Ah, ces bons vieux châteaux d'eau que l'on aperçoit à peine, malgré leurs tailles imposantes ! Et pourtant, que ferait-on sans ...


Ah, ces bons vieux châteaux d'eau que l'on aperçoit à peine, malgré leurs tailles imposantes ! Et pourtant, que ferait-on sans ces structures « destinées à entreposer l'eau et placées en général sur un sommet géographique pour permettre de la distribuer sous pression ». (Merci Wikipédia.) Mais leur heure de gloire est bien arrivée : partons à la découverte de quelques uns des châteaux d'eau les plus marquants de la Gironde, aux attributs divers et variés. 

Nous démarrons au Porge avec ce château d'eau datant de 1950. Admirez son style art déco plein de cachet et les belles lettres qui forment le nom de la commune. Situé sur la place principale du Porge entre la mairie et l’église, il domine ainsi tout le centre-ville. 


La particularité de ces deux châteaux d’eau à Saint-Médard-en-Jalles est la faible distance qui les sépare. Ils sont tous deux situés juste à l’intérieur de l'enceinte d'ArianeGroup, espace dont le surnom est encore et toujours « la poudrerie » en raison de son activité historique de production de poudre à canon et d’explosifs. De nos jours, l’installation produit le carburant et les gaz utilisés pour lancer des fusées et des missiles. 


Ce château d’eau situé dans le hameau de Blagon (sur la commune de Lanton) vante les mérites d'une boisson légèrement plus alcoolisée que l'eau avec sa vieille publicité peinte pour le Rhum St Esprit. Cette marque de rhum a été créée par le négociant en vins de Bordeaux André Teissèdre en 1867 et un article sur durhum.com explique que la marque a continué à être commercialisée jusque dans les années 1990.


La particularité de ce prochain château d'eau de Cours-les-Bains est qu'il a été construit au point culminant du département de la Gironde. Il y a quelque temps, avec mon compagnon de route occasionnel Vincent Bart (blogueur et vedette des réseaux sociaux), nous avons entrepris un voyage impromptu à destination de cette commune, tout simplement pour voir ce qui se passerait à une telle hauteur vertigineuse (altitude : 167 mètres!). Sans doute en manque d'oxygène, nous n'avons pas été très productifs et n'avons donc jamais rédigé de récit revenant sur cette non-aventure… mais je suis heureux de pouvoir intégrer le château d'eau dans cette compilation.  


Ce château d'eau des années 1970, dans le lieu-dit le Pouch (commune de Carcans), est peut-être mon préféré, juste à cause de la fresque assez, disons, originale qui a été ajoutée lors de sa refonte complète en 2010. Ce tableau circulaire, qui occupe toute la surface de la tour, est l'œuvre d'un Francis Lecoq, peintre-décorateur du centre de la France et réussit l'exploit d'être un poil ringard mais aussi assez sympathique. Et si vous voulez savoir comment c'était avant, cliquez par ici.  


Ceci est techniquement un réservoir plutôt qu’un château d’eau (mais à quel moment l’un devient-il l’autre ?). Le réservoir de Lavardens à Talence, incroyable structure en béton armé datant de 1927, mérite pleinement une mise en avant ici. Malgré son ampleur, peu d’informations sur l’endroit sont disponibles en ligne, même si un document que j’ai découvert suggère que le réservoir n’est plus utilisé. (Voir page 90 ici.)


À voir au Haillan, ce château d'eau des années 1970, du haut de ses 30 mètres, est tout simplement énorme et semble sorti tout droit d'un film de science fiction. 


Du côté de Saint-André-de-Cubzac, le château d’eau de Montalon est d'une échelle similaire mais ses nombreuses petites fenêtres et ouvertures contribuent à son aspect assez rétro. Au-dessus de l'entrée on devine la légende « Syndicat des eaux du cubzaguais fronsadais ». 


Cette sphère en acier à Ambarès-et-Lagrave est au contraire très futuriste et peut peut facilement être repérée depuis l'autoroute A10. La structure se situe dans l'enceinte de la société pharmaceutique Sanofi.


Une ambiance rétro-futuriste est également à retrouver à Lormont. Ce château d'eau en forme de balle de golf a été construit vers 1965 et un vaste réservoir se trouve à sa base. La belle boule revêt de temps en temps des habits de couleur, comme par exemple la fois où l'artiste Olivier Crouzel l'a exploitée pour une de ses installations, à découvrir ici et ici.


Un château d'eau aux formes beaucoup plus traditionnelles peut aussi être repéré à Lormont, dans une dense zone résidentielle. Celui-ci a été construit en 1952.


