Les lecteurs de (très) longue date du blog se souviennent sans doute non sans émotion de la fois, en 2014, où je me suis associé à mon collè...


Les lecteurs de (très) longue date du blog se souviennent sans doute non sans émotion de la fois, en 2014, où je me suis associé à mon collègue blogueur Vincent et à mon fils Dorian pour explorer le sujet « invisible » par excellence, à savoir le point virtuel où deux lignes virtuelles se croisent virtuellement : le point de confluence entre le méridien de Greenwich et le 45e parallèle nord ! Hourra


Comme vous l'aurez compris en recoupant rapidement avec le globe terrestre que vous avez inévitablement sous la main, l'endroit est particulièrement intéressant pour quiconque s'intéresse un tant soit peu aux bizarreries géographiques : c'est le lieu même qui se trouve exactement à mi-chemin entre l'équateur et le pôle Nord, et où l'est devient aussi l'ouest (ou l'ouest l'est). Et oui, c'est en Gironde, au bord d'une route qui relie Saint-Seurin-sur-l'Isle à Puynormand (il est techniquement situé sur la commune de Puynormand), à une soixantaine de kilomètres à l'est de Bordeaux. 


En 2014, Vincent, Dorian et moi avons bravé la pluie battante pour y planter un panneau en bois fait maison qui constituerait un repère indiquant le point de rencontre du méridien et du 45e parallèle. À l'époque, il n'y avait rien sur place pour indiquer l'endroit exact, et notre panneau rudimentaire a survécu plusieurs années (et a même été photographié solennellement par un certain nombre de passionnés de confluences latitude / longitude, qui postent leurs découvertes en ligne).  


Le panneau très roots que nous avions installé en plein orage en 2014.

Mais ce qui est peut-être encore plus mémorable, c'est que, grâce à une rencontre fortuite, notre court séjour à Puynormand nous a valu une audience imprévue avec un certain André Stanghellini. Il est le fondateur de « Greenwich / 45° », une modeste association qui cherche à faire connaître et valoriser ce lieu insolite et qui a développé un projet ambitieux de création d'une véritable zone d'accueil, avec parking, monument et panneaux d'information. La conversation d'alors a été passionnante. 


Huit ans plus tard, en août 2022, Puynormand et sa confluence unique se trouvaient à proximité de l'itinéraire d'un périple vélo de quatre jours prévu avec mon épouse et mon beau-père. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion de revoir M. Stanghellini et de faire un état des lieux des progrès réalisés entre-temps. Le rendez-vous a été pris !


Une partie du nouveau panneau.

Une fois de plus, nous nous sommes rencontrés dans sa maison au cœur du bourg de Puynormand, qui ne sert plus de maison d'hôtes, mais qui était néanmoins très animée le jour de mon passage, car André et son épouse Marie-José étaient en compagnie de leur fils Pierre et de sa famille, désormais domiciliés à Hong Kong. J'ai demandé à André ce qui avait changé depuis 2014. 


« Nous avons essayé en vain de faire bouger les choses et de nombreuses promesses ont été faites, mais rien ne s'est vraiment produit, en grande partie par manque de moyens financiers. Cependant, un grand pas en avant est que le terrain lui-même a été acheté par la mairie et est à présent un terrain communal. Comme nous avons le plein soutien du maire, nous avons au moins pu, il y a un an environ, y installer un panneau plus pérenne. »  


En effet, j'étais déjà au courant de cette nouveauté dans le paysage, ayant récemment lu un article sur le blog de François Remodeau, instituteur à la retraite, qui s'est lancé le défi de parcourir à pied le méridien de Greenwich du nord de l'Angleterre au sud de l'Espagne (François était en contact avec moi et nous avons bien sûr évoqué ensemble les projets d'André Stanghellini !). 


André Stanghellini et François Remodeau, aventurier du méridien de Greenwich (photo reproduite avec l'aimable autorisation de François).

André ajoute que « nous avons utilisé du matériel robuste qui avait également été employé pour le panneau extérieur de notre maison d'hôtes, il devrait résister à tous les éléments ! Néanmoins, nous aimerions encore aller plus loin. À terme, notre double objectif est bien sûr de matérialiser le point de convergence, mais aussi de valoriser l'histoire qui va avec, de proposer un parcours pédagogique sur ce que cela représente en termes d'histoire de la structuration et du calcul du temps et de l'espace, de la navigation, etc. Il y a de fortes chances que nous puissions au moins installer quelques panneaux d'information avec l'aide d'un enseignant. »


Marie-José mentionne également qu'entre-temps, « le site est véritablement devenu un lieu d'intérêt légitime, nous l'avons même intégré dans une parcours de visite organisé lors des Journées du patrimoine - c'est là que la promenade s'est terminée ! »


Le nouveau panneau routier, une vue globale du site dans toute sa splendeur, et gros plan sur le panneau qui annonce, tout simplement, le centre de l'hémisphère nord.

