Dans la zone industrielle Pessac Bersol, dans l'espace délimité par la rocade à l'est et l'autoroute A63 au sud, de nouveaux bât...


Dans la zone industrielle Pessac Bersol, dans l'espace délimité par la rocade à l'est et l'autoroute A63 au sud, de nouveaux bâtiments modernes prennent actuellement forme... bien qu'une structure isolée ressemblant à une tour de contrôle aérien subsiste de la vie antérieure du lieu. Qu'est-ce que cette tour, pourquoi tient-elle encore debout, et que va-t-elle devenir ? 

La tour est en fait un vestige de l'époque où la parcelle abritait les capacités radar de Thomson-CSF, aujourd'hui connu sous le nom de Thales. Le groupe de systèmes électroniques avait ouvert le site de Pessac en 1974, à peu près en même temps qu'une branche d'électronique aéronautique était également créée au Haillan. Les équipes des deux usines ont finalement déménagé vers un nouveau site à Mérignac en 2016, un cadre moderne aux esprits de campus qui offre désormais un environnement de travail agréable et propice à l'innovation à quelque 2 800 personnes (dont moi). 


La zone qui avait donc été libérée à Pessac a été intégrée au périmètre dit Bordeaux Innocampus, zone prioritaire de développement de Bordeaux Métropole (au même titre que la zone autour de l'aéroport et du quartier désormais appelé Euratlantique près de la gare Saint-Jean). Ainsi, l'ancien site de Thales a été démoli, la parcelle a été acquise par une Société d'économie mixte locale, la Route des Lasers, et a donné naissance au projet "Amperis", visant à offrir des bureaux et des laboratoires à des start-up innovantes dans les domaines de la cybersécurité, de la chimie des matériaux et des biotechnologies. 


Au deuxième plan à gauche, la tour en construction vers 1974 (photo reproduite avec l'aimable autorisation de Thales).

Initialement, la tour aurait dû également être démolie, mais au lieu de cela, la mairie de Pessac et Bordeaux Métropole ont décidé de la conserver. En 2018, un appel à projets a été lancé et la proposition gagnante a été celle soumise par Legendre Immobilier pour transformer la tour en un restaurant panoramique, actuellement connu sous le nom de La Canopée, développé en association avec un certain Jean-François Tastet, le propriétaire du célèbre Canopée Café à Mérignac, non loin de là. Théoriquement, les nouveaux bureaux et le restaurant auraient dû ouvrir en 2021 mais, comme pour tant d'autres projets en ce moment, tout a été repoussé. Les articles les plus récents du journal Sud Ouest prévoient désormais une livraison au cours du premier semestre de 2023.  


L'espace en 1973 (source : IGN Remonter Le Temps).

1976 : on aperçoit la tour entre les deux longs bâtiments de Thomson-CSF. 

Nous voilà en 1989.

Moins de verdure en 2012.

L'image disponible aujourd'hui sur GoogleEarth ; les bâtiments ont disparu mais la tour demeure.

En 2019, Bordeaux Innocampus a participé aux animations programmées lors des Journées du patrimoine. Une vidéo présentée sur place, réalisée en collaboration avec Thales, a permis de retracer l'histoire de cette tour en béton armé, expliquant qu'elle a surtout pris tout son sens au début des années 1980, lorsque la production en série du radar aéroporté pour l'avion de combat Mirage 2000 a commencé. La structure dédiée était plus généralement conçue pour toutes les procédures d'essais en champ libre effectuées sur les antennes et les radars. 


Dix volées de douze marches (et un monte-charge) menaient aux deux plateformes hexagonales de 300 mètres carrés de la structure. Une dizaine de personnes était basée en permanence à l'étage inférieur, situé à 21 mètres du sol. Il était composé de six unités cloisonnées, conçues comme des chambres anéchoïques dont les parois absorbaient les ondes électromagnétiques, ce qui permettait de reproduire les conditions de champ libre sans provoquer d'échos susceptibles de perturber les mesures. Des balises de mesure pouvaient également être positionnées autour de la plate-forme pour recevoir les signaux émis par des pylônes en direction de la tour. 


Le deuxième étage, à 25 mètres, était utilisé pour tester les radars, uniquement par des groupes de deux personnes à la fois. Contrairement au premier étage, ce niveau n'était pas divisé en unités individuelles mais constituait un espace entièrement ouvert. Les tests étaient effectués en liaison avec des balises transpondeuses placées au sol autour de la tour. 


En me rendant sur place j'ai découvert qu'il était relativement facile de s'approcher de la tour (je n'étais certainement pas le premier et probablement pas le dernier à me faufiler par un trou béant dans la clôture). Le goudron entourant la structure a été brisé, sans doute pour empêcher les caravanes de gens du voyage de s'installer sur le terrain vague ainsi créé. J'arborais de minces espoirs d'accéder à la tour elle-même, mais l'entrée au niveau du sol a été totalement murée pour empêcher les intrus et les blogueurs. 