Ce château d'eau, qui se trouve rue de la Croix-de-Seguey dans le centre-ville de Bordeaux, ressemble à un élément de château médiéval ! Il a en fait été construit en 1857 et constitue une partie de l’énorme installation qui comprend également le célèbre réservoir souterrain de Paulin, d’une capacité de 13 000 mètres cubes, utilisé pour stocker l’eau qui est acheminée depuis la banlieue nord-ouest de l'agglomération. 


Le moins imposant de ces deux châteaux d'eau à Podensac a été le premier des projets sur le territoire français du célèbre architecte Le Corbusier, édifice qui a déjà fait l'objet d'un papier sur le blog. Une rénovation complète est désormais à l'ordre du jour et le lieu pourrait même être ouvert au public dans les années à venir. Pendant ce temps, son cousin plus jeune et plus grand continue de se focaliser sur ses tâches quotidiennes liées à la gestion de l'eau ! 


Et nous terminons cette promenade en regardant par-dessus les vignes en direction du château Segonzac à Saint-Genès-de-Blaye, dont le magnifique château d’eau aurait fière allure sur les toits de New York, ne pensez-vous pas ?


Bien sûr, ici nous ne faisons qu'effleurer la surface du monde mystérieux des châteaux d’eau de la Gironde, et je suis sûr que de nombreux lecteurs penseront à d'autres beaux spécimens dont j'ignore ou ai oublié l'existence. Heureusement, il existe un site qui est bel et bien consacré aux châteaux d'eau français (http://chateau.deau.free.fr) avec notamment une page complète qui répertorie tous ceux qui sont à repérer en Gironde... et qui confirme qu'il reste d'autres superbes châteaux d'eau à découvrir à Barsac, Cestas, Cussac-Fort Médoc, Haux, Léognan, Libourne, Pauillac, Saint-Trojan et bien d'autres !

> This article is also available in English!

Le huitième épisode du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible et nous partons à la rencontre de Jean-Pierre Gauffre. Jour...


Le huitième épisode du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible et nous partons à la rencontre de Jean-Pierre Gauffre. Journaliste de formation, Jean-Pierre s’est construit un parcours atypique et éclectique au fil des années dans les médias, dans les maisons d’édition et sur les planches. Auteur, comédien, metteur en scène et chroniqueur, sa voix est devenue l’une des plus reconnaissables du département de la Gironde, grâce notamment à ses interventions tous les jours dans la matinale de France Bleu Gironde. 

Lors de cet entretien, Jean-Pierre dévoile les coulisses de sa chronique quotidienne, raconte la genèse de ses différents spectacles (dont le dernier en date, Les Monologues du Vin), parcourt l'historique de ses Petit dictionnaires absurdes & impertinents aux éditions Féret, et partage ses quelques lieux de prédilection à Bordeaux et dans le Médoc.

Vous pouvez écouter le podcast via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Bonne écoute !


Cliquez ici si le lecteur ne s'affiche pas sur votre appareil.

> Le site internet de Jean-Pierre Gauffre propose une vue d'ensemble de son œuvre : http://jeanpierregauffre.fr/
> Ses chroniques sur France Bleu Gironde sont à retrouver ici.
> La série complète des Petits dictionnaires est disponible sur le site internet Féret ici.

Il y a quelques semaines je m’amusais une nouvelle fois à superposer de vieilles cartes postales sur les panoramas d'aujourd’hui. Le...


Il y a quelques semaines je m’amusais une nouvelle fois à superposer de vieilles cartes postales sur les panoramas d'aujourd’hui. Le cliché ci-dessus du Jardin Public fait le trait d’union entre le Bordeaux du début du 20e siècle et la ville moderne. On y devine quelques vers, extraits d’une « Ode à Bordeaux » signée par Lodoïs Lataste. Mais qui était ce Lodoïs Lataste et quid de son ode au port de la lune ?

Selon différentes sources, au fil des années Lodoïs Lataste, né à Bordeaux en 1842 (mort en 1923), aurait été président d’une société de secours mutuel de Bègles, secrétaire général adjoint du syndicat de la presse mutualiste française, mais aussi, à Paris, chef du service des procès-verbaux et de l'expédition des lois de la Chambre des députés (rien de moins). Mais Lataste était également auteur-compositeur : auteur notamment dès 1866 des paroles de « Le rêve de l’orphelin », ou signant les paroles et la musique de « Fontainebleau ! » en 1888, ou encore de « Les deux sœurs », des strophes patriotiques à la gloire des liens unissant la France et la Russie (1894).  

Mais on doit surtout à Lodoïs Lataste son « Hymne à la Mutualité » (1904), à savoir une marche chantée arrangée en pas redoublé militaire. Selon le site internet Musée de la Mutualité française, l’hymne était un « morceau de bravoure patriotique à tous les sens du terme ; le Général André, ministre de la Guerre, le faisant jouer dans des défilés militaires, son hymne s’affirme comme un acte pédagogique en faveur de la doctrine réformatrice de la mutualité. » Lataste gagna ainsi un nouveau surnom et devint le « Rouget de l'Isle de la Mutualité », en référence à son homologue compositeur de la Marseillaise.

