Il y aura bientôt deux nouvelles opportunités de voir ou revoir le spectacle musical d'Invisible Bordeaux, le Shuman Show ! Rendez-v...


Il y aura bientôt deux nouvelles opportunités de voir ou revoir le spectacle musical d'Invisible Bordeaux, le Shuman Show ! Rendez-vous donc au Comptoir de l'Ubiquiste sur les quais de la Garonne le vendredi 14 juin, puis à Paul's Place dans le quartier des Chartrons le vendredi 5 juillet !

Les lecteurs habitués du blog auront déjà entendu parler du Shuman Show, un récit musical qui revient sur la vie et l’œuvre d'un grand monsieur de la chanson : Mort Shuman. Dans le cadre du Shuman Show, d'une durée de 75 minutes, chansons et anecdotes se succèdent afin de mieux comprendre le personnage et son héritage musical. Le Shuman Show propose surtout un bon moment !

Le Comptoir de l'Ubiquiste et Paul's Place sont tous les deux des cadres parfaits pour voir et écouter le Shuman Show... et proposent de quoi se restaurer afin que la soirée soit parfaite. Au plaisir de vous y voir !


Informations complètes :
> Vendredi 14 juin à 20h30, Le Comptoir de l'Ubiquiste
 39 quai Bacalan (Tram B - Les Hangars).
Entrée libre, bières vins, tapas... mets et breuvages locaux.
[Page événement Facebook ici]
> Vendredi 5 juillet, 20h30, Paul's Place
 76 rue Notre-Dame (Tram B - Chartrons ou Tram C - Paul-Doumer).
Entrée libre, réservations dîner via l'adresse paulsplacebordeaux@gmail.com
[Page événement Facebook ici]

Le cinquième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible, et j'espère que vous êtes particulièrement ...


Le cinquième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible, et j'espère que vous êtes particulièrement bien assis car ce numéro est le premier en anglais ! Hourra ! C'est donc par ici pour cet entretien exclusif avec l'Australien le plus célèbre de Bordeaux, Mike Foster, créateur du blog et de la communauté des Bordeaux Expats.

Ensemble nous abordons la philosophie des Bordeaux Expats, nous revenons sur son arrivée à Bordeaux depuis Sydney via Londres, et nous échangeons autour de Bordeaux mais aussi de Saint-André-de-Cubzac, commune connue pour être le lieu de naissance du Commandant Cousteau et accessoirement la ville où Mike a aujourd'hui élu domicile.

Vous pouvez l'écouter via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Et, plus bas sur cette page, retrouvez tous les liens qui vous permettront de tout savoir sur Bordeaux Expats. Bonne écoute !



Vous retrouverez les Bordeaux Expats ici :
> Blog Bordeaux Expats : bordeauxexpats.com
> Chaîne Youtube Bordeaux Expats

Lors du podcast, Mike parle des vidéos réalisées avec Derek Rose. Voici un de ces clips : 


Cliquez ici en cas de problème d'affichage.

Enfin, ci-dessous vous pouvez admirer l'hommage au Commandant Cousteau situé sur un giratoire dans la commune de Saint-André-de-Cubzac, sujet évoqué également dans le podcast. Pour l'histoire qui va avec, consultez l'article Invisible Bordeaux (également en anglais) disponible ici.   


La rue de la Rousselle, qui relie le cours d’Alsace-et-Lorraine au cours Victor-Hugo, est l’une des plus jolies petites rues du vieux B...

La rue de la Rousselle, qui relie le cours d’Alsace-et-Lorraine au cours Victor-Hugo, est l’une des plus jolies petites rues du vieux Bordeaux. En fait, elle est tellement pittoresque qu’elle a servi de décor à de nombreuses scènes de films tournés dans la ville, y compris des productions récentes telles que 2 Automnes 3 Hivers (sorti en 2013), Compte tes blessures (2016) et Le vice caché des Navajos (également 2016).

On trouve aussi sur la rue de la Rousselle l'une des plus fortes concentrations de « ghost signs », ces vielles publicités et enseignes peintes à la main qui sont un thème récurrent sur le blog Invisible Bordeaux. Mais combien de ces enseignes sont réelles et combien sont des restes de décors de films ?

Le point de départ de cette énigme a été la découverte de l'enseigne « Steenvoorde » au-dessus de ce qui semble être un garage. Avec un peu d’aide de correspondants sur les réseaux sociaux, il a été rapidement établi que Steenvoorde était bien une entreprise du monde réel (et, qui plus est, le nom d'une ville du nord de la France), plus précisément une entreprise laitière fondée en 1911, qui a changé son nom en Stenval dans les années 1960 avant d'être repris par le groupe Gervais / Danone. Bien que la plupart des activités de la société d’origine aient progressivement fusionné avec la production de Danone, le site d’origine continue de produire du lait pour bébé sous la marque Blédina.


Grâce à une rencontre fortuite sur place, le propriétaire de l'immeuble lui-même m'a confirmé qu'il s'agissait bien d'une véritable enseigne et que, lorsqu'il a acquis l'immeuble il y a plusieurs années, le rez-de-chaussée était encore un dépôt de lait et de fromage. Il a aussi ajouté que les visiteurs du nord de la France étaient généralement ravis de repérer le nom Steenvoorde au-dessus de cette porte, car cela leur rappelait « leur chez eux et de bons souvenirs d'une époque lointaine ».

