Vous l'aurez déjà constaté, ces temps-ci la ville de Bordeaux paraît régulièrement dans easyJet Traveller, le magazine destiné aux pa...

Vous l'aurez déjà constaté, ces temps-ci la ville de Bordeaux paraît régulièrement dans easyJet Traveller, le magazine destiné aux passagers de la compagnie aérienne easyJet. 

En ce mois d'octobre 2018, le sujet à l'honneur est celui de ces vieilles enseignes et publicités peintes qui résistent encore et toujours malgré les années qui s'égrènent, à savoir un des grands thèmes récurrents sur le blog Invisible Bordeaux !  

Cinq de ces "ghost signs" les plus emblématiques figurent dans ce listing, qui permet donc de transporter ces voyageurs des temps modernes quelques années en arrière, vers une ère où les techniques de communication étaient plus simples, directes et artisanales !

> L'article est à découvrir ici :
> Pour visualiser l'intégralité du magazine easyJet Traveller : https://ink-global.com/partners/easyjet/magazines/easyjet-inflight

Un récent dossier Sud Ouest est revenu sur une cérémonie solennelle organisée à Cestas pour commémorer l’anniversaire d’un important f...


Un récent dossier Sud Ouest est revenu sur une cérémonie solennelle organisée à Cestas pour commémorer l’anniversaire d’un important feu de forêt en 1949. Le Bordeaux Invisible se devait alors d’enquêter sur cet événement tragique qui coûta la vie à 82 personnes.

L'histoire commence vers midi le vendredi 19 août 1949 à la scierie Pioton, au lieu-dit le Murat, à mi-chemin entre Saucats et Marcheprime, à 30 kilomètres au sud-est de Bordeaux. Un gardien allongé sur son lit s’endormit en fumant une cigarette (certaines sources évoquent plutôt une poêle laissée sans surveillance). La cabane prit feu et les flammes s’étendirent rapidement au reste de la scierie. La colonne de fumée fut rapidement repérée depuis les hautes tours d'observation à proximité de Biganos, de Béliet et de Cabanac.

Piste menant vers le lieu-dit le Murat, lieu de départ de l'incendie. Aujourd'hui, il s'agit d'un tronçon du chemin de Grande Randonnée GR655.
Les premières personnes sur les lieux n’avaient que des branches d’arbres pour tenter d’éteindre l’incendie, et ne pouvaient rien faire pour empêcher les flammes de prendre de l’ampleur et gagner du terrain. Les arbres et les buissons environnants, particulièrement secs après un troisième été sec et caniculaire, s'embrasèrent rapidement.

Dans ces années d'après-guerre, les forêts de la région étaient mal entretenues, denses (la production de résine était un important gagne-pain) et peu accessibles, et les méthodes et ressources de lutte contre l'incendie étaient loin d'être efficaces. Il y eut des tentatives précipitées d’installation de contre-feux afin d'empêcher la propagation des incendies, mais les flammes ne faiblirent aucunement. Attisé par de forts vents du nord-est, l’incendie progressa rapidement vers Le Barp au sud-ouest. La ligne de front de l’incendie s’étendait alors sur cinq kilomètres et de nouvelles initiatives furent déployées pour le contenir. Puis, la nuit venue, les vents tournèrent, poussant le feu à avancer rapidement, cette fois-ci vers l’ouest, couvrant jusqu’à quatre kilomètres à l’heure et menaçant bientôt les villages de Salles et de Mios.  

À l'assaut des flammes armés de seaux et de branches. Source : reportage disponible sur le site INA.
Des maisons et des greniers partent en fumée. Source : Sud Ouest.
Puis, en milieu de matinée du lendemain, le samedi 20 août, on pensait que le feu de forêt avait finalement été maîtrisé lorsque, soudain, les vents changèrent une nouvelle fois de direction, continuèrent à se renforcer et renvoyèrent les flammes vers le nord-est. Les incendies reprirent une fois de plus, cette fois plus puissamment que jamais, y compris dans les zones où les flammes s'étaient éteintes auparavant. Au cours d'une incroyable période de 20 minutes, le feu engloutit 6 000 hectares de terre, tuant instantanément et violemment 82 personnes qui se battaient pour contenir le feu sur son flanc nord. Les victimes étaient principalement des bénévoles des villages environnants, des fonctionnaires employés par le département d’Eaux et Forêts et 23 militaires d’un régiment d’artillerie de Châtellerault, dans le centre de la France. Seulement sept personnes ont survécu à ce qui est devenu - et demeure toujours – l’incendie de forêt le plus meurtrier de France.