Alors que, de l'autre côté d'une haute clôture, les travaux avancent sur les bureaux du projet Amperis, la tour, qui garde pour l'instant ses rayures moutarde et beige d'origine, est fidèle à elle-même. Il y a quelques graffitis au niveau du sol... et encore pas tant que ça. La tour n'est manifestement pas devenue un lieu de prédilection pour les amateurs d'exploration urbaine ou les graffeurs. Selon les vues d'architecte, la tour sera prochainement peinte en blanc. 


Alors, ce restaurant panoramique sera-t-il une destination prisée ? Eh bien, étant donné que l'on a tendance à dîner dans un restaurant panoramique principalement pour profiter de la vue, restons prudents. À part la vue sur les immeubles de bureaux et la cime des arbres, il n'y a pas grand-chose à voir de là-haut (bien que cela pourrait être un bon point d'observation pour surveiller l'état de la circulation sur l'A63). Mais comme la zone continuera à se remplir d'ingénieurs et de cadres (en quête d'ascension sociale ?), il y aura sans doute un public réceptif pour des rendez-vous à l'heure du déjeuner... mais je ne suis pas sûr que ce soit le genre d'endroit où l'on se rendrait volontiers pour un dîner romantique en tête-à-tête.


Quoi qu'il en soit, il sera fascinant, à terme, de voir ce que devient ce vestige du passé. Peut-être que la prochaine fois que je reviendrai, en 2023, au lieu d'être accueilli par un mur de briques, un maître d'hôtel sera là pour me recevoir !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Radar test tower, avenue Gustave-Eiffel, Pessac

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  Le podcast Invisible Bordeaux est de retour ! Dans ce nouvel épisode, nous partons à la rencontre de l'autrice bordelaise Sophie Poiri...

 

Le podcast Invisible Bordeaux est de retour ! Dans ce nouvel épisode, nous partons à la rencontre de l'autrice bordelaise Sophie Poirier pour parler de son dernier livre, Le Signal.  

 

Le livre parle du lien intense qui s'est développé entre Sophie et cette résidence désormais emblématique, Le Signal, qui est toujours debout sur le front de mer à Soulac-sur-Mer, bien qu'elle ait été évacuée en 2014 et est désormais vouée à la destruction. Depuis, Le Signal est devenu un symbole du changement climatique et de l'érosion côtière, ainsi que le synonyme d'une longue bataille juridique pour que les copropriétaires soient justement indemnisés pour leur perte.


L'immeuble est déjà paru à plusieurs reprises dans les pages du blog Invisible Bordeaux, que ce soit lorsqu'un peu d'urbex spontanée s'est glissé dans mon tour à vélo de l'estuaire de la Gironde, ou encore (et surtout) lorsque je me suis levé à une heure on ne peut plus matinale pour assister à une installation artistique comprenant des séquences vidéo d'Olivier Crouzel projetées sur la façade du bâtiment, accompagnées d'un texte écrit et enregistré par nulle autre que Sophie Poirier. Le sujet a inévitablement été abordé lors de notre entretien ! 


C'est donc par ici pour découvrir la carrière de Sophie, ses projets à venir et pour en savoir plus sur Le Signal. Bonne écoute !



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Le podcast est également à retrouver sur différentes plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts, Spotify, Google Podcasts, Player FM, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner via l'application de votre choix afin de ne rien rater ! 

 

> Découvrez l'univers de Sophie Poirier sur son site internet : lexperiencedudesordre.com

 

> Le Signal, aux éditions Inculte, est disponible en librairie et en ligne, comme par exemple ici du côté de Mollat

 

> Sur le site internet d'Olivier Crouzel, découvrez la page dédiée à ses travaux autour du Signal, ainsi que la page dédiée à son installation 18 rideaux.


> Voici l'installation de la Marée du Siècle à Soulac-sur-Mer, signée Olivier Crouzel et Sophie Poirier :

Le Signal / Marée du siècle / 5h41 du matin from Olivier Crouzel on Vimeo.

 

Photo portrait Sophie Poirier : © Claire Lafargue




Dans les quartiers nord de Bordeaux, près de l'endroit où la cité des Aubiers a été construite dans les années 1970, trois éléments du p...


Dans les quartiers nord de Bordeaux, près de l'endroit où la cité des Aubiers a été construite dans les années 1970, trois éléments du paysage montrent à quel point la ville a évolué et continue d'évoluer, mais démontrent également que certaines solutions temporaires s'avèrent bien plus durables que prévu. C'est l'histoire d'un pont, d'un terrain vague et d'un toboggan (ou autopont), correspondant aux trois zones identifiées dans la photo aérienne ci-dessus, datant de 1984.
 

