrans de l’Utopia

L’Utopia est le cinéma d'art et essai très apprécié des Bordelais, dernière incarnation en date de ce qui était autrefois l'église Saint-Siméon sur la place Camille-Jullian. Certaines des plus petites salles ont été installées dans une annexe à l’arrière du bâtiment, et pour que tous les spectateurs puissent profiter d’une vue dégagée sur les films, les écrans ont été installés à une hauteur fort impressionnante. La position assise à la limite de la posture d’observation des étoiles peut surprendre au premier abord, et pourtant l’on s’y fait.

 

Le mystère des sorties de l’UGC 

Toujours au chapitre des cinémas, dirigeons-nous vers l’UGC Ciné-Cité, rue Georges-Bonnac, où on peut régulièrement observer le phénomène des spectateurs qui sortent du cinéma sans savoir où ils se trouvent. En effet, ce multiplexe, installé dans un bâtiment qui abritait autrefois un théâtre, comprend pas moins de 18 écrans dont certains au rez-de-chaussée, certains à l'étage et certains souterrains. Les sorties des différentes salles mènent à divers endroits autour du bâtiment et il faut inévitablement quelques instants pour s’orienter et situer la sortie par laquelle on a quitté le cinéma !

 

Le mystère des files d’attente de Mollat
 

Nous aurons du mal à identifier les quelques rares bienfaits de la crise sanitaire de 2020, mais parmi ceux-là retenons le marquage au sol qui a permis de formaliser le système de file d’attente aux caisses de la librairie Mollat. Auparavant, si la file s’étirait, un système prenait forme de manière organique. Mais avant d’arriver à ce stade, un dispositif hybride entre files et foule calqué sur un modèle de marché ambulant faisaient des malheureux au quotidien. Cette anarchie d'antan reviendra-t-elle à l’avenir ou ce système plus formel de file d'attente sera-t-il pérenne ? Voilà, chers lecteurs, un véritable mystère bordelais des temps modernes.


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Invisible Bordeaux est fier d'avoir fait une nouvelle apparition dans le dernier numéro de Bordeaux Moments , l'excellent magazine t...

Invisible Bordeaux est fier d'avoir fait une nouvelle apparition dans le dernier numéro de Bordeaux Moments, l'excellent magazine trimestriel bilingue "de voyage et de style de vie" de Bordeaux Tourisme.

 

Dans l'article, je propose quelques suggestions de sorties insolites à Bordeaux et aux alentours à savourer, n'est-ce pas, une fois que l'on pourra à nouveau sortir de chez soi. Ces conseils emmènent le lecteur du Parc Floral à la Cité Frugès de Pessac, au fil de l'Eau Bourde, et à Lormont au musée national de la Caisse primaire d'assurance maladie !

 

En temps normal, le magazine - qui comprend de nombreux bons articles dont des suggestions intéressantes d'activités à faire avec les enfants, un guide des escapades hivernales sur le Bassin d'Arcachon, et quelques tuyaux pour découvrir des maisons dont les façades sont ornées de chats sculptés - est disponible dans les offices de tourisme, les espace accueils d'hôtels, ou encore en mairie.

> Ou vous pouvez tout simplement découvrir le magazine en cliquant ici ! Bonne lecture  !

La place Ravezies est l'un des principaux points d'entrée de Bordeaux proprement dit et est une importante plaque tournante du résea...

La place Ravezies est l'un des principaux points d'entrée de Bordeaux proprement dit et est une importante plaque tournante du réseau de transports en commun ainsi que pour le trafic routier. Jusqu'en 2012, c'était aussi l'emplacement de la gare SNCF de Ravezies, qui était pendant de nombreuses années le terminus des liaisons ferroviaires depuis la presqu'île du Médoc. Sur les derniers kilomètres, les passagers ont dernièrement basculé sur une nouvelle branche de la ligne C du tramway (avec notamment la création de la liaison tram-train à Blanquefort), et en 2015 la gare de Ravezies a été démantelée définitivement, laissant un espace vide linéaire le long du couloir de l'ancienne voie ferrée. 


Les instances locales (Bordeaux Métropole avec les mairies de Bruges et du Bouscat) ont étudié le sujet de près et ont rapidement eu l'idée d'embellir le lieu en déployant un projet en lien avec le programme « 55  000 hectares pour la nature » de la Métropole visant à intégrer et à préserver la nature et la verdure dans les nouveaux développements urbains. Le projet « Ligne verte » est né ! 



Le projet avait pour objectif la reconversion de 3,1 kilomètres de l'ancienne ligne en lieu de promenade, reliant ainsi la place Ravezies aux quartiers résidentiels du Bouscat, avec la création de divers points d'intérêt en chemin. Et, bien que les travaux soient toujours en cours et que nous n'ayons pas encore le produit fini, la Ligne verte a bel et bien été ouverte au grand public cette année. Il était donc logique de s'y aventurer afin de découvrir la balade proposée. 