Flammes et fumée. Source : reportage disponible sur le site INA.
Tout au long de cet après-midi, l’immense nuage de fumée était visible depuis 100 kilomètres à la ronde et l’ensemble de Bordeaux et ses environs était plongé dans l’obscurité dès 17h (l’éclairage public fut allumé exceptionnellement tôt dans la journée). Vers 22h, les vents tombèrent enfin et seules deux zones dangereuses demeuraient près de Léognan et du quartier Pierroton de Cestas. Dans l’ensemble la situation était désormais maîtrisée et les dernières flammes furent éteintes le jeudi 25 août, après une journée de deuil national tenue la veille. Au total, 50 000 hectares de forêts de pin furent détruits, ainsi que 710 hectares de landes. Selon des rapports contemporains (qui déploraient 106 décès), des « centaines » de fermes furent détruites et des milliers de villageois furent chassés de leurs domiciles (des récits plus récents évoquent plutôt la destruction d’une soixantaine de maisons).

Le chef du gouvernement français, Henri Queuille, était présent lors des grandes funérailles organisées quelques jours plus tard. La messe fut dirigée par l'archevêque de Paris, Monseigneur Feltin, et aux côtés des villageois se trouvaient des pompiers du Kent, dans le sud-est de l'Angleterre, qui avaient été recrutés pour renforcer les efforts de sauvetage dans la région.

Lors des funérailles : officiels, proches et pompiers du Kent. Source : INA video.
Naturellement, pour ceux qui ont été directement et indirectement touchés par les incendies, la vie ne serait plus jamais comme avant. Dans les commentaires postés sous un récit des événements (sur le blog "Paysages" du géographe Christophe Ness), une personne se rappelle avoir 12 ans et avoir perdu son frère aîné dans la tragédie - ce dernier effectuait son service militaire au sein du régiment d'artillerie à Châtellerault lorsqu'il fut affecté à la lutte contre l'incendie. Un autre parle de son père, Jean-Max Salzmann, un chauffeur d’ambulance militaire que l’armée envoya dans la zone avec son véhicule pour secourir les habitants des villages encerclés par les flammes. Initialement craint mort, Salzmann parvint finalement à revenir à la maison, mais était le seul des 30 membres de son équipage à sortir vivant. Avec ses collègues il avait cependant permis de sauver des dizaines de vies.

Tous les villages que le feu de forêt de 1949 a presque détruits - Cestas, Saucats, Marcheprime et Mios - ont, au fil des ans, repris pied et ont pu prospérer. Les forêts ont repoussé, sans doute en tenant compte des recommandations d'organisation et de diversification des cultures faites par un Pierre Allemand dans des articles apparentés publiés par la Revue Forestière Française en 1950. (Voir les copies d'archives ici et ici.)
Retour sur les lieux où l'incendie n'est qu'un souvenir lointain. Des champs de maïs à gauche, des pins à droite, le tout au nom de la diversité.
Mais certains observateurs soulignent que ces événements tragiques ont presque été effacés de la conscience collective (ce qui est peut-être la raison pour laquelle le sujet a été si long à figurer sur Invisible Bordeaux…). Au cours des dernières années, la publication en 2009 d’une publication de référence, « L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949 », a permis de remédier en partie à ce phénomène. Ce livre revient notamment sur l'incendie au fil des jours, sur les méthodes utilisées afin de faire face aux flammes, et réunit les données biographiques de chacune des 82 victimes.