Le pont

Le pont en question est le pont de Cracovie. Ce pont a été ouvert en 1967 pour faire face à un afflux de trafic entrant dans Bordeaux par le nord, suite à la mise en place du tout nouveau Pont d'Aquitaine permettant de traverser la Garonne depuis Lormont, connectant ainsi le trafic routier arrivant de l'autoroute A10 aux premiers tronçons de la Rocade.

S'il était fort logique de créer cette voie d'accès à Bordeaux, il y avait un obstacle à franchir : une ligne ferroviaire de fret qui permettait de relier le quartier portuaire des bassins à flot à la gare Saint-Jean, au sud de la ville. Pour passer d'un côté à l'autre, un pont routier sans prétention a donc été livré : voici donc venir le pont de Cracovie..

L'arrêt de tram Cracovie se trouve là où se situait jadis le pont.

Enfin, un pont, c'est bien, mais s'il était synonyme d'accessibilité pour les uns, il est devenu une barrière physique pour les autres. Pour les premiers habitants de la cité des Aubiers, le pont a ajouté au sentiment d'isolement avant que d'autres projets immobiliers ne prennent forme aux alentours. Ils étaient physiquement coupés du reste de la ville, desservis par une seule ligne de bus. Si on avait le malheur de rater le dernier bus pour rentrer chez soi, il n'y avait pas d'autre alternative que de passer sous le pont à pied, en traversant la voie ferrée, et de s'aventurer dans un environnement dangereux et inhospitalier. 

 

Le pont a finalement été démoli en 2006 pour faire place aux rails du nouveau réseau de tramway, qui a été installé au niveau du sol, l'utilisation de la ligne ferroviaire de fret ayant cessé dans l'intervalle. L'arrêt de tramway qui en résulte a été baptisé « Cracovie ». La chute du pont a été une révélation pour certains. Dans une vidéo qui retrace l'histoire du domaine des Aubiers, un témoin définit le pont comme « une frontière… Dès qu’on a cassé le pont, comme par hasard il y avait Bruges comme si c’était chez nous, à côté, ou le Grand Parc, alors que le pont, c’était bizarre, le pont posait des problèmes. « Laisse tomber, c’est loin Bruges », alors que c’est à côté ! Le pont nous a marqués. »


La démolition du pont en 2006. Cette photo ainsi que la première du pont tirée d'une vidéo Bordeaux Ma Ville sur Dailymotion.

Ces clichés aériens (à retrouver sur le site IGN Remonter Le Temps) datent de 1961, 1965, 1976 et 2012. Le pont de Cracovie est visible sur la photo de 1965, mais n'était pas encore en service. La cité des Aubiers est visible sur la photo des années 1970. Sur la photo de 2012, le pont a fait place au réseau de tramway. Voir aussi la compilation vidéo de ces photos et d'autres à la fin de l'article !

Le terrain vague


Les habitants des Aubiers étaient également enfermés par les vastes voies de garage qui s'étendaient le long de leurs bâtiments. Des photos aériennes montrent que ces rails ont été définitivement retirés vers 2010, mais rien n'a immédiatement pris leur place sur ce terrain qui comprend officiellement deux parcelles, l'une appartenant à Bordeaux Métropole, l'autre au Port de Bordeaux.
 

Ces dernières années, le terrain s'est progressivement transformé en un bidonville de migrants composé de logements de fortune construits par des Roms roumains et bulgares. Au début de l'année 2021, on estimait à jusqu'à 400 le nombre de personnes qui logeaient sur le site, et au fil du temps, la tension est montée entre les habitants du bidonville et leurs voisins des Aubiers. Selon divers récits cela serait principalement dû à la musique et aux nuisances sonores à toute heure, mais aussi à la fumée et aux odeurs causées par la combustion du revêtement plastique des fils électriques pour récupérer le cuivre..


À la fin de l'année 2021, le bidonville a été définitivement évacué suite à une série d'incendies résultant des tensions entre migrants et riverains. À l'heure où nous écrivons ces lignes, la quantité de débris qui subsiste sur le site demeure impressionnante : voitures et camions éventrées, caddies de supermarché, restes de caravanes, de meubles en plastique, etc. Mais il y a aussi un permis de construire annonçant ce qui va suivre, à savoir deux immeubles de bureaux et un parking. Ces nouveaux locaux devraient accueillir les bureaux de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Gironde et une école du cirque. 


Le toboggan


À l'extrémité est de la future ancienne friche, l’on peut découvrir une structure qui ne figurera jamais sur une liste des incontournables touristiques à Bordeaux, et pourtant sa survie au fil des décennies mérite bien qu'on lui consacre quelques paragraphes sur le blog Invisible Bordeaux. Nous vous présentons l'autopont de Latule ! (Ou encore le VMD Latule, pour viaduc métallique démontable, pour les puristes !)
 