Mon nouveau consultant personnel croyait également que l’une des plus célèbres vieilles enseignes de Bordeaux, qui annonce le « Dépôt des biscuits Léon », était également authentique, tout en pensant que le signe avait été restauré ces dernières années. (Ceci se confirme en parcourant les archives du blog.) Bien qu'une recherche Google des « Biscuits Léon » n'ait donné aucun résultat, heureusement d'autres connaissances sur les réseaux sociaux ont pu confirmer que la maison Léon a bel et bien existé. Réputée, d'après ses réclames, pour ses petits beurres et ses gaufrettes vanille, les « Biscuits Léon de Paris » avaient en réalité comme ville d'attache Maisons-Alfort (aujourd'hui en Val-de-Marne). 

Les gardiens de ponctuation remarqueront que les guillemets sont ouverts devant le nom Léon, mais ne figurent pas après.
En regardant de plus près, on remarque que la dernière couche de peinture est encore relativement jeune.
Source : delcampe.net (merci Rosine).

Un peu plus loin dans la rue, il est fort probable que cette enseigne soit tout à fait réelle, en remarquant l'usure des années. Les lettres que l'on perçoit au-dessus des fenêtres forment l'inscription « Entrepôts J-E Bonnel & Cie », tandis que deux panneaux verticaux indiquent « Transit » et « Camionnage ». Bonnel & Compagnie fournissait donc des prestations de transport et de manutention.


Les deux commerces suivants pourraient bien être des œuvres de fiction. Le premier est un cordonnier qui se présente également comme un « spécialiste lacets », opérant sous le charmant nom de « Aux Galoches Réunies » (dans la version anglaise de ce dossier, j'ai proposé comme traduction le très footballistique « Shoes United »... difficile d'y intégrer le double sens du mot galoche !). Le second est le coiffeur Antonio Martinez, où l'enseigne en papier adhésif a connu des jours meilleurs. Bien que ce nom ait résisté jusqu'en 2019, il semble qu'il ne tienne plus qu'à un fil... ou à un cheveu ! 


Vient ensuite le plus photogénique de tous, un établissement baptisé « Café Cardinal », qui fournissait également du bois de chauffage et du charbon, et dont le propriétaire était un certain E. Vaton. Mon correspondant Steenvoorde était convaincu qu'il s'agissait vraiment d'un café dans une vie passée mais que l'enseigne peinte est un ajout récent. Encore une fois, tout cela est très difficile à vérifier. Quoi qu’il en soit, il existe deux certitudes : aujourd’hui, le « café » est une maison particulière et, comme le rappelle une plaque murale, il est situé à l’endroit même où Michel Montaigne, le célèbre et influent penseur du XVIe siècle ainsi que maire de Bordeaux, a vécu avec sa famille.


Enfin, du côté d’une petite place où la rue de la Rousselle rejoint la rue du Puits-Descazeaux, il serait formidable de se dire que ce panneau en imitation marbre annonçant « Service départemental, Architecture » remonterait à l’époque gallo-romaine. C’est bien sûr un ajout bien plus récent qui a marqué l'arrivée dans cet immeuble d'un cabinet d'architectes. Les architectes ont désormais quitté le lieux et cette partie de l'immeuble est maintenant une crèche d'entreprise !


Cette modeste enquête comporte donc quelques questions ouvertes et des mystères non résolus, combinés à quelques réelles traces du passé. Mais cet article ne demande qu'à évoluer au fil du temps sur la base des retours de lecteurs. Contactez-moi si je suis passé à côté d'informations essentielles, ou si vous avez gardé des souvenirs de votre café quotidien au Café Cardinal, ou encore si vous pouvez m'aider à faire la part du vrai et du faux, et à identifier les enseignes conçues simplement pour le grand écran ! À suivre ?...

> Localisez sur la carte Invisible Bordeaux : rue de la Rousselle, Bordeaux
> Un grand merci à l'auteure Sophie Poirier qui a soulevé ce sujet des vraies / fausses enseignes sur la rue de la Rousselle, à Tobye du côté d'Instagram qui m'a mis sur la bonne piste par rapport à Steenvoorde, à Rosine Duet pour les informations sur les Biscuits Léon, et surtout à Jérôme Mabon de l'excellent site États Critiques (fortement conseillé aux cinéphiles bordelais !), qui a identifié et visionné les films cités dans l'article...  même si les mystères demeurent !

Nous voici en mode bande annonce, car sachez qu'en juin 2020, 3 500 concurrents de 45 pays et 40 000 spectateurs débarqueront à B...


Nous voici en mode bande annonce, car sachez qu'en juin 2020, 3 500 concurrents de 45 pays et 40 000 spectateurs débarqueront à Bordeaux pour la RoboCup, la coupe du monde annuelle de football robotique, qui se tiendra au Parc des Expositions, dans le quartier du Lac au nord de la ville. Cela devrait être un grand moment !

