Ces dernières années je suis devenu, presque involontairement, un collectionneur de cartes postales anciennes de Bordeaux et de ses alent...

Ces dernières années je suis devenu, presque involontairement, un collectionneur de cartes postales anciennes de Bordeaux et de ses alentours. L'un des thèmes récurrents de mes acquisitions au fil du temps est le vieux Stade Municipal, connu aujourd'hui sous le nom de Stade Chaban-Delmas mais qui, pour beaucoup, sera à jamais le Parc Lescure. Donc voici quelques-unes de ces images !

Ce stade historique (couvert dans le cadre d'un dossier dédié sur Invisible Bordeaux il y a quelque temps) fut longtemps associé aux exploits des footballeurs des Girondins de Bordeaux, mais est désormais le domicile d'adoption des rugbymen de l'Union Bordeaux-Bègles. Si vous connaissez le lieu en tant que spectateur, apprêtez-vous à découvrir quelques vues et angles insolites, à commencer par cette première photo de l'entrée vers la "tribune d'honneur" (comme l'indique une grande pancarte). En ce jour de match, admirez surtout les spectateurs tout aussi élégants que ces magnifiques automobiles. Il n'y a aucune crise du stationnement à l'horizon !    


La carte surprenante ci-dessous réussit l'énorme exploit de faire entrer le stade entier sur une photo unique, grâce éventuellement à l'utilisation d'un objectif "fisheye" ? À noter au premier plan, l'accès aux marches qui conduisent au tunnel menant aux vestiaires situés dans le "paddock" en dehors de l'enceinte principale. Bien plus tard (dans les années 1980), ce tunnel mythique fut dévié sous les gradins de la tribune présidentielle pour déboucher au niveau de la ligne centrale. Que sont les panneaux comportant des chiffres en bas à droite ? Des éléments du dispositif d'affichage du score ?


Le photo suivante fut prise plus ou moins depuis le même emplacement, mais des zones ont été aménagées vers l'accès au tunnel, sans doute pour diverses épreuves sportives. Quid de ces structures métalliques étalées aux deux extrémités du terrain ? S'agirait-il de gradins amovibles ?


Sur la carte postale suivante, la zone devant le virage sud a encore évolué. On aperçoit ce qui ressemble bien à une rampe pour faciliter la vie, entre autres, aux cyclistes qui arrivaient sur place armés de leurs vélos. Ceci semble se confirmer en observant les cyclistes qui se trouvent en haut de la rampe. D'ailleurs, à l'exception des quelques personnes qui sont assises derrière les poteaux de rugby, cette vue ne comprend que des cyclistes, dont certains se déplacent sur le terrain...


Nous voilà en tribune, et cette vue donne une bonne idée du niveau de confort relativement rudimentaire des places assises. Sur le terrain on n'aperçoit ni cages de football, ni poteaux de rugby. Par contre, on distingue clairement les six voies d'une piste d'athlétisme !


Il y a davantage de spectateurs ci-dessous ! Nous sommes en pleine épreuve de cyclisme ; certains spectateurs ont pu se positionner en bordure de piste afin d'admirer au plus près les coureurs !


La légende de cette prochaine photo (cachet de la Poste : 1951) précise que l'on observe ici "Le grand tournant nord. Le contrôle." Le poteau blanc et la plate-forme marquaient sans doute la ligne d'arrivée également. Tout à fait en bas à droite on aperçoit la cloche pour marquer le dernier tour !


La photo ci-dessous fut aussi prise lors d'une épreuve cycliste. Pour mémoire, afin d'augmenter la capacité du stade, dans les années 1980 on enleva cette fameuse piste de cyclisme qui connut tant d'heures de gloire, dont plusieurs arrivées d'étapes du Tour de France. Un nouveau vélodrome, le Stadium de Bordeaux, fut inauguré dans le quartier du Lac en 1989.  


Voici venir un autre événement à guichets fermés, mais que sont venus voir tous ces spectateurs ? Le juge de touche en pleine course en bas à droite s'apprête-t-il à signaler un footballeur hors-jeu ?  À noter, le gendarme dans l'axe central (et en plein soleil) semble davantage concentré sur le match que sur la foule qui semble particulièrement sage !