En cherchant davantage d’informations sur cette « Marseillaise de la Mutualité », je suis tombé sur un blog animé par un certain JC Togrege et son récit de la découverte d’une partition de l’Hymne à la Mutualité parmi des centaines de partitions ayant appartenu à ses parents. JC Togrege précise que « Au total, il y a six couplets dans lesquels apparaissent les mots suivants : liberté, classes prolétaires, retraites ouvrières, bonheur social, prévoyance, etc. » et ajoute que « l'on peut sourire devant ce style largement ampoulé, mais ne rions pas devant les valeurs qui y sont proclamées.  Rappelons-nous que la Sécurité Sociale ne date que de 1945 ! Avant cette date, la protection sociale était du domaine des mutualistes, d'abord à travers les sociétés de secours mutuel qui furent les ancêtres des mutuelles. »

Cette partition datant de 1905 a droit à son article dédié du côté du blog les Chroniques de JC Togrege (article dont la lecture est vivement recommandée !).
Et cette « Ode à Bordeaux », alors ? L’extrait qui figure sur ma carte postale (datant de 1913) est, fort logiquement, un couplet à la gloire du Jardin Public (lieu dont le nom rime donc avec celui du peintre et graveur baroque flamand Antoine Van Dyck…) :

Un ravissant Éden où coule une rivière
Près des lilas en fleurs, c'est le Jardin Public.
On y voit des babys jouant sous l’ombrière,
À tenter le pinceau d’un Greuze ou d’un Van Dyck.

Source : mistercard.net
Grâce à la magie du web, j’ai pu trouver deux autres cartes postales mettant aussi à l’honneur l’hommage de Lataste à sa ville natale. D’abord son analyse de la statue Tourny :

Ce joli monument consacre la Mémoire
D’un Maire de Bordeaux, l’Intendant de Tourny.
La splendeur de nos quais est entière à sa gloire,
Il sert toujours d’exemple aux Maires d’aujourd’hui.

Et puis le « pont de fer », connu aujourd’hui sous le nom de passerelle Eiffel :

Salut beau Viaduc, jeté sur la Garonne
Imposant et léger ainsi qu'un arc-en-ciel !
Celui qui te conçut a parfait sa couronne
En créant à Paris la belle Tour Eiffel !

Voilà donc trois couplets de ce poème lyrique, mais combien de strophes et de rimes douteuses manquent encore à l’appel ? Dans la littérature grecque, une ode se composait traditionnellement de sept strophes… si Lataste était fidèle à cette règle, quels sont les quatre autres lieux emblématiques de la ville qui avaient été immortalisés ? N’ayant pas pour l’instant retrouvé le texte complet, le mystère demeure entier. Peut-être saurez-vous m’aider à aller plus loin afin de reconstruire l’ « Ode à Bordeaux » de Lodoïs Lataste, le « Rouget de l'Isle de la Mutualité » ?...

Cette histoire commence dans la dépendance du jardin d'une collègue qui, plus tôt cette année, était occupée à faire des travaux da...


Cette histoire commence dans la dépendance du jardin d'une collègue qui, plus tôt cette année, était occupée à faire des travaux dans cette propriété située dans le quartier Caudéran de Bordeaux où elle s'installa en 2017. Elle tomba sur une petite boîte métallique de pellicule photo 35 mm Kodak Plus-X. Sur le couvercle, il était précisé que le film devait être développé avant le mois d'octobre 1955. Elle ouvrit la boîte et y trouva un long rouleau de négatifs.


Sa réaction naturelle fut de se rendre dans un magasin de photo situé à proximité pour convertir les négatifs en fichiers numériques. La pellicule révéla ainsi 51 images inespérées : des photos de famille à la maison, en pique-nique ou en mode détente à la plage d'Arcachon, des clichés de Caudéran et de Mérignac couvertes de neige épaisse, ou encore ce qui semblait être une fête d'anniversaire d’enfant. Il y avait aussi beaucoup de voitures et d'animaux de compagnie !
Lorsque ma collègue nous présenta ses découvertes inattendues, je compris immédiatement que le sujet était potentiellement intéressant pour Invisible Bordeaux. Et quand elle nous montra la magnifique scène (ci-dessous) digne de Robert Doisneau, représentant un enfant et un adulte assis sur le pare-chocs d'une voiture, je compris que le défi logique consistait à retrouver cet enfant 65 ans plus tard ! Où pourrait-il être et par où pouvions-nous commencer?