Alors, de quoi s'agit-il ? Au milieu des années 90, le scientifique japonais Hiroaki Kitano a identifié un véritable "défi du XXIe siècle" pour prendre la suite des légendaires parties d'échecs opposant l'ordinateur Deep Blue à Garry Kasparov en 1996 et 1997. Kitano avait lancé l'idée qu'à l'horizon 2050, une équipe de robots serait en mesure d'affronter et de vaincre les champions du monde humains dans un match de football. Le tournoi RoboCup était né et l’événement de l’année prochaine à Bordeaux sera le 24e du genre. Et, chaque année, les robots deviennent de plus en plus polyvalents, rapides, précis et puissants.

Bien entendu, ce qui peut sembler être une simple activité insolite consistant à regarder des robots visant à placer un ballon dans des cages a des implications bien plus profondes : RoboCup est en fait une compétition de haut niveau qui met en œuvre des expertises avancées en matière de robotique et d'intelligence artificielle (IA). Le football représente une mise en pratique particulièrement exigeante, incluant des événements, des combinaisons et des variables illimitées qui rendent cette discipline beaucoup plus difficile et complexe que les mouvements d’échecs bidimensionnels mis au point par Deep Blue ! Qui plus est, les capacités d'IA et de robotique testées lors de ces événements ont d'innombrables applications potentielles dans le monde réel, allant de la santé aux opérations de sauvetage.


Par conséquent, au cours des sept jours de l’événement de juin 2020 à Bordeaux, au-delà des tournois de football qui se déroulent dans diverses catégories (humanoïde, standard, moyenne et petite tailles, et simulations), de nombreux concours sont organisés dans les domaines de la robotique domestique, du sauvetage et des applications industrielles. Des tournois juniors seront également organisés dans la plupart de ces disciplines. Tout au long de l’événement, les visiteurs pourront également découvrir un vaste espace d’exposition et un programme riche de conférences.

Cet événement est piloté par l'Université de Bordeaux en partenariat étroit avec la région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole, et les organisateurs misent sur une victoire à domicile : en effet, Olivier Ly, maître de conférence à l'Université de Bordeaux et l'un des principaux membres du comité de pilotage de l'organisation, a déjà conduit son équipe « Rhoban » à la victoire dans différentes catégories en 2016, 2017 et 2018. Il ambitionne de répéter cela lors de l'événement de cette année à Sydney… qui ouvrirait alors la voie vers un cinquième titre en France en 2020 !

C’est donc amusant et fascinant sur le plan technique, mais le soccer robotique est-il aussi passionnant qu’un véritable sport ? À en juger par les vidéos présentées par l’équipe RoboCup lors d’un événement auquel j’ai assisté visant à présenter l’événement à la presse et aux partenaires, les matches entre robots humanoïdes ressemblent un peu à des parties de foot au ralenti, bien qu’il y ait une vraie montée d’adrénaline quand une équipe est sur le point de marquer, et que le ballon est soit paré par un gardien robot en mode plongeon, soit dépasse la ligne de but. Cependant, d'autres vidéos ont montré des robots de petite taille, ressemblant à des aspirateurs automatiques et qui défilent sur le terrain à toute vitesse ; ces engins imparables pourraient certainement déjà concurrencer leurs homologues humains... comme quoi ce rêve d'une victoire espérée en 2050 n'est certainement pas si farfelue qu'il n'y paraît !

> Site internet officiel RoboCup France, comprenant divers renseignements sur l'événement de 2020 : www.robocup.fr
> Extraits en vidéo d'un match de 2018 opposant l'équipe française Rhoban et l'équipe MRL d'Iran :

Le quatrième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Cette fois-ci, nous partons à la renco...


Le quatrième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Cette fois-ci, nous partons à la rencontre de Deux Degrés, créateurs du guide jouable Bordeaux Safari, qui a été la vedette d’une aventure sur le blog il y a quelque temps et dont la deuxième édition est récemment parue.

Mais, comme nous allons le découvrir, en parallèle le concept Safari s’est étendu à d’autres villes (dont Nantes Safari ces derniers jours) et, de plus, Deux Degrés est non seulement une maison d’édition mais aussi une véritable « agence de médiation » tissant des liens entre institutionnels, usagers, les modes de vie et les territoires. Pour les explications de texte, la parole est donnée à Gabriel Bord, urbaniste, et Julianne Huon, designer, tous deux chargés de projets de Deux Degrés (respectivement cinquième et troisième en partant de la gauche sur la photo ci-dessus).

Vous pouvez l'écouter via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Et, plus bas sur cette page, retrouvez tous les liens qui vous permettront de tout savoir sur Deux Degrés. Bonne écoute !


Pour tout savoir sur Deux Degrés :
> Site internet : www.deuxdegres.net
> Sur les réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Instagram
> Les réalisations de Deux Degrés éditions : http://boutique.deuxdegres.net/index.php 

Il y a quelques mois, le Bordeaux Invisible a publié deux photo-reportages recensant bon nombre d'horloges à découvrir à travers la ...


Il y a quelques mois, le Bordeaux Invisible a publié deux photo-reportages recensant bon nombre d'horloges à découvrir à travers la ville (dossiers à retrouver ici et ici). Bien entendu, la sélection n'était pas exhaustive, donc le temps est venu pour que de nouvelles horloges puissent connaître, elles aussi, leur quart d'heure de célébrité. C'est donc par ici pour le chapitre 3 !