La carte qui figure ci-dessous est seulement la deuxième de cette sélection à comprendre un message manuscrit au verso ("Je suis reçu. J'arrive demain soir, vendredi, avec tout un chargement de valises, Pierrot") et une date d'envoi (1954). Le gala de gymnastique (ou "Exercice d'ensemble en face des tribunes") a dû être un grand moment pour les centaines d'enfants présents sur le terrain, tous sous la direction d'une personne positionnée en haut de notre petite estrade blanche... et polyvalente !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Stade Chaban-Delmas, Bordeaux. 
> Un formidable ouvrage sur le stade et les légendes des Girondins qui ont foulé sa pelouse a été réalisé par les journalistes Julien Bée et Laurent Brun. Le livre est fortement conseillé ! Voir : https://www.mollat.com/livres/2124781/julien-bee-lescure-et-les-girondins-le-rendez-vous-des-legendes
> Le dossier Invisible Bordeaux dédié à l'histoire du stade est disponible ici : http://invisiblebordeaux.blogspot.fr/2013/02/stade-chaban-delmas-nearing-end-of-its.html
> This article is also available in English! 

À divers endroits dans le paisible quartier de Caudéran dans le secteur ouest de Bordeaux, des traces peuvent encore être aperçues des ...


À divers endroits dans le paisible quartier de Caudéran dans le secteur ouest de Bordeaux, des traces peuvent encore être aperçues des armoiries datant de l’époque où Caudéran était encore une commune à part entière. Étonnamment, ce blason comporte trois escargots. Il doit forcément y avoir une très bonne explication, non ?

Caudéran était une ville indépendante jusqu'en 1965, date à laquelle elle a fusionné avec son imposant voisin bordelais, une évolution qui était sans doute dans l'intérêt de tous, bien que l'on murmure par ci et par là que le maire d’alors de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, était particulièrement bien placé pour en tirer bénéfice. En effet, en rejoignant Bordeaux, les 29 000 habitants de ce quartier aisé (souvent surnommé le « Neuilly de Bordeaux ») viendraient gonfler le vivier électoral du conservateur Chaban-Delmas. En retour, les Caudéranais ont néanmoins réussi à garder leur propre code postal 33200…

Source : Wikipédia.
Tout cela est très bien, mais quid des escargots ? Eh bien, il s'avère que pendant une grande partie du 19e siècle et jusqu'aux premières années du 20e siècle, Caudéran ne jouissait pas encore du statut bourgeois qui est aujourd’hui le sien ; il s’agissait plutôt d’un territoire plus rustique où l'on recensait 70 bars, auberges, cabarets et guinguettes... le tout à deux pas de Bordeaux mais néanmoins de l’autre côté des barrières de la ville et de ses bureaux d'octroi (sujet déjà couvert sur Invisible Bordeaux), mis en place pour percevoir des taxes sur les biens qui entraient dans la ville. En quelque sorte, vous l’aurez compris, Caudéran était un havre de plaisirs « duty-free » !

Le jour le plus célèbre et le plus festif de l'année à Caudéran était alors le mercredi des cendres : afin de repousser d’encore quelques heures les devoirs du carême et de l’inévitable sevrage suite à la semaine du carnaval et des excès du mardi gras, les purs Bordelais se rendaient en masse à Caudéran (masques et déguisements de rigueur) pour une ultime journée de fêtes bon-enfant où l’aliment de base était une assiette d’escargots !

Place Lestonnat : l’un des centres de gravité incontournables des fêtes du mercredi des cendres à Caudéran.
Car, parmi les vignes, les fleurs et les marécages de la région à l'époque, les escargots étaient monnaie courante et étaient devenus une véritable spécialité locale fournie par ces « cagouillards » de Caudéran (de « cagouille », terme charentais pour un escargot utilisé également dans le patois « bordeluche »). Pour preuve, l'un des restaurants les plus célèbres de Caudéran à l'époque, sur la place de Lestonnat, n'était autre que « À la Renommée des Escargots ». Quand un journal local pour les habitants de Caudéran fut lancé en 1896 (depuis des bureaux en plein centre-ville de… Bordeaux), il fut naturellement baptisé « L'Escargot ». Enfin, Caudéran a même incorporé l’escargot dans la devise de la ville, en gascon dans le texte : « Lou limac cendrenous a fait ma renoumade » (l’escargot des cendres a fait ma renommée).