Les précédents propriétaires de la maison à Caudéran l’avaient acquise en 2000. Les documents associés indiquaient que les vendeurs étaient alors une Jacqueline D. et ses deux enfants, Jean-Claude D. (né en 1948 à Talence, habitant alors à Draguignan, dans le Var) et Christine Marie D. (née en 1956 à Bordeaux, résidant à Louviers, dans l’Eure). En croisant ces informations avec les photos, l’un des personnages récurrents était ce petit garçon, y compris les deux photos d'une fête d'anniversaire où le gâteau arborait sept bougies. Il y avait donc de bonnes chances que ce petit garçon soit Jean-Claude qui, avec le temps, aurait sans doute hérité de la propriété.

Je rêvais instantanément de déclencher une recherche massive sur les réseaux sociaux, mais j’ai d’abord privilégié les bonnes vieilles Pages Blanches (du moins la déclinaison en ligne !) et ai rapidement trouvé un Jean-Claude D. domicilié dans une commune à une trentaine de kilomètres de Draguignan. J’ai tout de suite envoyé un message pour expliquer les raisons de ma prise de contact. Plus tard dans la même journée, mon téléphone sonna et c’était un certain Stéphane D. à l’appareil, me confirmant qu’il s’agissait bien de son père, Jean-Claude, sur les photos.

Cette vue du front de mer d'Arcachon en 1955 figure parmi les photos découvertes 64 ans plus tard !
Il m’expliqua que la maison appartenait à l’origine aux arrière-grands-parents de Stéphane (à savoir, les grands-parents de Jean-Claude) et que Stéphane avait lui-même de bons souvenirs d’enfance de la maison et de ses environs. Dans les années 1950, le jeune Jean-Claude passait ainsi ses vacances là-bas avec ses parents. Son père, photographe amateur passionné, captura ces scènes de la vie ordinaire. Je promis d'envoyer à Stéphane les photos qu'il montrerait ensuite à son père. Après avoir « zippé » les fameux fichiers, l'affaire fut conclue !

Le lendemain, mon téléphone sonna à nouveau. Cette fois-ci c’était Jean-Claude himself en ligne depuis le sud-est de la France. Il était ravi de ce paquet surprise et de la découverte de ces photos près de 65 ans plus tard. Nous établîmes rapidement que l'endroit où la boîte fut trouvée était autrefois l'emplacement de la chambre noire où son père développait ses propres photos. En regardant les images, la plupart des visages lui étaient familiers et Jean-Claude avait reconnu des amis de la famille, des oncles et des tantes, sans oublier quelques cousins ​​à ses côtés dans les photos immortalisant la fête de ses sept ans ! 

Les sept ans de Jean-Claude en octobre 1955 ! Admirez également le beau poste radio en arrière-plan.
Jean-Claude précisa que les images de Caudéran sous la neige ont été prises à l'hiver 1956, l'un des épisodes les plus froids jamais enregistrés en France et dans la majeure partie de l'Europe occidentale. Quant à la photo d’un nouveau-né, il s’agissait de sa sœur Christine, dans les bras de leur oncle et de leur tante. 


Enfin, la photo qui avait déclenché la quête était celle de lui avec un ami de son père, une personne dont il se souvenait comme étant le « clown de service » et qui, en examinant de plus près la photo, était en train de déguster une énorme glace ! La voiture derrière eux était une Renault 4CV. Bien sûr, pour que cette mission soit réellement accomplie, j’aurais souhaité boucler la boucle avec une photo de Jean-Claude dans une situation similaire. Je demandai donc un remake 2019 de cette image qui était restée cachée pendant toutes ces années et espère rajouter cette photo supplémentaire dès qu’elle sera disponible !

Voilà donc comment la découverte d'une vieille pellicule photo déclencha cette mini-enquête amusante ! Une dernière pensée : maintenant que nous sommes en pleine ère numérique, les générations futures se lanceront-elles dans des quêtes similaires après avoir déniché de vieilles clés USB ou cartes mémoire ? Les données numériques survivront-elles aussi longtemps que ces négatifs ? Nous verrons dans soixante ans… alors, en guise de clin d’œil au célèbre tube Disco 2000 du groupe Pulp, retrouvons-nous en 2080 !

> Un grand merci à Agnès d'avoir partagé ces photos, et à Stéphane et à Jean-Claude pour toutes les informations complémentaires ! 
> This article is also available in English!

Au cours des dernières années, on a beaucoup parlé de l'écoquartier de Ginko au nord de Bordeaux, une zone résidentielle nouvelle...


Au cours des dernières années, on a beaucoup parlé de l'écoquartier de Ginko au nord de Bordeaux, une zone résidentielle nouvellement construite qui vise à cocher toutes les bonnes cases sociales et écologiques. Il était donc grand temps qu'Invisible Bordeaux s'y rende afin de voir tout cela de près !