Les anciens abattoirs de la ville, situés quai de Paludate, ont été inaugurés en 1938. Désormais métamorphosé en "food court" La Boca, le bâtiment a gardé ses affichages de cours du marché ainsi que son horloge, qui a bénéficié d'un sacré coup de jeune ! 
 
Cette horloge colorée (et étoilée au niveau de chaque chiffre) se trouve en trois exemplaires sur le clocher de l'église Saint-Bruno, situé entre le quartier Mériadeck et le cimetière de la Chartreuse.
Ce joli modèle est à découvrir dans le Passage Sarget, passage couvert du 19e siècle entre le cours de l'Intendance et la place du Chapelet. Affichée comme étant "électrique", l'horloge est signée Paul Garnier (en réalité Jean-Paul Garnier), dont les réalisations principales se trouvent dans des gares ferroviaires en France et, plus surpenant, en Roumanie.
Cette horloge est visible sur le côté d’un immeuble vers les Bassins à Flot. L'ambiance maritime du quartier a dû plaire à l’horloger Henry Lepaute, lui qui était également ingénieur-mécanicien spécialisé dans les phares. Horloge actuellement hors service.
Dans un angle de la place Puy-Paulin on peut observer cette horloge à deux faces du fabricant Pilon. En parcourant le site internet du bistrot situé au rez-de-chaussée, le Puy Paulin, on constate que cette horloge est même évoquée dans le logo de l'établissement.
La basilique Saint-Michel a beau être l’un des plus grands lieux de culte de Bordeaux, elle comporte une horloge relativement petite. Nous avons rencontré l'horloger Guignan lors des précédents articles : Gaston Guignan a fondé son entreprise en 1850 et les horloges Guignan ont continué à être produites jusqu'en 1950. 
Cet autre modèle (identique ?) signé Guignan peut être aperçu de loin dans l'enceinte des négociants Lucien Bernard dans le quartier Belcier (désormais Euratlantique ? ) non loin de la gare Saint-Jean. Actuellement hors service.
Les étudiants du lycée Montesquieu près de Jardin Public n’ont pas besoin de consulter leur téléphone portable pour connaître l’heure, car cette horloge fait très bien l'affaire. Fait intéressant, le nom de l'école est inscrit sur le cadran d'horloge.
Véritable quatre-quarts temporel, cette horloge, actuellement hors service, est à retrouver sur la façade de l'église Saint-Martial dans le quartier des Chartrons. Comme d'autres horloges repérées dans les chapitres 1 et 2, elle porte la signature de Brillié, horloger de Levallois-Perret en région parisienne.
Cette horloge à deux faces se trouve dans la galerie Tatry, toujours dans le quartier des Chartrons et, elle aussi, est actuellement HS. Bien qu’elle soit à l’abri, elle semble être devenue un lieu de passage incontournable pour oiseaux...
Voici une horloge qui n'a jamais fonctionnée, bloquée à tout jamais sur trois heures ! Ce bas-relief se trouve rue de Grassi, à deux pas du théâtre Fémina. Explication dans le Nouveau Viographe de Bordeaux de Robert Coustet : « En 1877, l'architecte Jean-Jacques Valleton construisit pour le sieur Bonneval une salle de ventes publiques. De somptueux panneaux regroupent le bric-à-brac des objets rares et précieux offerts à la convoitise des acheteurs (pendules, bougeoirs, lampes à pétrole, urnes, cadres, argenterie, vaisselle, etc.). » À découvrir !
Nous terminons cette balade avec ce cadran solaire peint à la main, daté de 1990, sur le flanc sud-est d'un immeuble de la rue du Puits-Descazeaux (l'espace porte même le nom officieux de place Raymond-Colom). Comme vous pouvez le constater, compte tenu de son exposition, le cadran solaire n’est opérationnel que jusqu'en début d'après-midi ! Quand j’y étais par un jour ensoleillé de février, c’était plutôt 11 h 30, et non 10 h 30 comme il est affiché. Par déduction, on comprend que la personne qui a conçu le cadran solaire a choisi de privilégier l'heure d'été !

> Cliquez ici pour les chapitre 1 et chapitre 2 des horloges de Bordeaux !
> Un grand merci à Philippe Billé et Conchi d'avoir repéré quelques horloges qui figurent ici !
> This article is also available in English! 
> Toutes ces magnifiques horloges sont également à retrouver dans ce modeste clip vidéo. Bon visionnage !

Après dix ans de travaux, le Muséum de Bordeaux - Sciences et Nature a ré-ouvert ses portes au grand public au mois de mars 2019. E...


Après dix ans de travaux, le Muséum de Bordeaux - Sciences et Nature a ré-ouvert ses portes au grand public au mois de mars 2019. Et le Bordeaux Invisible a eu l’immense privilège de découvrir les lieux en avant-première. Suivez-moi pour cette visite inédite !