Cette tradition du mercredi des cendres s'est éteinte à l’époque de la Première Guerre mondiale, alors que Caudéran commençait à se développer pour devenir le quartier résidentiel que nous connaissons désormais. Mais l'escargot a bien survécu sur les armoiries de la ville, d'où les motifs que l'on devine encore sur la façade de l’ancienne mairie, au-dessus de la porte du commissariat municipal et sur le monument aux morts où le statut de Caudéran en tant que « ville » demeure, taillé dans la pierre.
L’ancienne mairie (désormais une mairie de quartier).
Le curieux commissariat de police.
Le monument aux morts où Caudéran sera à jamais une commune à part.
Sur place je consulte les menus de quelques restaurants et ne trouve aucune mention de cette ancienne spécialité locale (il s’agit là de la première fois où j'ai été déçu de ne pas trouver des escargots parmi les options culinaires proposées !). Cependant, le lien privilégié entre Caudéran et l’escargot renaît… de ses cendres : l'association Vivre à Caudéran a notamment commencé à organiser une toute nouvelle « Fête de l’Escargot » tous les mois de juillet sur la place de l'église de Caudéran.

De plus, le goût de ces escargots de Caudéran se perpétue, transmis par des générations de Bordelais. Par exemple, on peut facilement se procurer des "Escargots à la Bordelaise" en conserve, et de nombreuses recettes sont disponibles en ligne... bien que personnellement j'hésite encore à les tester. Bon appétit quand même !

> De nombreuses informations dans ce dossier ont pour source un article rédigé par Philippe Prévôt et Richard Zéboulon (sous le nom de plume de Cadish) pour Sud Ouest et qui figure également dans leur ouvrage Bordeaux, petits secrets et grandes histoires, ainsi que l’entrée sur Caudéran dans l’excellent Blasons des communes de la Gironde de Jean-Jacques Déogracias (merci Guillaume !).
> Merci à Vincent pour quelques précisions linguistiques !
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Si vous êtes actuellement à Bordeaux ou sa métropole, rendez-vous dans un office de tourisme ou à l'accueil d'un hôtel ou d'u...

Si vous êtes actuellement à Bordeaux ou sa métropole, rendez-vous dans un office de tourisme ou à l'accueil d'un hôtel ou d'une mairie, et procurez-vous un exemplaire de Bordeaux Moments!, le trimestriel bilingue gratuit réalisé par l'Office de Tourisme et des Congrès de Bordeaux Métropole. Puis consultez les pages 28 à 31 afin de voir les conseils d'Invisible Bordeaux pour passer un super week-end à la découverte de lieux insolites dans la métropole !

L'article est d'abord paru sur sur Un Air de Bordeaux, le nouveau site qui vise surtout (mais pas que...) les habitants de l'agglomération de Bordeaux, afin de les encourager à découvrir et explorer toute la métropole qui les entoure. Cette nouvelle parution de l'article en format papier devrait atteindre les nombreux visiteurs à Bordeaux, qu'ils soient là dans le cadre de voyages d'affaires ou de loisirs. 

Dans cette interview, j'identifie différents endroits insolites qui ont tous été abordés sur le blog par le passé : le surprenant Parc Floral, les grands espaces de la zone maraîchère d'Eysines, la cité Frugès signée Le Corbusier à Pessac, les bords de l'Eau Bourde, ou encore le musée de la CPAM à Lormont. (À noter, ce dernier est uniquement ouvert en semaine ! :-))

Le dernier numéro de ce magazine de 56 pages comprend également des dossiers sur le tout nouveau Bordeaux Métropole Arena, sur le Médoc et son statut de parc naturel régional, ainsi que sur les relations tissées par Bordeaux avec l'Espagne au fil des siècles. Et... à la version papier s'ajoute aussi une version consultable en ligne. Bonne lecture ! 

> Découvrez l'intégralité du magazine Bordeaux Moments! ici : http://fr.calameo.com/read/00536575204fccd59a902
> Consultez l'article "Super week-end" sur le webzine Un Air de Bordeaux ici : https://www.unairdebordeaux.fr/article/2017-11-21/le-super-week-end-de-tim-pike/   

Sur la dernière ligne droite avant d'arriver à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, on passe inévitablement devant un mystérieux terr...

Sur la dernière ligne droite avant d'arriver à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, on passe inévitablement devant un mystérieux terrain vague. Pourtant, cette zone n'a pas toujours été ainsi : au fil des années s'y trouvaient une base aérienne de l'US Air Force puis une cité résidentielle. Désormais, une métamorphose s'annonce car des travaux débuteront prochainement sur la création de bureaux, d'un hôtel et d'un centre de congrès. Il est donc grand temps de dénicher l'histoire qui va avec ! 