Il s'agit là encore d'un pur produit de l’expansion de Bordeaux vers le nord, et de la nécessité, au début des années 1970, de faciliter et fluidifier la circulation automobile depuis le centre de Bordeaux et ses boulevards vers la Rocade, ou encore les nouveaux complexes commerciaux, hôteliers et d'exposition du quartier Bordeaux-Lac. En ce point stratégique où  plusieurs grands axes se rejoignent, ce viaduc alors futuriste a ainsi été installé en 1973 (ouverture à la circulation le samedi 10 novembre 1973 selon Frederick Llorens dans son excellent ouvrage 'L'automobile à Bordeaux')... il aura donc bientôt 50 ans !
 

La structure métallique à voie unique mesure 254 mètres de long, 3,5 mètres de large et se compose de 13 travées dont les longueurs varient entre 12 et 30 mètres. Conçu à l'origine pour une utilisation de courte durée, il doit faire l'objet de travaux d'entretien réguliers, ce qui lui vaut une bonne visibilité dans les infos trafic, car les fermetures entraînent d'importants ralentissements (et affectent par ricochet les plans de voyage des passagers des 13 000 voitures qui l'empruntent chaque jour). L'autopont a en outre été entièrement restauré à deux reprises, en 1984 et 1996.

Mais le plus remarquable est sans doute que le viaduc soit toujours en place et reste fidèle au poste. Il a été question de transformer le carrefour en un gigantesque giratoire, ou encore de détourner entièrement le trafic automobile pour libérer l'espace, qui serait alors dévolu aux piétons et aux cyclistes. Mais il est toujours là, un ovni rouge bordeaux dans le paysage bordelais, comme s'il devait se trouver dans une grande métropole américaine, vestige d'une époque révolue mais pas si lointaine où les choix d'infrastructures urbaines étaient entièrement centrés sur la voiture. Compte tenu du climat actuel et de la montée en puissance de moyens de transport urbains alternatifs, parlera-t-on encore de l’autopont de Latule dans 50 ans ?  

Et maintenant, place à une vidéo "timelapse" qui démontre combien le secteur a évolué depuis 1924 !

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> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux map : site of former Pont de Cracovie, Cracovie wasteland, Latule flyover.

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  Au rayon des beaux livres parus dernièrement, un est parvenu à cocher de nombreuses cases chères au blog Invisible Bordeaux. Sport : che...

 

Au rayon des beaux livres parus dernièrement, un est parvenu à cocher de nombreuses cases chères au blog Invisible Bordeaux. Sport : check ! Histoire : check ! Patrimoine : check ! Insolite : check aussi ! Car il s’agit de l’ouvrage « Lescure Insolite » signé aux Éditions Sud Ouest par le journaliste / auteur / historien sportif Laurent Brun, qui propose un véritable voyage dans le temps à la découverte de quelques-uns des épisodes les plus surprenants dans la riche histoire du mythique stade municipal de Bordeaux, le Parc Lescure pour les uns, aujourd’hui le Stade Chaban-Delmas pour les autres !

 

Afin de tout savoir sur « Lescure Insolite », je me suis récemment entretenu avec Laurent. Notre discussion est à découvrir dans son intégralité dans le tout nouveau numéro du podcast Invisible Bordeaux (voir plus bas) mais, en guise de « teaser », voici un aperçu ce qu’il a dévoilé sur le livre !

L’histoire du livre

« Ce livre est le quatrième d’une série entamée en 2015 avec mon confrère Julien Bée, qui avait proposé, lors du passage des Girondins de Bordeaux de Lescure au Matmut Atlantique, de faire l’éloge du stade. Nous avions ciblé au départ les joueurs emblématiques des Girondins de Bordeaux, d’abord sous forme de pastilles audio destinées à la radio, mais jamais exploitées. C’est de là qu’est née l’idée du livre, qui a évolué pour devenir un projet en plusieurs volets. 

 

Nous avons sorti nous-mêmes en auto-édition le premier tome, « La Fabuleuse aventure des supporters des Girondins de Bordeaux ». Cet ouvrage a convaincu les Éditions Sud Ouest, avec qui nous avions déjà un accord, d’éditer les livres suivants, « Le rendez-vous des légendes » sous un angle historique, patrimonial et sportif ; puis « Lescure 80 ans », où on va au-delà du football pour évoquer les autres sports, culture, etc. Ensuite mon idée a été de me focaliser sur des chapitres plus insolites et peu connus du stade, d’où « Lescure Insolite ». »

 


Les sujets les plus fous évoqués dans le livre

« Avec l’aide de l’association Préservons Lescure, nous sommes partis d’une photo du début des années 1960 où on voyait trois « basketteurs » qui étaient en fait des judokas néerlandais – Anton Geesink, Hein Essink et Jan van Ierland – qui suivaient alors des cours au dojo de Lescure auprès du maître Haku Michigami, qui était devenu conseiller technique auprès de la fédération néerlandaise de judo. Celui-ci avait décelé un gros potentiel chez ces Néerlandais d’origine plutôt modeste, pensait pouvoir les former et en faire de bons compétiteurs. Ils ont par la suite battu les Japonais chez eux au Jeux olympiques de 1964, la première fois que ces derniers ont été vaincus dans leur sport roi. Les judokas néerlandais sont par la suite devenus des stars planétaires ! 