Et bien que le projet d'un centre d'interprétation plus imposant semble avoir été abandonné, le rêve d'une œuvre d'art plus importante et plus emblématique est toujours d'actualité. André explique que « nous espérons solliciter un artiste bordelais de renom qui, nous le pensons, pourrait avoir envie d'installer une œuvre dans un endroit aussi unique ». Ainsi, peut-être que dans quelques années, les personnes traversant la campagne sur l'autoroute A89 ou la départementale 123 pourront apercevoir une grande sculpture montrant le point de rencontre de ces deux lignes imaginaires !  


Laissant André et sa charmante famille derrière moi (le mot de la fin d'André était un chaleureux et sincère « Vive l'amitié franco-britannique »), j'ai repris mon vélo pour voir le nouveau panneau par moi-même, et j'étais également heureux de voir qu'il y avait maintenant une flèche indiquant le chemin depuis la départementale. Sur place, je me suis rendu compte qu'il y avait d'autres ajouts improvisés, sous la forme de deux panneaux en bois indiquant la latitude et la longitude. Après avoir pris quelques photos, je me suis dirigé vers l'est en direction de Ménesplet, où j'ai rejoint mes compagnons de voyage. 



L'un des autres panneaux, un peu en forme de crucifix, non ?

Une fois de plus, huit ans après, il a été étrangement agréable de visiter quelque chose qui n'existe pas, grâce notamment à la redécouverte de l'énergie, l'enthousiasme et la bonne humeur d'André Stanghellini. Le Bordeaux Invisible (tout comme que l'aventurier du méridien François Remodeau) espère que ses projets se concrétiseront ! Vive Puynormand !


> Localisez sur la carte Invisible Bordeaux : Convergence between Greenwich meridian and 45th parallel North

> Cliquez ici pour découvrir le récit du périple de François Remodeau le long du méridien de Greenwich (jusqu'au nord de l'Espagne pour l'instant!)

> Cliquez ici pour revivre l'aventure Puynormand 2014

> This article is also available in English!

Le Bordeaux Invisible a fourni les textes et les images destiné à un dossier de cinq pages sur la ville de Bordeaux qui figure dans le numér...


Le Bordeaux Invisible a fourni les textes et les images destiné à un dossier de cinq pages sur la ville de Bordeaux qui figure dans le numéro du mois d'août 2022 du magazine britannique The Simple Things, actuellement disponible en kiosque au Royaume-Uni ainsi qu'en ligne. 

Dans cet article, je propose un aperçu de ce qui fait le charme de la ville et de ce qui la rend différente, des endroits à voir, de la nourriture à goûter, de la meilleure façon de se déplacer dans Bordeaux, et bien d'autres choses encore, y compris une visite personnelle avec quelques recommandations utiles. J'espère qu'il s'agit d'un aperçu intéressant et fidèle du "Port de la Lune" ! Et oui, il se peut même que vous y trouviez un canelé !



> Cliquez ici pour en savoir plus et commander un exemplaire

> Site internet The Simple Things : www.thesimplethings.com

> Site internet The Simple Things France : www.simple-things.fr

Comme les lecteurs fidèles le savent, ces derniers mois, mon projet musical Slowrush a à nouveau pris le pas sur le blog Invisible Bordeau...

Comme les lecteurs fidèles le savent, ces derniers mois, mon projet musical Slowrush a à nouveau pris le pas sur le blog Invisible Bordeaux en termes de temps et d'énergie. Mais cela ne veut pas dire que les deux projets ne se nourrissent pas l'un de l'autre. En effet, deux chansons du troisième E.P. publié par Slowrush sont directement inspirées par des sujets traités sur le blog par le passé !

 

En effet, sous ses airs de power-pop, le titre phare 'This Used To Be The Future‘ (en vidéo ci-dessous) s’inspire du monde mystérieux des aéroglisseurs des années 1970.  Bien sûr; comme relaté sur le blog il y a quelque temps; la commune Pauillac se souvient encore du passage du SEDAM, et de nombreuses personnes n'ont pas non plus oublié les rotations entre Lamarque et Blaye !

 


Cliquez ici si la vidéo ne s'affiche pas correctement.