Mais, tout d'abord, que sont ces fameux écoquartiers ? Selon Wikipédia, ce néologisme désigne « un type de planification urbaine qui vise à associer la maîtrise des ressources nécessaires à la population et aux activités de production économiques, à la maîtrise des déchets qu'ils produisent ». D'où Ginko, le premier quartier du genre à Bordeaux-même, construit sur un lot encadré par, côté ouest, le lac artificiel créé à partir des années soixante ; au nord par la zone hôtelière, d'affaires et de congrès du Lac ; à l'est par l'énorme centre commercial Bordeaux Lac ; et au sud par les résidences du quartier des Aubiers.


Le projet Ginko a pris forme à partir de 2006 et les travaux de construction ont démarré en 2010. Les premiers résidents ont emménagé en 2013, sachant que le quartier ne sera achevé qu'en 2022. Les grandes lignes directrices de Ginko ont été conçues par les urbanistes Christian Devillers et Olivier Brochet, et le tout a été mis en œuvre par le groupe Bouygues.

En termes de chiffres bruts, Ginko représentera à terme une surface totale de 32,6 hectares comprenant 2 700 habitations pour environ 7 000 résidents, misant sur une importante variété de types de logements conçus pour attirer un éventail tout aussi large de profils. Des espaces verts occuperont, quant à eux, environ 40 % de la superficie totale. La création de Ginko s'est également accompagnée d'une nouvelle extension de la ligne C du tramway, sans oublier l'intégration de plusieurs magasins et restaurants, d'une école élémentaire et de la première nouvelle église catholique construite à Bordeaux en 40 ans.  


Par contre, la réputation de Ginko est malmenée depuis ses premiers jours. Sur les réseaux sociaux et ailleurs différents facteurs sont pointés du doigt : densité du taux d'occupation des sols, ambiance glauque la nuit tombée, ou encore la piètre qualité des constructions et des aménagements intérieurs et extérieurs... tristement symbolisée par l’effondrement très médiatisé du balcon d'un logement situé au quatrième étage d'une résidence en 2015 (heureusement, l'incident n'a fait aucun blessé hors l'image ternie de Ginko et de Bouygues). Des enquêtes ont pu néanmoins démontrer que les habitants déclarent être globalement heureux à Ginko, bien que la plupart ait en effet constaté des malfaçons dans leur habitation ou encore souligné un problème de propreté des espaces publics ou de nuisances sonores.

L'effondrement d'un balcon en 2015 (source photo : Sud Ouest) et, à droite, le même bâtiment aujourd'hui.
Bref, me voilà dans le quartier un dimanche matin ensoleillé. Pour cette découverte j'ai opté pour le trajet aller-retour nord-sud, en démarrant près de la station de tram « 40 Journaux », qui semble être également un mini-parking officieux pour caddies du hypermarché Auchan. De là, le large boulevard qui s'étend du nord au sud, le cours de Québec, coupe le quartier en deux et est lui-même divisé en son milieu par la ligne de tramway. Le caractère anonyme des niveaux rez-de-chaussée des immeubles est parfois rompu par la présence de restaurants (notamment une pizzeria et un HFC, Halal Fried Chicken), d'un tabac-presse et d'une laverie. Un des bâtiments les plus imposants est celui de l’école élémentaire Vaclav Havel, entouré de tous côtés par des grillages, donnant un peu l'impression d'être une cage géante.

Cours de Québec, l'axe central de Ginko. NB : le ciel n'est pas toujours aussi bleu !
Des caddies stationnés près de l'arrêt de tram.
Options repas : HFC ou pizzeria.
Au tour de qui d'aller dans les cages ? L'école Vaclav Havel.
En se rendant dans les différentes artères perpendiculaires, on découvre un environnement nettement plus piétonnier, avec de larges trottoirs qui bordent des étangs qui sont traversés par de jolies passerelles. Le cadre est paisible et sympathique : bancs, boîte à lire, et quelques pignons sur rue : une boulangerie par ci, un café / espace co-working par là, et une petite école Montessori. Le contraste est saisissant avec son homologue d'État à quelques mètres de là !

Étangs et passerelles.
L'espace co-working.
L'école privée Montessori.
Ces voies piétonnes parallèles sont reliées entre elles par des allées menant à une aire de jeux pour enfants, le jardin du Clown Chocolat (du nom du célèbre clown né à Cuba, mort et enterré à Bordeaux) qui, vu de l'extérieur, rappellerait presque l'univers de l'émission Teletubbies ! En se dirigeant plus encore au sud, on tombe sur un parc linéaire et ses drôles de structures en bois, avant d'arriver à un terrain de sport d'un bleu tellement vif qu'il est sans doute facilement repérable depuis l'Espace. Un gymnase tout neuf marque la jonction entre Ginko et le quartier des Aubiers, comme le rappelle d'ailleurs son nom : il s'agit du gymnase Aubiers-Ginko.