Rembobinons au début des années 1950 et une période où l'aéroport se remettait tout doucement de la Seconde Guerre mondiale (récit complet à retrouver dans un ancien billet Invisible Bordeaux). En ces temps de montée en puissance de la Guerre Froide, les forces aériennes des États-Unis en Europe cherchaient à établir des bases à l'ouest du Rhin, hors d'atteinte d'attaques potentielles par l'URSS.

Alors que la base militaire historique au sud de l'aérodrome (BA 106) venait d'être restituée à l'armée de l'Air française, cette zone située à l'est de l'aérodrome fut donc proposée aux forces de l'OTAN début 1951. En août de cette même année débute ainsi la construction de  nouvelles installations dédiées. Avant la fin de l'année, c'est la 126th Bombardment Wing de l'US Air Force, ses 48 bombardiers Douglas B-26 Invader et trois transports militaires C-47 qui prirent possession des lieux.

Le QG de la Bordeaux Air Base et son hangar de maintenance, photo © NARA, source : www.france-air-nato.net
Voici, à peu de chose près, la vue du même lieu aujourd'hui. À peine croyable, non ?
La base était un véritable village qui s'est développé autour de deux grands hangars dédiés à l'entretien d'aéronefs et au stockage d'approvisionnements. Un plan datant de cette époque démontre l'étendue des installations disponibles pour les militaires, dont les bases américaines d'origine se trouvaient dans l'Illinois et le Missouri. Malheureusement, il y est indiqué que le « théâtre » restait inachevé. Les militaires étaient sans doute à court de divertissement !

Plan de la Bordeaux Air Base, © Jerry McAuliffe, source : www.france-air-nato.net
Il y avait alors de grands projets pour que la base se développe davantage en vue de devenir le centre européen du US Military Air Transport Service et ainsi héberger différentes unités clés de combat, de sauvetage et de formation. Cependant, cette stratégie n'était pas en phase avec la volonté des autorités françaises de relancer les activités de transport de passagers de l'aéroport (la première aérogare, située au nord de l'aérodrome, fut détruite pendant la Seconde Guerre mondiale). Ces plans furent donc rapidement abandonnés.

En 1952, après seulement six mois, la 126th Bombardment Wing s'installa à Laon dans le nord-est de la France et fut remplacée par le 12th Air Rescue Group avec sa flotte d'hélicoptères Sikorsky H-19B et d'hydravions Grumman SA-16 Albatross. Son séjour fut également éphémère et la base devint le foyer du 7413th Air Base Group, une unité d'entraînement et de soutien pour le personnel de l'USAF en transit, dont la présence devait également préparer le terrain pour la création d'une base logistique capable de recevoir et équiper d'autres militaires en cas de déploiement massif en Europe.
Vue aérienne de la base en 1956, tout à fait cohérente avec le plan. Source photo : https://remonterletemps.ign.fr
Au milieu des années 1950, les tensions s'intensifièrent entre les forces américaines et les autorités françaises, restées fidèles à leur projet de création d'un grand aéroport civil. Finalement, en octobre 1958, l'US Air Force ferma définitivement la base militaire, évoquant officiellement des raisons économiques. La voie fut ainsi dégagée pour la construction d'une toute nouvelle aérogare inaugurée en 1960. (Bien qu'à peine repérable suite à de nombreuses modifications et extensions, le bâtiment existe encore aujourd'hui, s'agissant du cœur du Hall A.)

En parallèle, la zone libérée par la base aérienne devint la cité Maryse Bastié, comprenant une douzaine de résidences, construites principalement pour loger des employés du nouvel aéroport. On ne sait que très peu de choses sur ce domaine, mais un de mes correspondants se souvient d'immeubles de taille modeste comprenant chacun quatre à six appartements. Il n'y a aucune photo traditionnelle à l'appui mais le toujours excellent site "Remonter le Temps" de l'Institut Géographique National propose des clichés aériens comme cette vue de 1970, qui donne une bonne idée de l'échelle des résidences.

Une fois de plus, chapeau bas https://remonterletemps.ign.fr : voici la cité Maryse Bastié en 1970.
À quel moment la cité fut-elle démolie ? Information à venir éventuellement mais, quoiqu'il en soit, il est évident qu'aujourd'hui il n'en reste rien, bien qu'en observant la vue sur GoogleEarth on devine encore l'ossature de l'ancienne infrastructure routière. Mais en dehors de ces quelques traces de macadam, la zone semble bien être le territoire exclusif d'arbres et autres végétaux.