 

N’oublions pas aussi la venue des Harlem Globetrotters en match d’exhibition en 1951, le livre comprend une magnifique photo d’eux en action sur la plaine des sports annexe. Ces basketteurs étaient du calibre de Michael Jordan, ce sont des stars qui m’ont fait rêver en consultant les archives… en sachant qu’ils étaient managés à l’époque par Jesse Owens, le sprinter quadruple médaillé aux Jeux olympiques de 1938 ! »

 

Un événement décrit dans le livre auquel Laurent Brun aurait aimé assister

« La rencontre Girondins - équipe de France en match de préparation de la Coupe du Monde de 1966 ! Le sélectionneur de l’équipe de France avait ciblé les Girondins, alors la meilleure équipe du pays avec le FC Nantes, et dont le style de jeu rappelait celui des Italiens, à savoir rugueux, solide, fort défensivement… dans l’optique de pouvoir rivaliser avec l’Italie ou encore l’Angleterre. Ce n’était pas un match de gala mais bien un match de préparation, les Girondins ont mis en grande difficulté l’équipe de France (qui s’est finalement imposée 3-2). Il y avait des joueurs d’exception dans les deux camps. » 

 

Les prochains projets ?

« Plusieurs futurs ouvrages sont quasiment écrits sur des choses qui se sont passées à Lescure, mais sous un autre prisme. J’attends de nouveaux documents pour parachever cela. Mais actuellement je suis sur la finalisation d’un livre de surf, plus précisément sur l’histoire du Lacanau Pro. Je laisse donc le ballon rond pour la planche de surf ! Je vais également revenir au ballon ovale à l’avenir, et je ne manquerai pas de vous tenir au courant ! »

 

Au fil de la discussion, Laurent a également partagé son vécu du stade, son sentiment sur le passage du ballon rond au ballon ovale, l’endroit sur le terrain où il planterait les sardines de sa tente s’il devait y passer une nuit… et nous avons aussi échangé sur le Football Club des Girondins de Bordeaux, en nous attardant notamment sur le passage, à la fin des années 1980, du premier Anglais à avoir porté le scapulaire ! Bonne écoute !


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La commune de Saint-Médard-en-Jalles, au nord-ouest de Bordeaux, est principalement constituée de lotissements, de commerces et de bureaux...

La commune de Saint-Médard-en-Jalles, au nord-ouest de Bordeaux, est principalement constituée de lotissements, de commerces et de bureaux. On pourrait même croire que ces jours-ci elle est surtout connue pour sa salle polyvalente le Carré des Jalles et son énorme centre commercial Leclerc. Cependant, en tant que personne qui traverse la ville à vélo dix fois par semaine sur le chemin du travail, je peux dire qu'au fil des ans, j'ai également découvert des sites plus insolites, dont voici dix !

Un mur street art long de 80 mètres


Le long de la piste cyclable Bordeaux-Lacanau qui traverse le centre de Saint-Médard, un long mur a été confié à des artistes de rue pour qu'ils réalisent une peinture murale qui, je pense, s'étend sur au moins 80 mètres. C'est en tout cas très chouette. Le mur a été revu ainsi en août 2016 par des artistes opérant au sein du collectif Transfert #6 dans le cadre du programme « Hors Les Murs » visant à sortir l'art de rue du centre-ville pour l'amener dans les banlieues. Pour le projet de Saint-Médard, les dessins sont tous sur le thème des transports. Les artistes présentés sont (un instant, que je vérifie mes notes) 4Letters, Charles Foussard, Disket, Jone, Landroid, Mioter, Obad, Odeg, Rooble, Scan-R, Skinjackin, Tack, Tati Prout et Trackt.


Un vieux train à vapeur


Dans une vie antérieure, la piste cyclable susmentionnée était une ligne de chemin de fer, qui a commencé à fonctionner en 1885, le trafic de passagers ayant cessé en 1954 et la ligne ayant été définitivement déclassée en 1979. À Saint-Médard, l'ancienne gare est aujourd'hui un restaurant, et une locomotive à vapeur Couillet 030T de 1913 est exposée en permanence, bien qu'elle ne soit présente dans la région que depuis 1985, date à laquelle la commune l'a achetée à un opérateur ferroviaire belge. Une autre ancienne gare est visible plus loin sur la ligne, dans le quartier d'Issac, comme illustré dans un précédent reportage Invisible Bordeaux.