 
Et, pour revenir au point de départ de cet article, deux mémoriaux ont été érigés le long de la route D1010, à mi-chemin entre Cestas et Le Barp, dans une zone connue sous le nom de Le Puch, non loin du Murat. Le plus formel, cérémonial et imposant des deux (photo ci-dessus) comprend un bas-relief évocateur qui représente les pompiers entourés de flammes. Il énumère également les noms des habitants qui périrent dans ce que le monument appelle un « cataclysme atmosphérique », en les regroupant en fonction des communes dont ils étaient originaires : Cestas, Léognan, Saucats, Villenave d’Ornon et Talence. Le deuxième mémorial, en pin, est nettement plus minimaliste et a été érigé vers la zone où la plupart des personnes ont perdu la vie. Il appelle les visiteurs à « respecter et protéger la forêt pour honorer la mémoire des 82 héroïques sauveteurs ». On ne peut qu'acquiescer.

En repartant de la zone : une tour de guet et un panneau rappelant les dangers du feu.
> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Forest fire memorials, D1010, Cestas.
> Le géographe Christophe Neff est à l'origine de beaucoup d'informations partagées dans ce dossier grâce aux articles disponibles sur son blog "Paysages", ici et ici
> Un récit détaillé, comprenant d'autres photos et une carte explicative, est disponible sur un site personnel et est à retrouver ici. Ce même site liste également les noms des victimes sur la page disponible ici. On peut aussi y découvrir des photos d'autres mémoriaux situés à Canéjan et à Cestas.
> This article is also available in English.

Rendez-vous une nouvelle fois au Bouscat, commune réputée pour son hippodrome, ses quartiers résidentiels, sa rue commerçante (actuellem...


Rendez-vous une nouvelle fois au Bouscat, commune réputée pour son hippodrome, ses quartiers résidentiels, sa rue commerçante (actuellement en pleins travaux d'installation de la ligne D du tramway) sans oublier… ses concessionnaires automobiles ! Mais, cette fois-ci, allons flâner dans le bois du Bouscat !

Cette promenade paysagée fut inaugurée en juin 2013 après deux ans de travaux. Le projet prit forme après l’acquisition d’une zone boisée qui longe l’hippodrome (d’où le nom précédent du lieu, le bois de l’Hippodrome) avant d’arriver aux pieds des grandes tours de la cité Lyautey. Le projet s’inscrivait dans l’Agenda 21 local, outil de développement durable en lien avec la métropole bordelaise, et affichait des objectifs clairs dès le départ, parmi lesquels la conciliation d’espace naturel et d’espace public, la sensibilisation à la nature en ville, la création d’un site accessible et la limitation de l’empreinte écologique des travaux d’aménagement. Une équipe multidisciplinaire fut formée et ensemble ces paysagistes, architectes et artistes conçurent cet espace de cinq hectares qui se positionne « entre nature et culture ».

Une plaque qui commémore l'inauguration du site, une belle carte bien détaillée du lieu, et le chemin de promenade.
Confirmation : la culture y est bien présente. À titre d’exemple, chaque banc est une pièce unique et doté d’un panneau qui renseigne le nom de l’artiste-concepteur et le titre de l’œuvre. Citons le très minimaliste « Fauteuil sequoia » imaginé par José Le Piez et la « Causeuse face à face » de Laurent Graciano qui permet à deux personnes de causer, assises face à face dans des creux prévus pour fessiers et jambes.   


Passons sans transition du bois aux métaux pour évoquer toute une série d’œuvres créées par François Viguera positionnées le long de la promenade. Elles représentent différents animaux (un écureuil, une chouette, un escargot, un crapaud) et sont fabriquées entièrement en boîtes et conteneurs recyclés. On y aperçoit quelques logos (Total, Yacco…) qui rappellent les vies antérieures de ces matières premières. Les poubelles disposées dans le bois sont, elles, faites à base d’anciens bidons de pétrole.


Le bois du Bouscat accueille des promeneurs mais déploie également de nombreuses initiatives afin que l’espace devienne un lieu de rencontre et de création. L’exemple le plus frappant est celui de la « ruche collective », déclinaison mielleuse du concept des jardins partagés ! Un apiculteur encadre des bénévoles sur toutes les étapes de son activité, depuis la construction des ruches jusqu’à la récolte du miel.