La renaissance du Muséum est le dernier chapitre en date d’une longue histoire qui remonte à la fin du 18e siècle, époque à laquelle deux illustres Bordelais – le professeur Latapie et l’armateur Bernard Journu-Auber – firent don de leurs collections personnelles à condition que les spécimens soient exposés au public. La ville a tenu ses engagements, d’abord dans les murs de l’ancien hôtel de l’Académie sur la place Bardineau, avant d’investir cet ancien hôtel particulier, l’hôtel de Lislefarme, dans l’enceinte du Jardin Public. Et c’est là que se trouve le Muséum depuis son déménagement en 1862, et où les collections se sont étoffées au fil des années.


Retour au début du XXIe siècle, époque à laquelle les locaux vieillissants n’étaient plus adaptés. La décision a donc été prise de rénover et d’agrandir le musée afin de répondre aux nouvelles normes de sécurité pour les personnes et les collections tout en optimisant les qualités environnementales du bâtiment, de pouvoir accueillir le public dans des conditions de confort et d'accessibilité optimales, et de renouveler le parcours sous l'angle de nouveaux centres d'intérêt du public. Afin d'y parvenir, le projet s'est appuyé sur les talents respectifs de l'architecte Sébastien Loiseau et de son agence Basalt Architecture, des architectes d'intérieur franco-allemands Die Werft, de l'agence bordelaise de graphisme Studio Kubik, des spécialistes du multimédia Drôle de Trame et de l'agence d'interaction numérique Opixido.

Cet énorme chantier, évalué à un montant de 16 millions d’euros, aura finalement duré une dizaine d'années. Cela peut paraître long, mais de nombreux facteurs sont intervenus, comme me l’a expliqué Julien Diez, responsable des infrastructures multimédias et lumières, lors de ma visite : « Au-delà de la rénovation du bâtiment principal, un tout nouveau centre de conservation des collections d'une superficie de 1 000 mètres carrés a été monté de toutes pièces sur un terrain au nord de Bordeaux, près du pont d'Aquitaine. Et le seul transfert du million de spécimens qui constituent la collection d’expositions du musée a été un processus complexe, long et laborieux. »

Spécimens classés par couleur vers l'accueil du Muséum.
En outre, les travaux intérieurs sur le bâtiment principal ont également été retardés par une violente tempête de grêle en mai 2018, qui a entraîné des inondations et des dégâts importants. Ce fut un événement inattendu qui, dit Julien, « a eu un impact considérable sur le moral de l'équipe, mais tout le monde s'est rapidement mobilisé pour surmonter cet obstacle ».

À quoi peuvent s'attendre les visiteurs ? À tout moment, le musée présente environ 4 000 spécimens et, compte tenu de l'étendue de la collection complète, des séries d'expositions temporaires (d'une durée de quatre à dix mois) et semi-permanentes (d'une durée de trois à cinq ans) sont prévues sur différents thèmes, ce qui signifie qu’un parcours de visite ne sera jamais exactement deux fois pareil. La première exposition semi-permanente est axée sur le littoral aquitain et utilise des techniques modernes de mise en scène pour mettre en valeur la biodiversité régionale. 

L'exposition sur le littoral aquitain.
Au dernier étage de l'immeuble, l'impressionnante galerie Souverbie présente l'exposition permanente du Muséum, avec des vitrines hors du temps rappelant les musées d'autrefois, mais qui se combinent ici avec des jeux d'éclairage, des vidéos et des moyens multimédia de pointe qui utilisent pleinement les technologies du XXIe siècle ! Julien précise qu'en tout le Muséum compte désormais « 22 terminaux interactifs, 18 écrans vidéo et 10 stations d'écoute comprenant des contenus qui évolueront dans le temps selon les publics et les événements ».

Au cœur de la magnifique galerie Souverbie.
Des tests d'éclairage très réussis étaient en cours lors de ma visite !
De nombreuses autres innovations sont à découvrir. Marthe Spielmann, stagiaire communication digitale, m'a notamment présenté le « musée des tout-petits » au rez-de-chaussée, « où tout, en termes d'éléments de langage et de format, a été adapté aux enfants de moins de six ans, travaillant autour du thème de la naissance et de la croissance ».

Dans le musée des tout-petits !
Une autre création maison est ce que Marthe appelle un « chariot de médiateur », un système de chariot compact fabriqué sur mesure que le personnel du musée peut utiliser pour ses présentations, ateliers et démonstrations, permettant d’être beaucoup plus mobile qu’avant et de libérer davantage
Voici un chariot de médiateur !
d'espace pour l'exposition proprement dite. Un autre changement majeur qui a également libéré de l'espace est que tous les bureaux administratifs du musée ont été transférés dans le pavillon voisin ; par ricochet, presque chaque mètre carré du bâtiment principal est désormais dédié à l'expérience visiteur, optimisant ainsi l'espace d'exposition et l'accessibilité.

En fait, le Muséum a même gagné en surface en ouvrant un tout nouvel espace d'exposition de 500 mètres carrés situé en sous-sol, directement sous la terrasse située devant le bâtiment. Julien m'explique que c'est ce nouvel ensemble de salles qui « servira à l'organisation d'expositions temporaires, à commencer par un spectacle intitulé « Très Toucher » axé sur le sens du toucher, ainsi qu'une rétrospective des travaux de rénovation du Muséum. Les expositions à venir comprennent une exposition sur le rire et une exposition sur la nature sauvage d'Afrique ».