Des bâtiments du centre-ville qui résistent encore et toujours


Cette photo a été prise en plein centre-ville de St Médard, où tout s'est progressivement modernisé et uniformisé ces dernières années. Alors, combien de temps encore ce bâtiment, aujourd'hui muré mais affichant toujours son enseigne « Atelier de Menuiseries » d'antan, restera-t-il en place ? Et à gauche, derrière ce grand portail, se trouve un hôtel particulier du XVIIIe (il me semble avoir lu que la famille propriétaire est britannique). Cette propriété, le domaine du Bourdieu, dispose d'un vaste terrain que de nombreux promoteurs immobiliers surveillent de très près !


De multiples châteaux d'eau



Lorsqu’on est un acteur clé de l'aérospatiale et que l’on manipule quotidiennement des matériaux hautement explosifs et inflammables, il est certainement préférable de ne pas avoir un accès privilégié à non seulement un seul château d'eau, mais deux, voire trois ou plus. Des tours jumelles sont situées juste à l'intérieur des hautes clôtures d'un immense terrain appartenant à ArianeGroup, bien que de nombreux locaux continuent d'appeler la zone « la Poudrerie » en raison de son historique de production de poudre à canon et d'explosifs (et sur des cartes on lit encore « Société Nationale des Poudres et Explosifs »). Non loin de là, on devine aisément depuis la route un troisième château d’eau. Peut-il y en avoir d’autres encore ? Aujourd'hui, cette installation, qui équivaut à une énorme zone interdite, produit le carburant et les gaz utilisés pour lancer les missiles et les fusées.


L'ancienne entrée de la Poudrerie


Et ce qui était autrefois l'entrée principale de cette Poudrerie comprend toujours son vieux portail majestueux orné de silhouettes de canons, et ses piliers surmontés de bombes enflammées (what else ?). La cour derrière le portail est flanquée de bâtiments qui sont maintenant utilisés par des associations locales. De l'autre côté de la route, le terrain qui entoure un bâtiment faisant partie de ce complexe, la maison de l'Ingénieur, a été transformé en un agréable parc ouvert au grand public depuis 2016 : le Parc de l’Ingénieur.  


Une sculpture imposante au milieu d'un giratoire


Dans le quartier résidentiel de Cérillan, l'une des choses auxquelles on s'attend le moins est une sculpture de 8,50 mètres de haut placée au milieu d'un rond-point. L'œuvre d'art en acier et en bronze est composée de deux figures, dont l'une est surmontée d'une tête de cerf, tandis que l'autre semble représenter une main et une tête humaines. Installée en 1999, l'œuvre, intitulée « Le Grand Sérillan », a été réalisée par l'artiste Bernard Vié et représente, selon ses propres termes, « l'expression légère et élégante de deux promeneurs ». Il convient de noter qu'il a fallu un travail de détective en ligne pour rassembler ces détails sommaires, car il n'y a absolument aucune information disponible près du giratoire...


Un château et un blockhaus 


Si vous vous rendez au magasin de bricolage Brico Leclerc pour faire vos courses de peinture et autres, ne manquez pas de jeter un coup d'œil au fond du parking où, derrière une grande clôture , se trouve le château fortifié de la Mothe-Gajac, qui coule des jours tranquilles, entouré de ses propres douves, et qui réfléchit sans doute à ses 600 ans d'histoire, qui ont au moins fait l'objet d'une page Wikipédia. Une fois que vous vous êtes remis de la vue du château – qui, apparemment, accueille aujourd'hui des événements d'entreprise – regardez autour de vous vers le blockhaus sur le terrain du château qui rappelle que l'expertise de Saint-Médard en matière d'explosifs et son emplacement sur la ligne ferroviaire Bordeaux-Lacanau lui ont conféré une importance stratégique pour les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.


Un complexe sportif très vintage


L'immense complexe sportif Robert-Monseau, situé au centre-ville, comprend des stades de football et de rugby séparés, des courts de tennis, une patinoire et bien d'autres choses encore. Ce que j'aime, c'est le design très old-school de la grande entrée principale (qui sert actuellement de parking d’appoint pour le centre de vaccination intercommunal situé non loin de là) et d'autres éléments sympathiques comme le guichet de billetterie du stade de football qui rappellerait presque un aquarium. On a l'impression de n'avoir jamais quitté les années 1970.    

Une ancienne place de village


Ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Saint-Médard-en-Jalles est en fait composé d'un certain nombre de villages, chacun d'entre eux étant désormais considéré comme un quartier. Outre Issac et Cérillan, on y trouve par exemple les anciens villages d'Hastignan, Magudas, Caupian, et celui-ci, Corbiac. Cette petite place, avec sa croix en métal et ses bancs en pierre, était vraisemblablement un lieu de rencontre pour les habitants à l'époque. En observant attentivement le mur du bâtiment voisin, qui est aujourd'hui une maison privée, on peut distinguer les mots « café » et « épicerie », ce qui laisse penser qu'il était lui aussi beaucoup plus actif autrefois. 