Le jardin du Clown Chocolat.
Le terrain de sports bleu.
Le gymnase Aubiers-Ginko. Dans la fenêtre on observe le reflet d'une des célèbres résidences du quartier des Aubiers.
En remontant vers le nord, près d'un grand carrefour on peut observer l'église paroissiale de Notre Dame du Lac mentionnée plus haut. Cet édifice résolument moderne conçu par Émilie Brochet est entièrement entouré de grandes résidences. En face de l’église se trouve toute une zone encore en travaux, zone qui accueillera de nouvelles résidences mais aussi la future zone commerçante  « Cœur Ginko », qui servira de trait d'union entre Ginko et le centre commercial Bordeaux Lac. C’est notamment ici qu’ouvrira un grand magasin Cultura. Chose surprenante, sur les grands panneaux qui masquent les travaux en cours, le message mis en avant par Bouygues en guise de teaser est la promesse de 1 530 places de parking souterraines.

La paroisse Notre Dame du Lac.
La zone Cœur Ginko en devenir.
Chouette : bientôt 1 530 places de parking ! En sous-sol ! Yeah !
Mon périple se termine vers la pointe nord-est du quartier et ce que ma feuille de route m'annonce comme étant la chaufferie biomasse Engie Services. Ce bâtiment a un aspect tout à fait moderne et écologique, mais aussi assez mystérieux. Cependant, à l’extérieur, à part l’inscription indiquant son « énergie éco responsable », aucune information supplémentaire n’est proposée. La façade est plutôt occupée par un grand panneau publicitaire vantant les mérites de Cœur Ginko.

La chaufferie énigmatique.
Alors, quelle était mon impression générale suite à cette matinée passée dans l'écoquartier Ginko ? Eh bien, Invisible Bordeaux n'exprime que rarement des avis particulièrement tranchés sur les sites qu'il découvre, et d'ordinaire il s'agit là d'une stratégie volontaire de neutralité. Cependant, cette fois-ci, le sentiment général était bien celui d'une certaine ambivalence - le quartier ne m'a fait ni chaud, ni froid, et la découverte n'était ni spécialement agréable, ni désagréable. Ginko est clairement un quartier où l'on vit et non un quartier qu'on visite ; certes, ce dimanche matin je ne m'attendais pas à beaucoup d'animation, mais en réalité les rues étaient pratiquement désertes (comme vous l'aurez constaté, je n'ai eu aucun mal à prendre des photos où absolument personne ne figure).

Mais n'est-ce pas là le plus gros enjeu pour Ginko ? Cet écoquartier réussira-t-il à faire sortir ses habitants de leurs maisons et leurs appartements afin de construire cette nouvelle communauté voulue, axée sur la mixité et la diversité ? Les écoles, les lieux de détente et les espaces en commun deviendront-ils des points d'échange et de rencontre ? Pour l'instant, ce processus est en phase de démarrage lent et seul l'avenir nous dira si Ginko vieillira bien et développera bien sa propre identité, créant une ambiance qui lui est propre. Invisible Bordeaux devra donc y retourner afin de faire de nouveaux points d'étape !


> Localiser dur la carte Invisible Bordeaux map : Ginko eco-district, Bordeaux
> Site officiel afin que vous puissiez, vous aussi, accéder au rêve Ginko : www.ecoquartier-ginko.fr 
> La carte que j'ai utilisée pour me repérer dans le quartier est disponible ici.
> This article is also available in English! 

Le septième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible : nous embarquons pour un véritable voyage dans...


Le septième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible : nous embarquons pour un véritable voyage dans le temps en compagnie de Philippe Serra, ancien beatnik et musicien, et expert reconnu de la scène musicale bordelaise (contributeur notamment au livre de référence "Bordeaux Rock(s)"). Ensemble nous partons à la redécouverte d’un lieu mythique du paysage musical de la ville : l’Alhambra

Remplacée désormais par une résidence, du côté de la rue d’Alzon, non loin de la rue Judaïque, la façade est la seule trace qui reste de cette salle qui a fonctionné à plein régime de 1870 jusqu’à sa fermeture en 1984. Très polyvalente, l’Alhambra accueillait concerts, spectacles musicaux, pièces de théâtre et films, mais aussi de la boxe, du catch, des bals, des kermesses, des arbres de Noël d'entreprises, des conférences, des débats et des meetings politiques. À la rubrique insolite, pendant de nombreuses années, l’Alhambra avait même sa piste de skating… et en période de guerre en 1914 la salle principale est devenue la chambre des députés suite à l'installation du parlement à Bordeaux ! 