La même zone vue depuis GoogleEarth, dont des traces d'anciennes routes... et la mention "Cité Maryse Bastié".
Afin d'avoir le cœur net, je me suis rendu sur place. Paradoxalement pour une zone qui a vu passer 6 millions de passagers aériens en 2017, j'étais bien seul au monde mis à part quelques lapins sauvages. Et, contrairement à d'autres terrains vagues urbains, le lieu ne semblait pas non plus être devenu un terrain de jeu pour les jeunes du quartier ; la seule trace d'activité humaine était la carcasse d'un scooter brûlé. Mais l'ancienne infrastructure routière était bien présente et il était étrange d'apercevoir d'anciens bouts de trottoirs où les riverains marchaient autrefois. Il y avait un véritable sentiment de village fantôme.


Mais les choses vont changer car les travaux vont bientôt démarrer sur "le 45e Parallèle", un tout nouveau parc d'activités. L'aménagement comprendra un hôtel quatre étoiles de 154 chambres et un centre de conférences de 1 400 places, ainsi que cinq immeubles de bureaux et un parking pour 1 000 véhicules. Le projet prit d'abord forme en 2012, porté par un consortium conduit par la société Thalium Promotion, placée en liquidation judiciaire en 2016. La SA Aéroport de Bordeaux-Mérignac, propriétaire du terrain, confia alors le projet, d'un montant de 80 millions d'euros, à la société Nexity, qui s'engage à retenir les plans initiaux.

Voici ce que deviendra notre terrain vague, en regardant depuis l'aéroport. Source image : Objectif Aquitaine / La Tribune.
L'ouverture du complexe est prévue pour 2020, les travaux devraient donc commencer sous peu - les permis d'aménagement sont bien visibles sur place ! Tout comme les militaires américains et les employés de l'aéroport résidents de la cité Maryse Bastié avant eux, les lapins sauvages et le scooter carbonisé devront bientôt trouver un nouveau foyer !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Urban wasteland, Bordeaux-Mérignac airport
> Un grand merci à Marc Montaudon qui a proposé ce sujet et fourni de nombreuses informations.
> Photos supplémentaires de la Bordeaux Air Base ici : http://www.france-air-nato.net/STRUCTURE/Pages_web/Bordeaux_Historique_Fr.html
> Envie de louer des locaux dans le parc d'affaire 45e Parallèle ? Composez le numéro de téléphone visible sur la photo en haut de page ! 
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Le dernier samedi de 2017 fut l’occasion d’un rendez-vous avec mon confrère bloggeur de Bordeaux2066 Vincent Bart pour une nouvelle a...

Le dernier samedi de 2017 fut l’occasion d’un rendez-vous avec mon confrère bloggeur de Bordeaux2066 Vincent Bart pour une nouvelle aventure garantie sans adrénaline (ou presque). Notre collaboration, faut-il le rappeler, nous a déjà menés à l’intersection du méridien de Greenwich et du 45ème Parallèle, au fil de l’Eau Bourde, et last but not least, aux quatre coins de la Gironde en l’espace d’une journée.

L’idée du jour, suggérée par Vincent, consiste à suivre la ligne à grande vitesse (LGV), inaugurée il y a peu, à partir de Bordeaux jusqu’à… ce que nous en ayons marre. Nous n’attendons à vrai dire pas monts et merveilles de ce nouveau road-trip, mais sait-on jamais ? Quelques heures plus tard, notre pressentiment se révèlera fondé, mais nous aurons beaucoup appris sur le tracé de la ligne, et par ailleurs fait une découverte digne d’intérêt. Laquelle, nous direz-vous ? Patience…

Pour qui n’aurait pas ouvert un journal depuis longtemps, rappelons que ce nouveau tronçon à grande vitesse est en service depuis juillet 2017, soit 25 ans après le feu vert donné à la première LGV, et après 5 ans de travaux entre Tours et Bordeaux (ou plus précisément entre Chambray-les-Tours et Ambarès-et-Lagrave). Conséquence de ce projet pharaonique réalisé par Vinci pour un montant de 7,8 milliards d’euros : les passagers de la SNCF ne mettent désormais qu’à peine plus de deux heures pour relier Bordeaux et Paris.
Vue sur la gare Saint-Jean depuis le nouveau parking.
Vincent et moi nous retrouvons fort logiquement à la gare Saint-Jean, où nous décidons de grimper au dernier étage du tout nouveau parking voisin pour jouir d’une vue panoramique sur l’édifice et les voies. Le parking fait partie d’un vaste projet de rénovation mené au sud de la gare, côté Belcier, où le nouveau quartier résidentiel et d’affaires Euratlantique est en train de sortir de terre. L’entrée de la gare a elle aussi subi un lifting complet, et a vu ouvrir quelques boutiques, fast-foods, et un restaurant. Parti en quête d’une chocolatine (ou « pain au chocolat », pour nos lecteurs parisiens), Vincent abandonne après avoir été doublé sans vergogne dans la queue. Une autre enseigne l’informe qu’il lui faudra attendre dix minutes pour décrocher la précieuse viennoiserie. Nous décidons de nous mettre en route.