Plus terre à terre, des éco-toilettes sèches permettent aux apiculteurs en herbe et promeneurs cultivés de satisfaire leurs besoins naturels. Avant de s’y engager, un panneau explicatif précise que ces toilettes publiques « utilisent la technique du lombricompostage permettant d'économiser les ressources en eau potable et les traitements d'effluents ». Grâce au travail de tous ces vers, on en sort non seulement soulagé mais également avec la conscience tranquille.


Cerise sur le gâteau : la vue quasi-panoramique sur l’hippodrome depuis cet endroit insolite pour une balade dans les bois. Comme en témoignent les visages souriants rencontrés sur mon parcours, dont une dame en fauteuil roulant démontrant ainsi l’accessibilité du bois pour tous, la municipalité a signé une belle réussite en transformant le bois de l’Hippodrome en bois du Bouscat.

L'hippodrome et ses gradins. Du côté droit, les tours de la cité Lyautey.
> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Bois du Bouscat, Avenue de l'Hippodrome, Le Bouscat 
> Blog dédié : boisdelhippodrome.wordpress.com
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Vidéos pour en savoir plus :

Présentation du Bois du Bouscat


La Ruche Collective

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Et voici une belle découverte audio en compagnie du Club Radio Ricochet en collaboration avec nos amis de tooBordo !

Nous sommes au Bouscat et, tout près de la ligne de chemin de fer qui relie Bordeaux au Verdon-sur-Mer, on peut découvrir un lotissemen...

Nous sommes au Bouscat et, tout près de la ligne de chemin de fer qui relie Bordeaux au Verdon-sur-Mer, on peut découvrir un lotissement qui rappelle une période non si lointaine où les habitants s'entraidaient pour pouvoir construire leurs logements et créer ainsi, de toute pièce, de toutes nouvelles communautés. 

L'histoire commence dans les années 1950. À Bordeaux, ce début des Trente Glorieuses est synonyme de crise du logement. Selon l'architecte en chef de la ville d'alors, le déficit représente quelque 10 000 logements. Yves Gourribon, un enseignant de l'établissement de formation professionnelle de Blanquefort, décide de faire quelque chose. Il avait été fortement inspiré par le mouvement des « Castors » qui s'était installé à Pessac quelques années plus tôt, permettant aux résidents de construire eux-mêmes tout un lotissement dans le cadre d'une structure dite de Comité Ouvrier du Logement, où chacun s'engageait à un apport travail de 40 heures par mois jusqu'à l'achèvement des travaux ! Cette démarche fut également déployée dans le cadre d'initiatives similaires à Cenon, Mérignac et Villenave d'Ornon.

Maisons typiques du quartier Gourribon.
L'approche de Gourribon n'était pas tout à fait la même, mais s'articulait aussi autour d'une structure « bottom-up » où les futurs propriétaires se regroupaient au sein d'une société coopérative, puis dirigeaient, supervisaient et parfois contribuaient à la construction de maisons standardisées sur des parcelles nouvellement acquises. Et c'est ainsi que Gourribon fonda l'ABAP, l'Association Bouscataise d'Accès à la Propriété, qui commença à travailler en collaboration avec l'organisme Le Toit Girondin pour collecter et gérer les finances. Le concept était simple, le plus difficile allait être de convaincre les intéressés ! Des réunions eurent lieu, des dépliants d'information furent distribués et Gourribon réussit son pari : 60 « coopérateurs » s'engagèrent sur la première vague du projet, reversant dès le départ des mensualités d'environ 10 000 francs (soit environ 215 euros selon ce convertisseur en ligne) et ce sur une période de 30 ans.
La maison d'Yves Gourribon était
l'une des premières construites.
Le portail et le grillage sont d'origine !

Le projet de Gourribon était désormais lancé et l'ABAP fit l'acquisition d'un grand terrain au Bouscat, vide à l'exception d'une maison bourgeoise (qui fut démolie quelques années plus tard lorsque le dernier propriétaire décéda). La zone était principalement constituée de viviers et de marécages alimentés par un ruisseau, le Limancet, qui coulait au milieu - il fut bientôt canalisé sous terre et détourné autour de la zone qui accueillait le nouveau lotissement.

