Il reste peu de mètres carrés au Haillan qui ne soient pas occupés par des résidences, des entreprises ou des commerces. D'où mon in...

Parc du Ruisseau : le parc linéaire qui traverse tout Le Haillan


Il reste peu de mètres carrés au Haillan qui ne soient pas occupés par des résidences, des entreprises ou des commerces. D'où mon intérêt pour le projet déployé récemment par la municipalité le long du Ruisseau du Haillan visant à transformer cet espace en « parc linéaire » : voici venir le Parc du Ruisseau. 

Le parc a officiellement été inauguré fin 2013 et constitue un couloir de verdure long de 2,7 kilomètres à travers la ville. Le ruisseau, lui, était autrefois un maillon essentiel dans le quotidien des habitants de ces quartiers, ses eaux étaient utilisées pour les exploitations agricoles ou encore pour laver le linge. (En effet, une partie du cours d'eau portait le surnom de « Ruisseau des Blanchisseuses ».)

Le ruisseau.
Pour l'instant, le Parc du Ruisseau est peu documenté, mais avant de m'y rendre quelques recherches internet m'ont donné une idée de ce à quoi je pouvais m'attendre : 150 arbres fraichement plantés, quatre aires de jeux pour enfants, neuf squares conçus pour la détente, huit passerelles permettant de traverser le ruisseau, et beaucoup de boiseries.

Le projet était une grande fierté pour l'agence d'architecture paysagiste Sabine Haristoy, ainsi que pour la société Frepat, qui a conçu et fabriqué le mobilier en acier le long du parc. Enfin, la Mairie était également contente de cette réalisation, à l'étude depuis 2004 et mise en œuvre grâce à l'acquisition, pour des prix relativement modestes, de bouts de terrains privés. En tout, la création du parc a coûté 4,5 millions d'euros à la mairie de la ville. 

Le très discret accès principal au Parc du Ruisseau (à droite sur la photo).
J'étais donc impatient de découvrir les lieux ! Tout d'abord, il a fallu repérer l'accès depuis la route qui est l'artère principale du Haillan. Un plan détaillé m'a alors permis de trouver mes marques. Aux côtés des symboles traditionnels, quelques points d'interrogation énigmatiques indiquaient des points qui étaient « à découvrir ». De quoi s'agissait-il ?

Le plan, comprenant bon nombre d'énigmatiques points d'interrogation.
J'ai emprunté le sentier et, un peu plus loin, me suis trouvé à l'ombre d'une grande résidence. Près de l'immeuble, j'ai pu admirer une aire de jeux très minimaliste : la seule activité disponible aux enfants est un genre de poisson volant monté sur ressort. Je me suis demandé si parfois les enfants faisaient patiemment la queue ici dans l'attente de deux minutes de plaisir intense à bord de ce miracle de la technologie.

Une personne à la fois s'il vous plaît. L'aire de jeux d'enfants particulièrement minimaliste.
Quelques mètres plus loin me voilà au cœur d'une petite clairière dotée de bancs, une « boîte à lire », une maison d'insectes et des panneaux en forme de cubes comprenant des informations complètes sur la faune et la flore (un des points « à découvrir » du plan à l'entrée). De jeunes arbres prennent forme non loin de là, près d'un grand composteur. À partir d'ici nous sommes bien dans un environnement rural et non urbain : les jardins qui donnent sur le chemin sont de véritables potagers et le bruit ambiant est celui de poules et non de voitures.


Soudain, le parc bascule en mode « exotique » ! Je me retrouve sur une promenade en bois bordée par de grandes pousses de bambou ; il ne manque que deux pandas pour compléter le tableau. Le point d'intérêt suivant est une nouvelle aire de jeux pour enfants, qui est cette fois-ci bien plus importante que la première et comprend de nombreux jeux en bois. Entre les formes abstraites et quasi-aléatoires, je repère néanmoins des balançoires à l'ancienne.


J'avance vers une zone dite « le Jardin des Senteurs » où se trouve un nouveau point à découvrir : une cressonnière, à savoir un large réservoir utilisé par le passé pour cultiver du cresson officinal entre les mois de septembre et de mai. Comme les autres produits locaux, le cresson était habituellement transporté à bord de charrettes jusqu'au centre de Bordeaux pour être vendu au Marché des Capucins.


Preuve que les métiers agricoles sont encore d'actualité au Haillan : le sentier passe alors à côté de la Ferme du Ruisseau, ouvert au grand public pour la vente directe de légumes. On peut y voir une petite écluse en métal (il y en a plusieurs le long du ruisseau), utilisée par les agriculteurs pour réguler et dévier le cours d'eau selon leurs besoins.


Et nous voilà sur la dernière partie de la balade et l'ultime point « à découvrir » promis par le plan : une borne seigneuriale ou borne de juridiction, positionnée près d'ici en 1767 (et déplacée en 2013 lors de la création du parc). Plusieurs de ces bornes se trouvent aux alentours de Bordeaux. Elles matérialisaient autrefois les limites des banlieues du Port de la Lune. Sur une face de la borne, qui mesure 1m50, on peut voir l'inscription « THIL », en référence à une seigneurie d'Eysines qui contrôlait les terres. Sur une autre face on aperçoit les trois croissants qui allaient évoluer et fusionner pour devenir l'emblème de la ville de Bordeaux.


Quittant les lieux j'avais encore l'impression d'avoir vécu de l'intérieur l'un des secrets les mieux gardés de la métropole bordelaise. Lors de la balade, je n'ai croisé que deux autres personnes, toutes deux en train de promener leurs chiens. Pourquoi un tel manque de visibilité ? Peut-être que le parc devrait être mieux indiqué depuis la route principale. Ou la municipalité patiente-t-elle en attendant que les jeunes arbres poussent, afin de promouvoir un lieu plus abouti ? Ou alors le lieu demeure-t-il confidentiel car les riverains qui ont cédé des bouts de terrain ont désormais du mal à accepter les promeneurs à quelques mètres de leurs propriétés ? Si c'est le cas, cela pourrait expliquer pourquoi le lieu reste si bien caché.

En tout cas, le Parc du Ruisseau mérite le détour et, surtout, cela m'a donné envie de cultiver du cresson.

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