Le périple démarre par la traversée du mal aimé Pont Saint-Jean, qui relie les deux rives de la Garonne à quelques mètres du pont ferroviaire. De l’autre côté, c’est la Bastide et les tours de la Cité de la Benauge, qu’on ne voit guère sur les cartes postales, alors qu’elles font de facto office de comité d’accueil à Bordeaux pour les passagers du TGV. Cap vers le Nord pour un premier arrêt à Lormont, que certains agents immobiliers présentent, nous dit-on, comme le « Montmartre bordelais ». Nous y croisons notre premier TGV à l’approche d’un tunnel, ce qui inspire à Vincent une pensée pour ces pauvres voyageurs dont les conversations téléphoniques viennent d’être brutalement interrompues. Un portail de sécurité censé empêcher l’accès aux voies est resté déverrouillé. Le panneau signifiant au badaud qu’il n’est pas le bienvenu a été recouvert d’un tag From Paris with love. Après avoir admiré la vue sur le Pont d’Aquitaine, nous reprenons la route vers Bassens.
From Paris with love à Lormont.
Arrivés à Bassens, nous nous dirigeons vers la gare, où – qui sait – une chocolatine attend peut-être Vincent ? L’édifice se situe en retrait des quais de la Garonne et des entrepôts industriels installés sur les rives, au beau milieu d’un quartier résidentiel. Pas un chat lorsque nous sortons tâter le terrain, ce qui nous permet de traverser les voies pour nous adonner à la photographie extrême. Une fois le cliché dans la boîte, Vincent m’informe qu’il est strictement interdit de prendre ce genre de photos. Trop tard ! Un nouvel arrêt dans le centre de Bassens, perché sur les hauteurs, est le théâtre d’un nouvel échec dans notre quête de chocolatine, mais une occasion cependant de constater qu’une pénurie de coiffeurs n’y est pas à craindre…
La photo de tous les dangers.
Arrêt suivant : la gare de La Gorp (quel nom merveilleux !), à Ambarès-et-Lagrave : c’est ici que la nouvelle ligne proprement dite commence. La passerelle qui enjambe les voies est une construction moderne bien conçue, avec des baies vitrées des deux côtés, offrant d’excellentes conditions d’observation aux ferrovipathes. Justement, un autre TGV en direction de Paris déboule à point nommé, sur le point d’accélérer pour atteindre sa vitesse de croisière, entre 300 et 320 km/h. 
Baies vitrées sur la LGV.
À la sortie d’Ambarès, un fol espoir renaît chez Vincent qui a repéré une boulangerie au bord de la route. Las, confronté à une rupture de chocolatines, il doit se contenter d’un cookie. Qui aurait cru qu’un besoin si simple soit si difficile à assouvir ? Quelque part entre Saint-Vincent-de-Paul et Saint-Loubès, nous croisons la Dordogne et admirons le viaduc construit sur mesure pour la LGV, tout en remarquant une maison qui semble avoir été abandonnée à la base de l’ouvrage – ses occupants auront vraisemblablement été conviés à habiter ailleurs…
1 319 mètres de longueur, 45 000m3 de ciment, 150 000 tonnes : le viaduc de la Dordogne, un beau bébé.
Nous choisissons le moyen le plus facile de traverser la Dordogne, à savoir d’emprunter brièvement l’autoroute A10, que nous quittons immédiatement pour continuer à suivre la LGV. L’exercice devient désormais malaisé : comme il est quasi-impossible de la longer par la route, nous sommes contraints de slalomer de part et d’autre de la ligne. Nous finissons par rejoindre une gare baptisée des noms des deux villages voisins : Aubie-Saint-Antoine. Pas d’arrêt LGV ici ; seule la vénérable ligne Bordeaux-Nantes dessert cette gare. Mais la présence de la nouvelle ligne est palpable : avec son parking flambant neuf et une passerelle moderne de métal rouge pour traverser les voies, la gare a de toute évidence profité de l’arrivée de la LGV.
Vincent en pleine inspection de la passerelle moderne de la gare d’Aubie-Saint-Antoine.
Vue sur Saint-Antoine.
Sur la route en direction de Marsas et du point où le Bordeaux-Nantes et la LGV se séparent définitivement, nous apercevons sous un autre nouveau pont ce qui fut l’entrée d’un passage à niveau de l’ancienne ligne. Une croix blanche y a été érigée, triste écho aux nombreuses catastrophes qui ont eu lieu aux abords de ces carrefours (dont très récemment à Millas, non loin de Perpignan). Nulle inscription sur la croix, seules quelques fleurs artificielles fatiguées : nous quittons les lieux sans plus de détails sur ce qui s’est passé ici.