Ensuite, 'The Spaceport‘, qui conclut le mini-album, raconte la création du très étrange ovniport d'Arès sur le Bassin d'Arcachon, à savoir une zone d'atterrissage dédiée aux vaisseaux extra-terrestres… et qui attend encore ses premiers usagers ! Justement, le refrain de cette chanson rappelle à un certain Bob Cotten, à l'origine de ce lieu on ne peut plus insolite, qu'on attend toujours... ou, pour reprendre la phrase inscrite sur la stèle visible sur place « Que vos atendem totjorn » !

 

Quant aux deux autres morceaux de l'E.P., 'Living The Dream', s'articule autour d'un piano électrique très seventies avant de se transformer progressivement en un festival de guitares et de chœurs ! La chanson est le résultat d'une observation non sans jalousie de citadins qui se sont installés à la campagne. Enfin, titre incontournable de notre répertoire live, 'Seeing Is Believing', est une chanson particulièrement estivale, même si son sujet concerne la capacité de manipulation des médias !

 

Vous retrouverez l'E.P. sur la plateforme de votre choix ci-dessous. Ou, si vous préférez, descendez un peu plus bas dans la page pour découvrir les morceaux individuels via la plateforme Bandcamp !

 

Bonne découverte ! 





Photo de groupe : Florent Van Liefde

Dans la zone industrielle Pessac Bersol, dans l'espace délimité par la rocade à l'est et l'autoroute A63 au sud, de nouveaux bât...


Dans la zone industrielle Pessac Bersol, dans l'espace délimité par la rocade à l'est et l'autoroute A63 au sud, de nouveaux bâtiments modernes prennent actuellement forme... bien qu'une structure isolée ressemblant à une tour de contrôle aérien subsiste de la vie antérieure du lieu. Qu'est-ce que cette tour, pourquoi tient-elle encore debout, et que va-t-elle devenir ? 

La tour est en fait un vestige de l'époque où la parcelle abritait les capacités radar de Thomson-CSF, aujourd'hui connu sous le nom de Thales. Le groupe de systèmes électroniques avait ouvert le site de Pessac en 1974, à peu près en même temps qu'une branche d'électronique aéronautique était également créée au Haillan. Les équipes des deux usines ont finalement déménagé vers un nouveau site à Mérignac en 2016, un cadre moderne aux esprits de campus qui offre désormais un environnement de travail agréable et propice à l'innovation à quelque 2 800 personnes (dont moi). 


La zone qui avait donc été libérée à Pessac a été intégrée au périmètre dit Bordeaux Innocampus, zone prioritaire de développement de Bordeaux Métropole (au même titre que la zone autour de l'aéroport et du quartier désormais appelé Euratlantique près de la gare Saint-Jean). Ainsi, l'ancien site de Thales a été démoli, la parcelle a été acquise par une Société d'économie mixte locale, la Route des Lasers, et a donné naissance au projet "Amperis", visant à offrir des bureaux et des laboratoires à des start-up innovantes dans les domaines de la cybersécurité, de la chimie des matériaux et des biotechnologies. 


Au deuxième plan à gauche, la tour en construction vers 1974 (photo reproduite avec l'aimable autorisation de Thales).

Initialement, la tour aurait dû également être démolie, mais au lieu de cela, la mairie de Pessac et Bordeaux Métropole ont décidé de la conserver. En 2018, un appel à projets a été lancé et la proposition gagnante a été celle soumise par Legendre Immobilier pour transformer la tour en un restaurant panoramique, actuellement connu sous le nom de La Canopée, développé en association avec un certain Jean-François Tastet, le propriétaire du célèbre Canopée Café à Mérignac, non loin de là. Théoriquement, les nouveaux bureaux et le restaurant auraient dû ouvrir en 2021 mais, comme pour tant d'autres projets en ce moment, tout a été repoussé. Les articles les plus récents du journal Sud Ouest prévoient désormais une livraison au cours du premier semestre de 2023.  


L'espace en 1973 (source : IGN Remonter Le Temps).

1976 : on aperçoit la tour entre les deux longs bâtiments de Thomson-CSF. 

Nous voilà en 1989.

Moins de verdure en 2012.

L'image disponible aujourd'hui sur GoogleEarth ; les bâtiments ont disparu mais la tour demeure.

En 2019, Bordeaux Innocampus a participé aux animations programmées lors des Journées du patrimoine. Une vidéo présentée sur place, réalisée en collaboration avec Thales, a permis de retracer l'histoire de cette tour en béton armé, expliquant qu'elle a surtout pris tout son sens au début des années 1980, lorsque la production en série du radar aéroporté pour l'avion de combat Mirage 2000 a commencé. La structure dédiée était plus généralement conçue pour toutes les procédures d'essais en champ libre effectuées sur les antennes et les radars. 


