Les lecteurs les plus fidèles se souviendront qu'en 2012 Invisible Bordeaux avait mis en avant l'un des lieux les plus curieux ...

Un nouveau vaisseau spatial pour l'ovniport d'Arès (1ère partie)

 
Les lecteurs les plus fidèles se souviendront qu'en 2012 Invisible Bordeaux avait mis en avant l'un des lieux les plus curieux de la région : l'ovniport, ou lieu d'atterrissage d'objets volants non identifiés, situé à Arès, commune paisible qui se trouve vers la pointe nord du triangle formé par le Bassin d'Arcachon.
Il y a quelque temps, je fus ô combien déçu de constater que la sculpture en forme de soucoupe volante visible lors de mon premier passage avait disparu, mais j'appris récemment qu'au mois de juin de cette année un tout nouveau vaisseau spatial avait pris sa place. Dans la deuxième partie de ce reportage, je m'entretiendrai avec les personnes (terriennes) qui conçurent et fabriquèrent ce nouvel engin et révélerai ce qu'est devenue l'ancienne soucoupe. Mais dans l'immédiat, focalisons-nous sur ce drôle de lieu : l'ovniport d'Arès.

L'histoire remonte au 15 août 1976 et l'inauguration de l'ovniport dans le cadre de la fête de l'huître de la ville. Cette idée originale fut largement couverte à l'époque par les médias internationaux (notamment aux États-Unis). À l'initiative du projet était un certain Bob Cotten, entouré d'un groupe d'Arésiens. Cet employé de l'aéroport de Mérignac, expert en électronique mais surtout passionné d'OVNI, se disait déçu par le fait qu'il n'y avait aucun lieu désigné pour accueillir ces engins extra-terrestres.

À l'intérieur de l'OVNI d'Arès.
Une pétition fut donc lancée pour la création d'un ovniport dans la commune. Séduit, le maire de l'époque, Christian Raymond, soutint l'idée et réussit, à son tour, à remporter l'adhésion du conseil municipal.

Pendant de nombreuses années, rien ne matérialisait l'ovniport, qui n'était qu'un espace dégagé qui aurait permis de recevoir une soucoupe volante d'une certaine taille. Puis, en 2006, à l'occasion d'une nouvelle édition de la fête de l'huître, la municipalité installa la stèle en photo ci-dessous. Des images de planètes et de soucoupes volantes sont gravées dans le marbre, tout comme l'engagement d'accueillir « sur notre planète les Voyageurs de l'Univers », voyageurs que « l'on attend toujours » patiemment. Ce message est d'autant plus solennel qu'il est écrit en gascon : « Que vos atendem totjorn ». 

La stèle datant de 2006.
Au mois de septembre 2010, une grande animation, « Allo Arès, ici OVNI », fut organisée à Arès afin de marquer le centenaire de l'aéronautique dans la région. À cette occasion la municipalité dévoila une sculpture en forme de soucoupe volante créé par un artiste de Baurech, petit village à 25 kilomètres au sud de Bordeaux. La soucoupe, qui semblait sortir tout droit d'un ouvrage de Jules Verne, fut particulièrement appréciée des enfants, qui aimaient à s'y installer et s'imaginer en train de voyager dans l'espace.

Malheureusement, la sculpture était peu adaptée à l'atmosphère terrestre : rouillée et devenue dangereuse, elle fut enlevée par la municipalité. C'est ainsi qu'elle fut remplacée cette année par un vaisseau spatial plus pérenne, conçu et réalisé par l'entreprise Sud-Ouest Remorques. La forme est très différente et, selon l'entreprise, « rappelle davantage La Soupe aux choux que Jules Verne ».

La soucoupe version 2010 (d'autres photos ici) et celle qui atterrit en 2016.
Un dernier retour sur Terre néanmoins afin de rappeler un élément de contexte particulier par rapport à la création de l'ovniport. En 1974, la ville d'Arès devint associée aux Pèlerins d’Arès, mouvement spirituel classé plus tard comme secte jugée dangereuse. Le fondateur du mouvement, Michel Potay, signa un livre intitulé La révélation d'Arès, inspiré par de prétendues révélations à son domicile à Arès. Ses disciples fondèrent une vingtaine d'assemblées à travers la France et partagèrent sa vision de la foi : un genre de « Chrétienté originelle » mêlant références orthodoxes aux références orientales et ésotériques.

Cela peut éventuellement expliquer pourquoi, en 1976, le maire de la commune fut si enthousiasmé par le projet quelque peu léger et excentrique de création d'un ovniport, qui allait attirer l'attention sur la ville pour des raisons très différentes. Quarante ans plus tard, nous parlons encore et toujours de ce rêve fou de Robert Cotton devenu réalité (une première mondiale reproduite depuis au Brésil et à Porto Rico), et à l'office de tourisme de la ville les cartes postales sur la thématique des OVNI et des extra-terrestres continuent à se vendre. En fait, la seule chose qui manque est la venue à Arès d'un véritable OVNI !

Découverte en vidéo du vaisseau spatial d'Arès :

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