Le premier projet, connu sous le nom de lotissement des Écus, prit forme entre 1950 et 1954 et fut finalement composé de 56 maisons. Le tout nouveau quartier faisait déjà du bruit (même si, selon un observateur, « On allait à la campagne dans un coin perdu ») et Gourribon n'eut aucun problème à vendre les parcelles qui allaient former la deuxième vague de logements, le lotissement Ausone, composé de 94 maisons construites en 1956 et 1957.

Plan de situation réalisé par l'architecte Jean J. Prévôt, source : page Facebook de l'association Ricochet Facebook. Le premier lotissement des Écus se situe au sud de la rue (avenue) Ausone, le lotissement Ausone au nord.
La zone en 1956 : le lotissement Écus est en place, le lotissement Ausone prend forme. Source : le site IGN Remonter le Temps.
Le quartier aujourd'hui tel qu'il est visible sur GoogleEarth.
Cette toute nouvelle communauté créée à l'initiative d'Yves Gourribon, qui allait être complétée plus tard par l'ajout de 26 autres maisons (le lotissement Montesquieu), se développa rapidement. Les résidents étaient, pour la plupart, de jeunes couples, souvent avec des enfants en bas âge, ayant déménagé de Bordeaux, Blanquefort, Talence, parfois d'ailleurs au Bouscat, ou encore de lieux plus éloignés tels que Macau dans le Médoc. Les enfants étaient dans leur élément et investirent notamment la place centrale (dite « la place ») - pour beaucoup les jours passés à jouer sur la place restent les meilleurs jours de leur vie. Symboliquement, la place, qui s'appelait à l'origine place de Chébli, puis place JF Kennedy, est maintenant connue sous le nom de place Gourribon, en souvenir de l'homme qui en fut à l'origine mais qui mourut dans un accident de vélo en mai 1981 le jour où François Mitterrand fut élu président de la République.
Place Yves-Gourribon, fabricant de souvenirs d'enfance.
Toutes ces maisons jumelles à un étage furent conçues par un architecte local du nom de Jean J. Prévôt et étaient toutes identiques à l'exception d'une poignée de maisons d'angle légèrement plus grandes (et plus chères), destinées à des familles nombreuses. Au rez-de-chaussée on trouvait (on trouve...) une salle à vivre traversant (salon / salle à manger ; une arche entre les deux était en option) avec une cuisine séparée qui donnait sur le jardin, ainsi que les toilettes et un accès au garage... qui était rarement utilisé pour garer les voitures, mais plutôt comme un espace de stockage ou de buanderie ! À l'étage : trois chambres et une salle de bains, cette dernière étant encore une relative nouveauté à une époque qui annonçait plus ou moins le début de la fin des bains-douches publics.

Parmi les autres caractéristiques notables, citons l'utilisation généralisée du parquet en pin et une cheminée que la plupart choisissaient de ne pas utiliser car il était souvent difficile d'évacuer la fumée (les résidents optaient plutôt pour des poêles au charbon ou au gaz, ou même un système ultra-moderne de chauffage central). Chaque maison était également dotée d'une casquette au-dessus de la porte d'entrée, soutenue par une rangée de trois colonnes verticales.
Une porte d'entrée avec sa casquette et ses trois colonnes.
Au fil des années, de nombreuses maisons ont été agrandies ou considérablement modifiées et rénovées, mais dans la plupart des cas elles restent facilement reconnaissables avec beaucoup d'éléments d'origine encore visibles, jusqu'aux volets pliants par rabattement que l'on aperçoit sur bien des maisons ! Selon un riverain, les maisons étaient « des constructions solides et durables, et nous avons connu très peu de problèmes au fil des années ».
Volets pliants venus tout droit des années 1950.
Au cœur de ce nouveau quartier se trouvait également une salle polyvalente qui servait de bureau, de bibliothèque et de salle de fêtes (où furent célébrés plusieurs mariages). Il y avait même un téléphone public où les usagers payaient librement ce qu'ils devaient pour chaque appel, mais ce service fut abandonné quand il apparut à plusieurs reprises que les revenus ne correspondaient pas forcément au coût des appels sortants ! Pendant l'âge d'or du quartier, l'association ABAP se diversifia au-delà des tâches purement administratives et proposait des achats groupés de consommables ou d'électroménager, des sorties culturelles et même des voyages collectifs en France et ailleurs.