Dans le nouvel espace d'expositions temporaires au sous-sol.
D'autres innovations se trouvent en coulisses, comme l'installation d'un système de récupérateur de calories relié au réseau d'assainissement des eaux domestiques traversant le Jardin Public. Ces calories récupérées, puis régulées par des theromofrigopompes (ou pompes à chaleur) serviront autant à chauffer le bâtiment en hiver qu'à le rafraîchir en été, faisant de ce bâtiment du XVIIIe siècle l'un des endroits les plus en pointe en termes environnementaux !

Les pompes à chaleur qui servent à réguler les calories récupérées des eaux domestiques des Bordelais !
Enfin, un aspect qui m'a particulièrement frappé ces derniers mois est la manière dont le Muséum a adopté les réseaux sociaux, alimentant régulièrement ses comptes Youtube, Facebook, Instagram et Twitter de mises à jour ludiques et informatives sur le travail en cours, qu'il s'agisse de montrer exactement ce qu'il faut pour déplacer une girafe (surnommée Kailou) ou un éléphant (Miss Fanny, attraction de son vivant de la ménagerie de la foire de Bordeaux, et dont la dépouille a été achetée par la ville en 1892 suite à son décès prématuré à l'âge de 33 ans), ou des entretiens individuels avec les membres de cette « équipe fantastique » d'une vingtaine de personnes qui collabore pour apporter ce nouveau souffle au Muséum. N'hésitez pas à parcourir ces contenus en sachant que, tout comme cet article, il ne s'agit que d'une bande-annonce du Muséum lui-même !

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Muséum de Bordeaux - sciences et nature / Natural History Museum, Jardin Public, Bordeaux.
> Le Muséum est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10:30 à 17:30 (octobre > mars), 10:30-18:00 (avril > septembre).
> Entrée : 7 euros en période d'exposition temporaire (tarif réduit 4 euros), ou 5 euros hors période exposition temporaire (tarif réduit 3 euros). Entrée enfants : 3 euros en permanence.
> Un grand merci à Julien Diez et à Marthe Spielmann pour leur accueil et pour cette visite en avant-première !

> This article is also available in English!
> Il y a eu énormément d'articles et de reportages sur le Muséum ces dernières semaines, mais cette vidéo signée Bordeaux Mag sert d'excellent point de départ : 

Le troisième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Cette fois-ci, nous partons à la rencontr...

Le troisième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Cette fois-ci, nous partons à la rencontre de Mickaël Baubonne, à l'initiative de l'association Métro de Bordeaux, qui a pour objet de promouvoir la réalisation d'un réseau de métro-RER à Bordeaux à l'horizon 2030. 

Le projet vise à répondre aux problèmes de mobilité rencontrés dans la Métropole et s'appuie sur une étude précise et détaillée. Lors de cet entretien, nous abordons ensemble la faisabilité du projet, son périmètre, son calendrier et les facteurs qui le différencient du précédent projet VAL des années 80.

Vous pouvez l'écouter via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Et, plus bas sur cette page, retrouvez tous les liens qui vous permettront de tout savoir sur le projet Métro de Bordeaux. Bonne écoute !


Pour tout savoir sur le projet Métro de Bordeaux :
> Site officiel Métro de Bordeaux : www.metrobordeaux.fr
> Sur les réseaux sociaux : Twitter / Facebook

C'est en voyant un tweet publié par un certain Matt Guenoux portant sur la construction de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gau...


C'est en voyant un tweet publié par un certain Matt Guenoux portant sur la construction de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, en forme de vidéo assemblée à partir d'images disponibles sur l'excellent site Remonter le Temps de l'IGN, que je me suis dit qu'il serait intéressant de faire quelque chose de similaire pour Bordeaux. Et pour cet exercice, le quartier de Mériadeck s'est vite imposé comme le meilleur point de départ !

Voici donc le produit fini, à savoir un voyage dans le temps d'une durée d'une minute qui parcourt en photos une période de 95 ans, afin de découvrir comment les rues étroites et les échoppes de Mériadeck ont cédé la place au quartier d'affaires et administratif que l'on connaît de nos jours, évolution qui a déjà été couverte sur le blog dans le cadre d'un reportage que vous pouvez retrouver en cliquant ici. Bon visionnage et n'hésitez pas à continuer la lecture de cette page qui détaille quelques-uns de changements les plus notables à repérer. (Il vous faudra peut-être appuyer sur le bouton pause !)


1924 - L'ancien quartier résidentiel, traversé notamment en diagonal de haut en bas par la rue Dauphine, qui allait devenir rue Docteur-Charles-Nancel-Pénard (un des axes qui rejoint la place Gambetta). Parmi les lieux déjà visibles et qui le resteront au fil de ces 95 années : le cimetière de la Chartreuse et l'église Saint-Bruno à gauche, la mairie (Palais Rohan) et ses jardins légèrement à droite de l'axe central, la cathédrale Saint-André à droite, et le palais de justice en bas à droite.

1950 - Le centre de gravité est toujours le carré parfait de la place Mériadeck, lieu de vie et de rendez-vous pour les habitants du quartier.