Il y a quelque temps, pour le blog, Philippe avait gentiment accepté de partager quelques impressions d’événements ayant eu lieu dans cette salle mythique, dont certaines extraites d’un projet de livre de souvenirs. Nous voilà donc ensemble autour de deux micros pour revenir sur ces anecdotes et aller plus loin. Philippe évoque ainsi Gene Vincent, Chuck Berry, Memphis Slim, Soft Machine, Pierre Henry, les Stranglers... mais parle aussi de la montée en puissance de la salle du Grand-Parc et du Jimmy, et explique pourquoi le live de Barbara enregistré à l'Alhambra est un disque à part. Ah, et un éléphant fait également une entrée aussi inattendue que fracassante dans l'histoire du lieu !   

Vous pouvez écouter le podcast via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Bonne écoute !


Cliquez ici en cas de problème d'affichage du lecteur.



> L'Alhambra : la salle mythique bordelaise qui accueillit les plus grandes icônes du 20e siècle
> Retour à l’Alhambra en compagnie de Philippe Serra
> Informations complémentaires sur le live de Barbara
> "Veuve de Guerre", extrait de cette réprésentation de Barbara en 1969

La maison Gobineau, ce bâtiment de forme triangulaire à la pointe sud des Allées de Tourny, est l’un des véritables « incontournables »...


La maison Gobineau, ce bâtiment de forme triangulaire à la pointe sud des Allées de Tourny, est l’un des véritables « incontournables » de Bordeaux et est souvent comparé au célèbre Flatiron Building de New York. Le rez-de-chaussée est principalement connu aujourd’hui comme étant le Bar à Vin du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) mais… saviez-vous que la maison Gobineau a été l’un des premiers cinémas de la ville ? 

Attardons-nous d’abord sur cet immeuble : la maison Gobineau a été achevée en 1816, construite par l’architecte Gabriel Durand selon les plans conçus en 1787 par son homologue Victor Louis, ce dernier étant également responsable du Grand Théâtre, non loin de là et inauguré en 1780. Suite à la décision de démolir le château Trompette (qui a finalement disparu pour de bon en 1818, laissant la place à l'esplanade des Quinconces), ce bâtiment a été érigé sur un terrain ainsi devenu exploitable dès 1786. Cette parcelle avait été allouée à un conseiller du Parlement de Bordeaux, Thibault-Joseph de Gobineau, pour y installer son nouvel hôtel particulier. 

Sa curieuse forme triangulaire (évoquant peut-être un navire ?) a ensuite dicté la manière dont le flanc nord des allées de Tourny et le cours du 30 juillet voisin allaient s’articuler et se développer. Vers 1920, l'architecte Raymond Mothe modifie radicalement le bâtiment – apparemment devenu un hôtel et un café restaurant à en croire les cartes postales de l’époque – en y ajoutant deux nouveaux étages, augmentant ainsi de façon conséquente la hauteur du bâtiment.

La maison Gobineau vers 1918 (avec enseignes d'hôtel et de café restaurant) et 1965 (devenue Maison du Vin de Bordeaux).
Passage aux niveaux supérieurs vers 1920. Source photo : groupe Facebook "Bordeaux, je me souviens".

Menu du café Gobineau datant du printemps 1939. Crédit : Jennifer Murray.
À partir de 1925, la première succursale Citroën de Bordeaux occupait une partie du rez-de-chaussée, avant que l'immeuble de ne devienne, en 1948, le siège du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (ou tout simplement, la Maison du Vin de Bordeaux), d’où l’installation au rez-de-chaussée du Bar à Vin. Il est ouvert au public, permettant ainsi de découvrir différentes curiosités datant du milieu du 20e siècle dont deux vitraux conçus par René Butheau et une tapisserie d'Aubusson signée Marc Saint-Saëns sur le thème de la vigne.

Les spectaculaires vitraux à découvrir dans le Bar à Vin. À gauche : "Le triomphe de Bacchus" ; à droite : "À la gloire de Bordeaux".
La tapisserie d'Aubusson : "Le vin de Bordeaux, la naissance d'un cru".

Mais qu'en est-il de l'affirmation surprenante que la maison Gobineau était autrefois un cinéma ? Eh bien, il se trouve qu'un soir, je parcourais quelques-unes des cartes postales accumulées ces dernières années, dont cette photo de la maison Gobineau datant d’environ 1908 :


Et j'ai remarqué que, juste au-dessus de l'entrée principale du rez-de-chaussée, le mot « CINÉMA » est clairement visible : 


L’explication est que, dans les dernières années du 19e siècle et au tout début du 20e, le cinéma était encore une activité qui sortait de l’ordinaire, et constituait généralement une forme de divertissement mobile. Pour regarder un film - qui au début n’était pas tellement une œuvre de fiction mais plutôt des scènes de tous les jours filmées avec une caméra - les spectateurs se dirigeaient là où le projectionniste ambulant pouvait s’installer : fête foraine, salon public, bar, etc. ! La Maison Gobineau était l'un de ces établissements, et il est probable que, sur un jour donné à un horaire donné, les clients se rassemblaient donc dans une salle obscure à l'intérieur de la maison Gobineau pour regarder un film ensemble !