Mais les temps ont lentement changé et la salle polyvalente, de moins en moins utilisée, fut finalement démolie. Au bout d'une trentaine d'années, l'ABAP n'avait plus lieu d'être car les paiements mensuels des résidents avaient cessé, et en 1983, elle se redéfinit comme l'Association Bouscataise d'Activités Polyvalentes, avant d'être dissoute en 1990. Entre-temps, en 1983, une autre association fut créée, l'AQAEB (Association Quartier Ausone / Écus du Bouscat), dans un premier temps pour défendre les droits des riverains. Elle a progressivement pris le relais du rôle culturel détenu auparavant par l'ABAP, et l'AQAEB continue encore aujourd'hui à organiser un riche programme d'activités, allant des cours d'informatique et de scrapbooking, aux sorties culturelles.

Certaines maisons n'ont guère évolué depuis les années 1950...
... alors que d'autres ont connu d'importantes transformations !
À présent, les « coopérants » d'origine sont devenus des propriétaires à part entière, beaucoup de maisons ont changé de mains à plusieurs reprises, le sentiment d'être « à la campagne » a disparu avec la croissance de la métropole tout autour, et la place centrale n'est plus le centre de gravité pour les jeunes enfants qu'elle était autrefois. Mais lorsqu'on apprend l'histoire qui accompagne la découverte de ce quartier, on repart inévitablement avec le sentiment que l'on peut faire tellement plus ensemble que tout seul, et qu'un réel esprit de communauté à l'ancienne sera toujours plus fort lorsqu'il est à l'initiative des habitants eux-mêmes plutôt que dicté par des autorités locales ou des promoteurs immobiliers.

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Gourribon housing estate, rue Ausone, Le Bouscat.
> Cet article est entièrement basé sur une visite guidée organisée il y a quelques semaines par l'
association Ricochet (dirigée par Damien Guiraud) en collaboration avec l'association Pétronille. Le récit est ainsi celui de Laurent Péradon de Pétronille qui a pu puiser dans les archives de l'AQAEB et s'appuyer sur les témoignages d'habitants du quartier dont notamment Guy Saint Martin (qui faisait partie de la deuxième vague de coopérants). Un grand merci à tous ces acteurs pour cette belle découverte !
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Vous avez sans doute déjà parcouru la première sélection Invisible Bordeaux d'horloges à retrouver à travers la ville de Bordeaux . M...

Vous avez sans doute déjà parcouru la première sélection Invisible Bordeaux d'horloges à retrouver à travers la ville de Bordeaux. Mais il y en a bien d'autres, en commençant par celle-ci, du côté de la barrière Saint-Genès.
L'établissement à l'angle de ce grand carrefour doit son nom à ce petit cadran blanc : il s'agit du Café de l'Horloge.
Sur la façade principale de la gare Saint-Jean on peut admirer trois horloges identiques. Fort heureusement, elles sont toutes bien réglées. 
Depuis les quais, deux horloges imposantes rythment le quotidien des passagers et des cheminots.
Dans le grand hall d'attente, cette horloge Bodet particulièrement minimaliste permet aux passagers de chronométrer leurs mouvements à la seconde près.
Une autre horloge Bodet est à voir sur le cours Victor-Hugo, sur l'immeuble dit "la Maison Dorée" où on trouve désormais un Carrefour Market.
C'est une autre Bodet que l'on peut observer sur le palais de Justice sur la place de la République. L'horloge est actuellement hors service.
Une autre horloge, un autre palais ! Cette fois nous sommes devant le palais Rohan, l'hôtel de ville de Bordeaux.
Cette curieuse horloge se trouve tout en haut de l'immeuble Caisse d'Épargne de la place Paul-Doumer.
Encore du minimalisme, poussé à l'extrême à l'angle de l'immeuble de la Bourse du Travail sur le cours Aristide-Briand, où le temps s'est momentanément arrêté...
Également hors service : cette horloge à voir sur la façade de la bibliothèque située face au marché des Capucins.
Une autre horloge qui n'avance plus : celle de l'église Sainte-Eulalie.
Un bâtiment si original se devait d'avoir une horloge tout aussi originale ! Nous sommes devant la maison cantonale du quartier de la Bastide.
Les flèches jumelles de l'église Sacré-Cœur ont chacune leur horloge. Le curieux cadran à 24 heures était destiné à l'origine aux cheminots habitant le quartier afin qu'ils puissent savoir instantanément si on était matin, après-midi ou soir. Cette horloge, qui a déjà connu son heure de gloire sur le blog, fonctionne parfaitement : il était 09h10 lors de mon passage.
Mais finissons notre parcours sur la place Stalingrad en souvenir de l'horloge disparue de l'ancien music-hall Alcazar (visible en bas dans une photo datant du début du 20e siècle).
Toutes ces magnifiques horloges sont également à retrouver dans ce modeste clip vidéo. Bon visionnage !
 