Une œuvre de David Selor

 


Le personnage mi-humain, mi-renard « Mimil » créé par le street artiste David Selor est un véritable leitmotiv des murs du centre-ville de Bordeaux, principalement sur des portes et des bâtiments désaffectés ou voués à la destruction. Il lui arrive aussi de réaliser des œuvres sur mesure plus durables, comme celle de 2019 que l'on peut apercevoir à Saint-Médard dans un petit tunnel de la rue Paul-Dethomas qui mène au parking d'une résidence. 

 

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Pendant plus de 35 ans, le plus important des immeubles bordelais en bord de Garonne se trouvait dans le quartier de Bacalan, au nord de la ...

Pendant plus de 35 ans, le plus important des immeubles bordelais en bord de Garonne se trouvait dans le quartier de Bacalan, au nord de la ville. Il s'agissait de l'imposante Cité Lumineuse, qui s'élevait à l'endroit où se trouve aujourd'hui la station de bus et de tramway de Brandenburg. Quid de l'histoire de ce building et qu'est-il devenu ? 


La zone environnante était autrefois le domaine viticole de Claveau, mais avec l'expansion de la ville de Bordeaux vers le nord au cours de la première moitié du XXe siècle, le quartier de Bacalan a pris forme, et était principalement composé de rues résidentielles constituées de maisons. Mais dans les années 1950, le maire de la ville, Jacques Chaban-Delmas, voyait les choses en grand et, à cette époque où la France connaissait une pénurie de logements, il considérait que l'avenir urbain était synonyme de cités et de buildings. C'est ainsi que sont nés des ensembles de logements sociaux tels que le Grand-Parc, la Cité de la Benauge, les Aubiers, ainsi que la refonte complète du quartier Mériadeck dans le centre-ville.


La Cité Lumineuse, propriété de la Ville, était le projet autonome le plus impressionnant de tous. Conçue par les architectes André Conte, Paul Daurel et Jean-Jacques Prévot, elle mesurait 200 mètres de long, 11 mètres de large, était haute de 15 étages, et comprenait 360 appartements étiquetés "LOGECO", pour "logements économiques et familiaux". À l'image du cours de la Garonne, la Cité s'incurvait doucement vers l'intérieur, son flanc oriental bénéficiant d'un point de vue idéal pour admirer le soleil levant... tandis que les couchers de soleil étaient évidemment appréciés depuis la façade occidentale !

L'histoire en photos aériennes. En haut : le terrain en 1950 avant la construction de la Cité Lumineuse, puis en 1976. En bas : la Cité en 1994, peu avant sa démolition (à noter, le terrain de foot situé près du fleuve), et la vue actuelle sur GoogleEarth. Les photos d'archives sont issues du site IGN Remonter le Temps.

Les grands appartements de l'immeuble (de type F4 et F5), au nombre de 240, bénéficiaient du luxe relatif d'avoir une vue sur les deux côtés, un principe architectural guidé par la lumière du soleil (promu pour la première fois par Adolphe Augustin-Rey sous le nom d'"axe héliothermique") qui avait déjà été appliqué par l'influent architecte Le Corbusier à la Cité Radieuse de Marseille. La réutilisation de ce concept a, selon toute vraisemblance, inspiré le nom étrangement similaire de la Cité Lumineuse ; il n'existe aucune preuve concrète de cette hypothèse, mais c'est une théorie crédible que l'expert local Marc Saboya avance dans son livre "Chaban le bâtisseur".      


La Cité Lumineuse a accueilli ses premiers résidents en 1960 et, au fil des ans, est devenue un lieu de vie cher à plusieurs milliers de personnes malgré ses nombreux défauts, comme l'absence de balcons (qui n'ont jamais fait partie du plan directeur afin de limiter les coûts) et le fait que - toujours selon Saboya - les cuisines et les salles de bains étaient minuscules et que les ascenseurs ne s'arrêtaient que tous les trois étages ! C'était également un lieu très animé. Entre le bâtiment et le fleuve, un terrain de football en sable avec des buts de taille règlementaire était le centre de gravité de nombreux jeunes du quartier. Pendant ce temps, les générations plus âgées se retrouvaient pour jouer à la pétanque sur les terrains voisins. Et la verdure tout autour était un endroit idyllique pour les événements en plein air tels que les pique-niques et les fêtes des résidents. De l'autre côté de l'immeuble, à partir de 1981, le parvis de la résidence accueillait le marché hebdomadaire de la Lumineuse, qui ne comptait au départ que quatre vendeurs mais qui s'est rapidement développé pour devenir un grand rendez-vous populaire.

 

Photo d'archives Sud Ouest du marché, et la même vue aujourd'hui.