Vue intérieure du début du 20e siècle, source : "Bordeaux, Métamorphoses", Max Baumann.
Est-ce ici qu'ont été projetés ces films du début du 20e siècle ?
Pour illustrer ce lien entre des immeubles a priori résidentiels (ou bureaux) et l'industrie cinématographique naissante, quoi de plus parlant que la plaque visible de l'autre côté des allées de Tourny (au numéro 10) qui célèbre la première projection publique d'images animées organisée à l’étage le 29 février 1896 devant différentes personnalités et la presse. Selon un reportage d’époque, revenant sur des séances publiques qui ont eu lieu le lendemain, « une dizaine de tableaux, reproductions de la vie courante, ont littéralement émerveillé les spectateurs ». (Source : Pierre Berneau, Les débuts du spectacle cinématographique à Bordeaux.)   

À voir en face de la maison Gobineau !
En ce qui concerne les établissements plus imposants, le théâtre l’Olympia (où se trouve actuellement la salle de concert Auditorium) et le théâtre le Français (aujourd’hui un multiplexe fraîchement rénové) proposaient des films dans leurs programmes de music-hall le soir, ainsi que des projections en matinée dès 1898-1899. La première salle de cinéma dédiée de Bordeaux, le Cinéma Hélios, s’est installée au 5 cours de l'Intendance à partir d'août 1902, présentant les premiers films « cinéma parlant » (à ne pas confondre avec le véritable cinéma sonore, qui n'a débuté qu'à la fin des années 1920) et offrant une combinaison cinématographique / configuration phonographique incompatible avec les systèmes mobiles. (Devenu plus tard le Cinéma National Pathé puis l'Intendance, cet établissement fermera ses portes en 1976.)

Le cinéma Hélios, devenu le cinéma National Pathé puis l’Intendance (source photos du haut : groupe Facebook "Bordeaux, je me souviens"), et cette même entrée de nos jours. 
En l’espace de dix ans, le centre de gravité des cinéphiles bordelais s'est définitivement déplacé des foires et des salles de bars vers des lieux polyvalents reconnus, qui proposaient désormais une vraie programmation cinématographique (c’est le cas notamment de l’Alhambra, sujet déjà largement couvert sur le blog, par le biais de son « Alhambra Cinéma Gaumont »), ou vers de toutes nouvelles salles dédiées. Selon Sud Ouest, en 1945, une quarantaine de cinémas opéraient à Bordeaux !

Combien de temps la maison Gobineau a-t-elle fonctionné en tant que cinéma ? Invisible Bordeaux n’a pas encore de réponse à cette question, mais c’était manifestement assez longtemps pour justifier l’installation de ce panneau au-dessus de la porte ! Bref, la prochaine fois que vous serez au Bar à Vin du CIVB, dégustant un verre de Médoc ou de Saint-Émilion, n’hésitez pas à déboussoler le personnel en demandant à quelle heure est la prochaine séance de cinéma !

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Maison Gobineau, allées de Tourny, Bordeaux
> Site internet du Bar à Vin: baravin.bordeaux.com
> Merci à Rosine Duet et Stéphane Cazabat pour leurs précisions par rapport à la succursale Citroën ! 

Le sixième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible, et vous invite à un voyage dans le monde du cin...


Le sixième épisode du podcast mensuel d'Invisible Bordeaux est désormais disponible, et vous invite à un voyage dans le monde du cinéma bordelais en compagnie de Jérôme Mabon, jeune cinéphile qui est à l’origine d’États Critiques, qui se définit comme le blog cinéma bordelais.

Alors, Bordeaux est-elle une ville de cinéma ? Jérôme répond à cette question en évoquant les films qui ont été tournés dans la ville, en rappelant les personnages du septième art liés au port de la lune, en parcourant les festivals et les salles de la métropole, et bien plus encore ! 

Vous pouvez l'écouter via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur diverses plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Et, plus bas sur cette page, retrouvez tous les liens qui vous permettront d'aller plus loin. Bonne écoute !


> Vous retrouverez le blog États Critiques ici : ecritiquesblog.com

> La page Facebook est ici
> L'enquête sur le passage furtif du Corniaud à Bordeaux est ici.
> L'article de Jérôme sur Max Linder est ici (et le dossier Invisible Bordeaux ici).
> Jérôme évoque également son article sur Geneviève Fontanel, à retrouver ici.