1956 - Juste au nord de la place Mériadeck, un premier terrain s'apprête à recevoir le premier building du quartier.

1961 - La résidence du Château d'Eau fait son apparition. Il s'agira de la seule réalisation issue du premier projet d'aménagement du quartier, rapidement abandonné.

1965-66 - D'autres bâtiments ont été démolis pour libérer de nouveaux lots à proximité de la résidence du Château d'Eau. Vers le sud, la caserne des pompiers d'Ornano s'est agrandie (inauguration décembre 1966).

1967-70 - De nouveaux terrains sont désormais disponibles et le bâtiment rectangulaire de la Poste est terminé.

1973 - La place Mériadeck disparaît à tout jamais.

1976 - Toute la zone sud est un vaste chantier, les premiers immeubles d'appartements et bureaux cruciformes sont livrés dans le secteur nord-ouest, l'immeuble rond de la Caisse d’Épargne dans l'esprit du musée Guggenheim de New York prend forme, et une grande partie centrale de la rue Docteur-Charles-Nancel-Pénard appartient désormais au passé.

1979 - Parmi les nouvelles venues : le centre commercial de Mériadeck (ouverture l'année suivante), l'immeuble de la Préfecture de la Gironde et, moins visible depuis les airs, l'immeuble de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux, aujourd'hui Bordeaux Métropole).

1980 - Des passerelles relient désormais les différents secteurs sur dalle, et de nouvelles résidences cruciformes occupent le côté sud.

1984-85 - Le nouveau bâtiment en forme d'étoile ou de fleur en bas à gauche est la patinoire (et, accessoirement, salle de concert). Les arbres et les plans d’eau de l’esplanade centrale sont clairement visibles. Un peu plus loin à l’est, juste au nord de la place Pey-Berland, la résidence et centre commercial Saint-Christoly est en construction.

1989 - Près du cimetière de la Chartreuse on aperçoit les nouveaux bureaux de la région Aquitaine qui, depuis les airs, ressemblent à une énorme brique Lego. Le coin sud-est de la zone abrite désormais des hôtels Novotel et Ibis. Un peu plus à l'ouest, la bibliothèque municipale s'est installée.

1991-96 - Le Conseil départemental de la Gironde a installé ses nouveaux locaux face à la bibliothèque. À partir de cette période, la majeure partie de l'espace disponible est occupée et les nouveaux développements se font rares.

1998-2000 - L'ajout le plus notable de cette période est le nouveau tribunal de grande instance signé Richard Rogers, sur le cours d'Albret.

2004 - Non loin du quartier Mériadeck, la place Pey-Berland accueille le tram et est transformé en espace piéton.

2010-12 - L'effet Mériadeck s'étend vers le nord-est avec l'ajout de nouvelles résidences face à la Poste. Pendant ce temps-là, l'immeuble la Croix du Mail, déjà vieillissant, est démoli et cède sa place à la cité Municipale, visible dans la capture 2019 depuis GoogleEarth.

Bien sûr, il y a bien d'autres choses à relever en visionnant ce clip. N'hésitez pas à soulever d'autres choses, qu'elles soient des choses « incontournables » non évoquées ici, ou alors purement anecdotiques !

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Il est 22h18 le jeudi 24 septembre 1959. À l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, un avion à hélice Douglas DC-7C (celui visible ci-des...


Il est 22h18 le jeudi 24 septembre 1959. À l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, un avion à hélice Douglas DC-7C (celui visible ci-dessus, immatriculé F-BIAP) se prépare au décollage pour la seconde étape du vol TAI 307, la liaison régulière opérée par la compagnie française des Transports Aériens Intercontinentaux (TAI) entre Paris et Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, via Bordeaux et Bamako au Mali.

L’escale à Mérignac a duré deux heures et tout le monde à bord - les neuf membres de l’équipage et les 56 passagers - est serein alors que l’appareil prend place sur la piste 23, principale piste de décollage et d'atterrissage de l’aéroport. Il y a un vent modéré et une bruine légère, mais la visibilité est bonne. Le pilote en chef Maurice Verges et le copilote Jean Bouchot obtiennent le feu vert pour décoller de la part de la tour de contrôle. À 22h23, le DC-7 met les gaz et s'apprête à entamer son vol de huit heures à destination de Bamako.

Après avoir quitté le sol de façon nominale, l’appareil monte à une altitude de 30 mètres mais pas plus, et commence même à redescendre. À guère un kilomètre de l'extrémité de la piste, ou 2 950 mètres du point de mise du gaz, l'avion heurte des pins (22,5 mètres de haut) de la forêt des Landes de Boulac sur la commune de Saint-Jean-d'Illac. Suite à ces impacts, l’aile droite de l'avion est endommagée et l’appareil tombe au sol, le fuselage se fend en plusieurs morceaux et des débris s'étalent sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Plusieurs explosions se produisent, provoquant un certain nombre d'incendies qui se propagent rapidement aux arbres, bien que le sol humide empêche l'incendie de s'étendre au-delà de la zone de l'accident.