Nous poursuivons notre route vers le nord, direction Laruscade, un petit bourg ne jouissant ni du charme d’un village ni des infrastructures d’une ville. En périphérie, un nombre surprenant de maisons de plain-pied sont à vendre, dont beaucoup arborent une couleur jaune méditerranéen, ce qui a le don d’agacer prodigieusement Vincent. Ce dernier finira par se calmer à la vue du panneau Charente-Maritime – friand de tels repères géographiques, mon accompagnateur se réjouit d’immortaliser notre franchissement de la frontière entre les deux départements.
Bedenac, notre deuxième arrêt charentais, est une commune connue principalement pour sa prison, dont les pensionnaires peuvent apparemment bénéficier de séances de « médiation canine » : pour en savoir plus, c’est ici ! Nous nous éloignons ensuite des sentiers battus à l’ouest de Clérac en quête de la « base de maintenance de Clérac », dont nous avons admiré une impressionnante vue satellite sur Google Maps. Hélas, depuis l’autre côté des voies, il faut bien avouer que c’est légèrement moins spectaculaire.

Panorama à couper le souffle sur la base de maintenance de Clérac.
Nous repartons vers le bourg de Clérac pour une pause déjeuner dans un petit hôtel-restaurant, l’Auberge des Lacs Bleus, suivi d’une promenade digestive dans le joli village, tiré aux quatre épingles ; Clérac a fait partie des plateformes techniques du projet LGV et a bénéficié de retombées économiques conséquentes pendant toute la période de travaux. Une partie de cet argent aura visiblement servi à l’embellissement du village. Nous jetons un coup d’œil à l’église, en passant sous un cadran solaire bien plus petit que son panneau explicatif. Vincent remarque un ancien arrêt d’autocar CITRAM ; nous imaginons un instant des voyageurs embarquer ici à destination de contrées lointaines.
Clérac : cadran solaire et arrêt CITRAM.
Au vu du caractère il faut bien le dire peu palpitant de ce périple jusqu’ici (à l’exception peut-être de la quête de chocolatine de Vincent), nous décidons que notre prochain arrêt, Montguyon, sera l’extrémité nord de notre exploration du jour. Une belle vue sur le village et les ruines de son château médiéval s’offre à nous alors que nous nous dirigeons vers l’impressionnant pont de 135 mètres de long construit pour la LGV. En nous garant aux abords de l’ouvrage, nous tombons sur un véritable ferrovipathe – bon, pas un acharné au point sur toutes les sortes de trains et leurs numéros, plutôt un autochtone à qui il plait de venir voir passer les trains. Le passage d’un TGV à pleine vitesse est fêté comme il se doit.
Le pont ferroviaire de Montguyon.
Nous sommes désormais à plus de 70 kilomètres de notre point de départ et la lumière n’a pas encore commencé à baisser : Vincent et moi optons donc pour un retour par le chemin des écoliers, pour aller inspecter de plus près une curiosité repérée à l’aller : dans les environs de Cavignac, au sud de Laruscade, nous avions traversé une voie ferrée désaffectée. Nous retournons sur les lieux pour découvrir si l’ancienne ligne et la LGV se rejoignent quelque part.

