Le dispositif BatCub a récemment fêté son deuxième anniversaire et ce jalon symbolique était pour moi un rappel à l’ordre : je me suis r...

Bref, j’ai pris le BatCub


Le dispositif BatCub a récemment fêté son deuxième anniversaire et ce jalon symbolique était pour moi un rappel à l’ordre : je me suis rendu compte qu’il était grand temps que j’embarque à bord d’une de ces navettes fluviales afin de les découvrir depuis l’intérieur.

Les deux navettes BatCub (dénomination à revoir depuis la transformation de la CUB en Bordeaux Métropole ?) ont pour noms l’Hirondelle et la Gondole. Conçues et fabriquées par des entreprises girondines, elles sont entrées en service le 2 mai 2013. Les prestations sont assurées par la société Gens d’Estuaire pour le compte de Keolis, gestionnaire du réseau de transport public de la métropole.

Aux heures de pointe en semaine, les bateaux transportent jusqu’à 45 passagers et six vélos entre pontons situés de chaque côté de la Garonne avec des départs tous les quarts d’heure. Pendant les heures creuses et le week-end, les navettes relient chacune trois des quatre arrêts (Lormont Bas, Les Hangars, Quinconces, Stalingrad) avec possibilité de transfert entre les deux lignes afin de faire le circuit complet en 40 minutes environ.

La convergence des deux lignes illustrée sur le plan officiel (source : infotbc.com).
Aujourd’hui, les déplacements domicile-travail représentent 60 % des trajets, le restant étant de simples balades sur l’eau pour la somme modique d’1,50€. La fréquentation est en hausse : après 110 000 voyageurs pendant la première année, le chiffre a atteint 210 000 l’année suivante, à savoir un peu au-dessus de l’objectif initial, fixé à 200 000 passagers par an.

Le succès n’était pourtant pas tout de suite au rendez-vous. Peu après le lancement du dispositif, un problème de moteurs a eu pour conséquence le retrait des deux BatCub ; des bateaux de remplacement ont dû être déployés. Puis, au mois de juillet 2013, suite à une nouvelle panne de moteur, une des navettes est venue heurter le Pont de Pierre et est restée piégée par les arches du Pont. Fort heureusement, les 38 passagers ont pu rapidement être évacués.

À gauche : un BatCub, à ne pas confondre avec le Batmobile ou le Batboat (à droite, sources : Hammacher Schlemmer et Daily Mail/Getty).
Les choses ne pouvaient que s’améliorer, ce qui était généralement le cas… du moins jusqu’en avril 2015 et le jour où un BatCub a percuté la péniche de croisière le Burdigala. Auparavant, les BatCub ont également été au cœur d’une polémique lorsque les autres professionnels et plaisanciers opérant sur la Garonne ont signé une pétition contre la vitesse excessive des navettes qui génèrent ainsi trop de vagues à la surface de l’eau.

En parcourant cette histoire déjà riche, j’étais particulièrement impatient de me retrouver à bord d’un BatCub, ce rêve fou devenant réalité un dimanche matin ensoleillé où, à 10h, j’ai pris place à bord d’une des navettes au départ de Lormont en compagnie d’une poignée d’autres voyageurs. L’ambiance était très détendue et chacun circulait librement afin d’apprécier les différents points de vue.

Le Batcub sous tous ses angles (du moins, sous trois de ses angles).
Parmi les points remarquables : une belle vue panoramique du Pont d’Aquitaine, où l’atmosphère était étonnamment sereine car le pont était fermé à la circulation ; nous sommes passés très près de la mystérieuse plate-forme sans nom qui était un récent sujet phare sur le blog ; enfin, nous avons pu admirer les travaux en cours sur la future Cité des Civilisations du Vin qui prend forme dans le quartier Bacalan.


Puis, chose inattendue, le capitaine a éteint le moteur du BatCub. En effet, un paquebot de croisière s’apprêtait à quitter le port de la Lune, et la partie centrale du Pont Chaban-Delmas devait se lever afin de le laisser passer. Cette procédure dure 15 minutes donc nous n’avions qu’un seul choix : patienter et admirer la levée du pont. Cette situation inattendue nous aura permis de passer sous le pont dans sa position haute. Mon appareil photo a capturé le pont depuis cet angle insolite et nous avons eu le sentiment d’être privilégiés d’avoir vu cela d’en bas !


Le BatCub ayant désormais du retard, le capitaine d’annoncer que le premier arrêt, Les Hangars, serait finalement le terminus et qu’afin d’aller plus loin il était nécessaire de descendre du bateau et de basculer tout de suite sur l’autre ligne. Mais l’attente ne serait pas longue car « La Mouette » était déjà visible au loin.

La Mouette ? Et non l’Hirondelle ou la Gondole ? Je ne le savais pas encore mais le deuxième BatCub était immobilisé afin d’effectuer des réparations sur son système électronique et un bateau de remplacement avait été déployé. Mais lorsque j'étais sur le point d’embarquer avec ma bicyclette jaune, la responsable m’a informé que les vélos n’étaient pas admis à bord de La Mouette. Mon aventure BatCub allait donc s’arrêter là de manière prématurée, et ce bien avant d'arriver aux arrêts des Quinconces ou Stalingrad. Frustré par ce goût d’inachevé, j’ai dû faire demi-tour et rentrer chez moi.

La Mouette, le très impressionnant Batcub de secours (interdit aux vélos).
Quel est le verdict ? D’abord, il est difficile de penser à une manière plus agréable de se balader sur le réseau des transports en commun de l’agglomération pour un tel prix symbolique, et depuis l’eau on jouit d’une toute autre perspective sur la ville. Mais, comme j’ai pu le découvrir à mes dépens, les navettes sont souvent les victimes d’aléas techniques et d’imprévus. Le programme que j’avais imaginé sur la base des horaires officiels a dû être en grande partie abandonné. De plus, il aurait été appréciable de savoir à l'avance (affichage aux arrêts ?) que le bateau de remplacement ne prenait pas les vélos. Bref, le BatCub offre à ses voyageurs une ambiance unique et des panoramas exceptionnels, mais il faut savoir être flexible car tout ne se déroule pas forcément comme prévu !

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