Mais le premier défi était tout simplement de parvenir jusq'au point de départ. La zone située près de ce qui était autrefois la gare est un parking compact, à savoir un véritable Tetris d'automobiles à aborder tel un Indiana Jones des temps modernes, en sachant qu'aucun panneau de signalisation n'indique le chemin exact vers le début de la Ligne verte

 

L'entrée se situe... quelque part au fond, derrière ces rangées de voitures !

Des barrières en bois ont été placées à l’entrée de la Ligne verte, et divers poteaux, tampons et bouts de quais rappellent la vie antérieure du lieu. Avant de partir, j’en ai d'ailleurs profité pour tenter de reproduire une photo que j’avais prise en 2012 à l’époque de la fermeture définitive de la gare.



Ci-dessus : le panorama en 2012.
La même vue aujourd'hui.

Non loin de là on découvre un nouveau renvoi vers le passé ferroviaire du chemin avec le "petit train de Ravezies", une modeste aire de jeux en forme de locomotive pour que les enfants puissent s'imaginer en conducteur de train ! Les anciennes lignes restent d'ailleurs visibles, encastrées dans le nouveau revêtement de la Ligne verte, et un peu plus loin le chemin passe sous une série d'arcs métalliques, traces des anciennes caténaires SNCF (voir photo en haut de l'article).

En avançant on découvre une deuxième aire de jeux, comprenant cette fois des balançoires, une cabane et un toboggan. Mais le blogueur en moi s'enthousiasme davantage devant la vue non loin de là du bassin de stockage des eaux de pluie Béquigneaux, partie intégrante du réseau métropolitain de protection contre les inondations, conçu pour stocker le surplus d'eaux pluviales lorsque c'est nécessaire, comme détaillé dans un précédent article Invisible Bordeaux sur ce dispositif de « bassins de rétenue ». Ce bassin des Béquigneaux, créé en 1987, est tout simplement énorme, et peut stocker jusqu'à 102 800 mètres cubes d'eau.


Une partie du bassin des Béquigneaux.

Plus loin, l'environnement est composé de petites parcelles de culture privées, de jardins et, au-delà, de grandes tours résidentielles, avant d'arriver à une piste BMX durement mise à l'épreuve par une poignée d'ados lors de mon passage. Puis le chemin longe la jeune extension du tramway avant d'arriver à la gare et quartier au nom charmant de « La Vache ». Sur votre gauche : les terres d'un vieux domaine bourgeois bouscatais. Sur votre droite : l’un des cimetières municipaux de Bruges. Tout cela donne une certaine sensation de grands espaces, et les quelques murs qui brisent la vue des alentours ont manifestement connu des jours meilleurs, mais ils constituent au moins un bon terrain de jeu pour les street artists du coin !     


Dès lors, la voie ferrée désaffectée réapparaît et la Ligne verte la longe jusqu'à ce que, en arrivant dans un début de virage, elle termine de façon assez brusque, inattendue et, oui, prématurée. Il n'y a alors d'autre choix que de quitter le chemin et de se diriger tout naturellement dans le lotissement Gourribon, qui a déjà joué un rôle de premier plan sur le blog. En rebouclant vers l’ancienne voie ferrée, on découvre des signes prometteurs indiquant qu’un nouveau tronçon de la ligne verte semble être en devenir et reliera à terme ce quartier à l’avenue de la Libération au Bouscat. Le panneau d'informations visible sur place indique que cette « phase 5 » aurait dû être finalisée en 2020, mais je pense que nous sommes tous très indulgents par rapport à tout ce qui aurait dû être livré en 2020 !


L'actuelle fin peu spectaculaire de la Ligne verte.
Un nouveau tronçon en devenir ? 

Quel est donc l'avis d'utilisateur Invisible Bordeaux ? Cette Ligne verte est indéniablement une initiative intéressante et nul doute que les habitants du quartier Gourribon (entre autres) doivent être ravis d’avoir désormais un lien direct aussi agréable avec la place Ravezies et les portes de Bordeaux ! C’est certainement une promenade très plaisante, quoiqu'un peu courte pour une balade à vélo. Les trois kilomètres défilent et, si on retient que l'un des temps forts principaux est bien la vue d'un bassin de retenue, il va sans dire que le chemin ne figurera jamais aux palmarès des plus beaux itinéraires vélo du monde ! Mon conseil est donc de privilégier la marche à pied au vélo. Mais un grand bravo à tous les acteurs impliqués dans la création de cette promenade linéaire qui propose un itinéraire paisible à la frontière des communes de Bruges et du Bouscat, et dont la réalisation est une manière innovante de redonner vie à une autre ancienne voie ferrée. 


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : ancienne gare Ravezies, place Ravezies, Bordeaux (= le point de départ).

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