Clichés Sud Ouest des terrains de foot et de pétanque, et le même espace de nos jours.

Cependant, les années 1980 n'ont pas été clémentes avec la Cité Lumineuse. Le bâtiment se détériorait à vue d’œil et les autorités locales estimaient que les travaux de réparation et de rénovation seraient plus coûteux que de démolir et de repartir à zéro. Bien que la décision de démolir le bâtiment n'allait être finalisée que plus tard, à partir du milieu des années 1980, chaque fois que des résidents quittaient les lieux, ils n'étaient pas remplacés et les appartements qu'ils lassaient étaient murés. 


Le nombre décroissant de résidents encore sur place au début des années 1990 ont été activement encouragés à chercher ailleurs, la Ville facilitant les déménagements vers de nouveaux  projets dans le domaine de la Cité Claveau à proximité ou dans des quartiers situés rive droite. À cette époque, la résidence n'était déjà plus que le fantôme de ce qu'elle avait été, et l'espace ouvert du rez-de-chaussée, notoirement venteux, étant devenu le territoire de dealers. Dire que le bâtiment était devenu inhospitalier serait un euphémisme, et au cours de l'été 1996, le dernier résident de la Cité Lumineuse, un monsieur de 83 ans du nom de M. San José, est parti pour de bon.

 

Dans ses dernières années, le devenir de la Cité Lumineuse était un sujet récurrent dans le journal Sud Ouest.  

En septembre de la même année, les travaux de démolition ont commencé, mais leur progression a été entravée et retardée par la présence d'amiante. La tâche a également été rendue particulièrement difficile par la nécessité de couper un à un les sommets des 622 pieux qui avaient été utilisés pour les fondations du bâtiment, dans cette zone inévitablement humide et sujette aux inondations. Mais en février 1997, l'immeuble n'était plus, et les autorités locales ont commencé à se tourner vers l'avenir et le nouveau projet immobilier qui allait prendre sa place, comprenant 116 logements dans un environnement paysager de 2,5 hectares.


La mort lente de la Cité Lumineuse a inspiré de nombreux projets créatifs à l'époque, tels que des chansons écrites par le collectif rap local Génération Posse, et un livre, "La Lumineuse, cité habitée", compilant les écrits de plusieurs jeunes du quartier sous la direction de l'auteur à succès Hervé Le Corre, qui avait auparavant passé 17 ans dans le quartier de Bacalan à Bordeaux et avait gardé des liens forts avec le quartier et ses habitants... à tel point que Bacalan et la Cité Lumineuse figurent souvent en bonne place dans ses œuvres de fiction.


En rembobinant - ou plutôt en avançant rapidement - jusqu'en 2021, à part des souvenirs individuels et un peu de nostalgie, que reste-t-il de la Cité Lumineuse ? Eh bien, la réponse est... pour ainsi dire rien ! En prenant position en face du bureau de Poste et de la mairie de quartier dans le but de reproduire une photo repérée dans un numéro de 2013 d'un magazine local, ce qui frappe le plus est le vide absolu à la place du bâtiment.

Photo d'archive légèrement floue de la Cité Lumineuse avec la Poste et la Mairie de Quartier au premier plan, créditée à Labarthe et présentée dans un numéro de 2013 du magazine "Bacalan". Et, une fois encore, la même vue aujourd'hui. 
Derrière les arrêts de tram et de bus, un complexe résidentiel moderne - ainsi qu'un supermarché Lidl - se cache derrière les arbres. Le long de la Garonne, là où se trouvaient autrefois les terrains de pétanque et de football, d'agréables allées bordées d'arbres sont parsemées de bancs et bordées de juste assez de verdure pour satisfaire les promeneurs de chiens.



Mais quelques traces de l'époque de la Lumineuse sont encore visibles, même 25 ans plus tard. La première se trouve à quelques rues de là, sur la place Muscaillet, qui accueille désormais le Marché de la Lumineuse et ses camelots chaque vendredi matin. Malgré le passage du temps et quelques déménagements, le marché a symboliquement conservé son nom.


La Lumineuse s'affiche place Muscaillet.
Puis il faut regarder du côté d'une allée qui s'étend entre deux zones d'habitation qui se trouvent aujourd'hui à la place de la Cité. Encastré dans l'une des constructions modernes est un poste de transformation haute tension, qui a manifestement quelques années de plus que son imposant voisin. Sur le panneau apposé sur la porte, juste au-dessus du rappel du risque imminent de mort, figure le nom de code de la station. En caractères noirs sur fond jaune, les lettres écrivent le nom "Lumineuse". La Cité continue ainsi à briller discrètement...  


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Cité Lumineuse, rue Achard, Bordeaux.

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> Source de la photo en haut de l'article : www.delcampe.net

> Merci à mon excellent ami Laurent B. pour ses tuyaux et ses souvenirs !