En haut à droite : l'extrémité de la piste 23 de l’aéroport de Mérignac (ou 05 si l’approche se fait dans l’autre sens), et en bas à gauche, le lieu approximatif de l’accident, où l'on trouve désormais une zone d'activités. Les débris de l'avion s’étalaient sur plusieurs centaines de mètres, principalement dans la zone située à droite de la trajectoire de l’avion (ligne orange). Données cartographiques / satellites : Google.
Immédiatement après, l'obscurité et l'inaccessibilité totale de la région entravent les efforts de secours; la structure routière rudimentaire empêche les véhicules d'urgence de s'approcher à moins de 800 mètres du lieu de l'impact. Miraculeusement, douze passagers ont survécu après avoir été éjectés de l'avion. Ils sont transportés à l'hôpital à Bordeaux où l'un d'eux décède peu de temps après. L'accident du vol TAI 307 entraîne ainsi la mort de 54 personnes, y compris tous les membres de l'équipage.

Une photo du lieu de l'accident, avec une partie de l'épave visible au loin. Crédit photo International Magazine Service pour Paris-Match / Marie-Claire, source : Amazon.
Alors, que s'est-il passé ? Dans le rapport d'enquête publié par le Bureau Enquêtes-Accidents de l’Inspection générale de l’aviation civile, sécurité et navigation aériennes (de nos jours simplement le BEA, Bureau d'Enquêtes et Analyses), trois facteurs-clés ont été identifiés. Tout d’abord, les feux de l’appareil, vieux d'à peine deux ans, n’étaient pas en service. Ceci n'est pas forcément un problème, mais à cela s'ajoute le manque également de repères lumineux au sol (lampadaires, habitations...) ce qui aurait permis aux pilotes de savoir à quel point ils étaient bas. Ce qui nous amène au troisième et dernier facteur le plus important : les pilotes ne prêtaient pas attention à l'altimètre et ignoraient donc pleinement à quelle altitude ils volaient.

Dans le cadre d'une reconstitution du vol (à Brétigny, en région parisienne) en appliquant les mêmes critères, le Bureau a démontré que « au cours du premier segment de montée, et en particulier pendant une phase critique très courte [de l'ordre de 10 secondes environ 40 secondes après la mise du gaz], un faible accroissement de vitesse se traduit par une réduction considérable du taux de montée, voire même une légère perte d'altitude. Compte tenu de la cadence accélérée à laquelle se déroulent les opérations dans le poste au cours de cette phase, ainsi que de la variation rapide des paramètres du vol, des indications imprécises (voire inexactes) de certains instruments et en l'absence de référence temps et de repères visuels extérieurs, un pilote peut faire suivre à son avion une trajectoire susceptible de le ramener à proximité du sol si, dans le même temps, une vitesse optima de montée n'est pas adoptée et une surveillance rigoureuse de l'altimètre exercée. ».  

En se rendant sur la zone du crash aujourd'hui, on constate que le terrain est occupé par divers locaux commerciaux ou industriels, bien qu’au-delà on puisse trouver une vaste étendue de terres agricoles, ainsi que des parcelles de forêts de pins, à l’instar de là où le vol TAI 307 s'est écrasé. Même maintenant, il est facile d’imaginer à quel point le lieu de l’accident devait être isolé et inaccessible en 1959, alors qu’il était si proche de ce qui était déjà, à l’époque, un aéroport important. Une partie des bois où je me promène semble avoir été transformée en une décharge sauvage, destinée qui ne semble pas correspondre au lourd passé du lieu.

La zone approximative du crash, avec une dense forêt de pins à droite.
De jeunes pins.
Ni stèle, ni plaque...
Sans surprise, à moins d’avoir raté quelque chose, sur place je n'ai pas trouvé de panneau d’information ou de stèle rappelant les événements tragiques de septembre 1959. Par contre, un hommage important est situé du côté sud du cimetière de la Chartreuse en plein Bordeaux. C'est là que reposent le copilote Jean Bouchot (32 ans), le mécanicien Yves Gosse (32 ans), le mécanicien stagiaire Raymond Savina (38 ans), le steward André Paupy (28 ans) et l'hôtesse de l'air Chantal Perrault de Jotemps (35 ans), ainsi que 14 passagers aux noms de Barge, Bordelanne, Darlan, Delaunay, Duchamp, Duhart, Dussaut, Mensah, Morris et Tanon.


Soixante ans plus tard, le souvenir de cette catastrophe aérienne - la plus meurtrière jamais survenue dans la région - semble s'être évanoui dans les brumes de l'histoire. J'espère donc que cet article permettra de ne pas oublier cette nuit bouleversante en 1959 où un DC-7C de la compagnie Transports Aériens Intercontinentaux n'arriva pas à bon port. 

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : TAI Flight 307 crash site, Boulac district, Saint-Jean d’Illac & TAI Flight 307 grave and memorial, cimétière de la Chartreuse , Bordeaux.
> Consulter la page Wikipédia dédiée : https://en.wikipedia.org/wiki/TAI_Flight_307
> Les informations dans cet article sont principalement tirées du rapport d'enquête du BEA ainsi que du site aviation-safety.net.
> Photo du Douglas DC-7C immatriculé F-BIAP du site http://aerobernie.bplaced.net/TAI.html
 où vous trouverez beaucoup d'autres cartes postales éditées par d'anciennes compagnies aériennes.  
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