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Scénario catastrophe : vous êtes à Bordeaux, fatigué voire jetlagué, vous êtes parti sans montre ou téléphone portable, et il n'y a p...

Scénario catastrophe : vous êtes à Bordeaux, fatigué voire jetlagué, vous êtes parti sans montre ou téléphone portable, et il n'y a personne dans les rues pour vous donner l'heure. Fort heureusement, il y a des horloges ! De plus, il y a de nombreuses horloges à Bordeaux et l'heure est venue de partir à leur découverte ! 

Sans doute la plus célèbre des horloges de Bordeaux, celle-ci se trouve sur la façade sud de la Porte Saint-Éloi sous la Grosse Cloche. Elle est accompagné de son cadran d'équation solaire, sujet d'un dossier dédié sur Invisible Bordeaux il y a quelque temps. L'horloge est bien opérationnelle par contre la fonctionnalité "date" est bloquée sur un mardi du mois de juin depuis un bon moment.
Sur la face nord de la porte Saint-Éloi on peut observer cette horloge qui propose aussi un globe indiquant les phases lunaires.
Ces deux jeux de quatre cadrans sont un point de rencontre incontournable sur la place de la Comédie !
Cette horloge pleine de couleurs se trouve du côté nord de la place de la Bourse.
Ces chiffres romains ont connu des jours meilleurs sur la Bourse Maritime.
L'horloge des Galeries Lafayette est l’œuvre de l'entreprise familiale Lussault, créée près de Poitiers et installée aujourd'hui un peu plus à l'ouest à Tiffauges.
Toujours sur la rue Sainte-Catherine, cette Rolex géante annonce l'ambiance qui doit primer dans la bijouterie Mornier.
Cette "Horlogerie d'Antan" sur le cours Maréchal-Juin a choisi un modèle moins bling-bling signé par la maison Brillié de Levallois-Perret.
Cette autre horloge Brillié (actuellement hors service) se trouve barrière de Médoc sur la façade de l'ancien bureau d'octroi.
Cette horloge (également hors service) dans l'enceinte du dépôt de bus de Lescure survivra-t-elle aux importants travaux en cours ?
Eh oui, c'est bien une horloge Siemens (ainsi que des guirlandes électriques) sur la rue Notre-Dame.
Nous sommes cours de l'Argonne devant l'ancien hôpital des enfants, et la première de trois horloges dans cette sélection signées par l'horloger bordelais Gaston Guignan (qui est également à l'origine de l'horloge à cadran à équation solaire de la porte Saint-Éloi).
Gaston Guignan a fondé son entreprise en 1850 et les horloges Guignan ont continué à être produites jusqu'en 1950. Celle-ci est à retrouver sur la façade de l'abbatiale Sainte-Croix.
Cette belle horloge Guignan domine la Place du Marché des Chartrons. 
Il reste encore quelques horloges (dont certaines très surprenantes) à découvrir dans la deuxième partie de ce dossier, disponible en cliquant ici !

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