Nous nous garons près d’une maison attenante aux vestiges d’un passage à niveau, et échangeons quelques mots avec son propriétaire, qui nous dit avoir acheté cette maison (où il est né en 1957) à sa grand-mère, qui était responsable du passage à niveau lorsqu’il était encore en service. Nous glanons des informations quelque peu confuses (un apéritif pris de bonne heure brouillant quelque peu l’intelligibilité des renseignements fournis), avant d’apprendre en faisant des recherches que cette ligne reliait Cavignac et Coutras : elle a été empruntée pour le transport de voyageurs entre 1874 et 1938, et pour le fret uniquement jusqu’au milieu des années 1960. La ligne a été définitivement déclassée en 1976 ; à noter toutefois qu’un train touristique à vapeur circule désormais sur un tronçon situé plus à l’est, entre Marcenais et Guitres.
L’ancien passage à niveau.
Vincent arpente la voie ferrée désaffectée.
En consultant son portable, Vincent évalue la distance entre l’ancien passage à niveau et la LGV à environ 600 mètres : nous partons donc à pied suivre la voie recouverte de mousse jusqu’à son inévitable terminus. Nous arrivons très vite à destination, où nous admirons deux TGV tracer leur route à deux pas de ce lieu où l’ancienne ligne se termine abruptement : tout un symbole… Devant ce spectacle, nous nous demandons si les voies de la LGV sont vouées à un destin semblable.
Terminus, « entre tradition et modernité ».
Le chemin du retour vers la voiture est l’occasion de faire le bilan de ce que nous avons appris au fil des voies de la LGV. Une chose est sûre : nous avons largement pu constater la marque laissée par ce gigantesque projet sur le paysage, et son impact – pour le meilleur et pour le pire – sur les communes situées de part et d’autre des voies. Surtout, nous savons désormais qu’au nord de Bordeaux, il est plus simple de se faire couper les cheveux que de trouver une chocolatine.

La nationale 10 nous ramène vite sur l’autoroute en direction de Bordeaux, où la circulation dense ramène la solitude des voies abandonnées de Cavignac au rang de lointain souvenir. Pourtant, nous sommes tous les deux heureux de désormais savoir qu’elles sont là, à contempler en silence les TGV qui filent entre Bordeaux et Paris. With love.

Voici la même aventure, mais cette fois-ci avec des images qui bougent !

> Localiser la ligne désaffectée Cavignac-Coutras sur la carte Invisible Bordeaux : disused section of Cavignac-Coutras railway line, Cavignac. 

> Traduction : Jean-Yves Bart, un grand, grand merci ! 

J’ai découvert un billet intéressant publié par la guide touristique Marie Hallier (TéléProTour) sur son compte Facebook. Avec son ai...

J’ai découvert un billet intéressant publié par la guide touristique Marie Hallier (TéléProTour) sur son compte Facebook. Avec son aimable autorisation, Invisible Bordeaux reprend cet article qui explique pourquoi l’eau de la Garonne est marron, en réponse à l’une des questions que Marie entend le plus souvent : pourquoi la Garonne est-elle « sale » ?

Marie : « Alors déjà, on ne dit pas « sale » !  Le mot exact est « turbide ». Bon, OK, pas facile à recaser dans une conversation, mis ça vous fait un nouveau mot pour le Scrabble ! On dira alors qu’elle est limoneuse ou « blonde », voire « café au lait »…

Et, surtout, oubliez ce que le type à côté de vous dans le tramway vient de dire. Elle n’est pas marron parce qu’il a plu dans les Pyrénées samedi dernier. Elle est marron à peu près... 365 jours par an !

Cette couleur est le résultat d’un phénomène naturel. Pour faire simple, l’eau douce (celle de la Garonne depuis sa source) est chargée de sédiments (essentiellement de l’argile arrachée au lit pendant sa course). Lors des phénomènes de marées, elle va rencontrer un courant contraire créé par l’entrée des eaux salées.

L’eau salée étant chimiquement plus lourde que l’eau douce, elle va donner naissance à une sorte de lame de fond propagée par les berges du fleuve et qui va faire remonter les sédiments vers la surface. On les appelle poétiquement les « floculats » : ils donnent à la Garonne sa jolie couleur marron.

Dès que l’on remonte vers l’amont, vers la limite de l’influence de la marée (plus ou moins le secteur Castets-en-Dorthe), l’eau devient alors devient plus limpide. La limite de la salinité des eaux s’arrête, quant à elle, bien plus tôt vers le Bec d’Ambès.

Parfois ces sédiments vont se déposer, restés fixés par un début de végétation et donner naissance aux îles de notre archipel !
Et, pour info : la Garonne est classée parmi les fleuves les plus propres d’Europe ! Mais oui mais oui, qu’on se le dise ! »

> Pour en savoir plus sur les secrets de la Garonne et de l’estuaire de la Gironde, Marie Hallier propose des visites guidées toute l’année. Rendez-vous sur son site internet www.bordeauxcognactourguide.com ou sa page Facebook
> Toutes photos et illustrations © Marie Hallier / www.bordeauxcognactourguide.com
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