Dix volées de douze marches (et un monte-charge) menaient aux deux plateformes hexagonales de 300 mètres carrés de la structure. Une dizaine de personnes était basée en permanence à l'étage inférieur, situé à 21 mètres du sol. Il était composé de six unités cloisonnées, conçues comme des chambres anéchoïques dont les parois absorbaient les ondes électromagnétiques, ce qui permettait de reproduire les conditions de champ libre sans provoquer d'échos susceptibles de perturber les mesures. Des balises de mesure pouvaient également être positionnées autour de la plate-forme pour recevoir les signaux émis par des pylônes en direction de la tour. 


Le deuxième étage, à 25 mètres, était utilisé pour tester les radars, uniquement par des groupes de deux personnes à la fois. Contrairement au premier étage, ce niveau n'était pas divisé en unités individuelles mais constituait un espace entièrement ouvert. Les tests étaient effectués en liaison avec des balises transpondeuses placées au sol autour de la tour. 


En me rendant sur place j'ai découvert qu'il était relativement facile de s'approcher de la tour (je n'étais certainement pas le premier et probablement pas le dernier à me faufiler par un trou béant dans la clôture). Le goudron entourant la structure a été brisé, sans doute pour empêcher les caravanes de gens du voyage de s'installer sur le terrain vague ainsi créé. J'arborais de minces espoirs d'accéder à la tour elle-même, mais l'entrée au niveau du sol a été totalement murée pour empêcher les intrus et les blogueurs. 


Alors que, de l'autre côté d'une haute clôture, les travaux avancent sur les bureaux du projet Amperis, la tour, qui garde pour l'instant ses rayures moutarde et beige d'origine, est fidèle à elle-même. Il y a quelques graffitis au niveau du sol... et encore pas tant que ça. La tour n'est manifestement pas devenue un lieu de prédilection pour les amateurs d'exploration urbaine ou les graffeurs. Selon les vues d'architecte, la tour sera prochainement peinte en blanc. 


Alors, ce restaurant panoramique sera-t-il une destination prisée ? Eh bien, étant donné que l'on a tendance à dîner dans un restaurant panoramique principalement pour profiter de la vue, restons prudents. À part la vue sur les immeubles de bureaux et la cime des arbres, il n'y a pas grand-chose à voir de là-haut (bien que cela pourrait être un bon point d'observation pour surveiller l'état de la circulation sur l'A63). Mais comme la zone continuera à se remplir d'ingénieurs et de cadres (en quête d'ascension sociale ?), il y aura sans doute un public réceptif pour des rendez-vous à l'heure du déjeuner... mais je ne suis pas sûr que ce soit le genre d'endroit où l'on se rendrait volontiers pour un dîner romantique en tête-à-tête.


Quoi qu'il en soit, il sera fascinant, à terme, de voir ce que devient ce vestige du passé. Peut-être que la prochaine fois que je reviendrai, en 2023, au lieu d'être accueilli par un mur de briques, un maître d'hôtel sera là pour me recevoir !


> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Radar test tower, avenue Gustave-Eiffel, Pessac

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  Le podcast Invisible Bordeaux est de retour ! Dans ce nouvel épisode, nous partons à la rencontre de l'autrice bordelaise Sophie Poiri...

 

Le podcast Invisible Bordeaux est de retour ! Dans ce nouvel épisode, nous partons à la rencontre de l'autrice bordelaise Sophie Poirier pour parler de son dernier livre, Le Signal.  

 

Le livre parle du lien intense qui s'est développé entre Sophie et cette résidence désormais emblématique, Le Signal, qui est toujours debout sur le front de mer à Soulac-sur-Mer, bien qu'elle ait été évacuée en 2014 et est désormais vouée à la destruction. Depuis, Le Signal est devenu un symbole du changement climatique et de l'érosion côtière, ainsi que le synonyme d'une longue bataille juridique pour que les copropriétaires soient justement indemnisés pour leur perte.


L'immeuble est déjà paru à plusieurs reprises dans les pages du blog Invisible Bordeaux, que ce soit lorsqu'un peu d'urbex spontanée s'est glissé dans mon tour à vélo de l'estuaire de la Gironde, ou encore (et surtout) lorsque je me suis levé à une heure on ne peut plus matinale pour assister à une installation artistique comprenant des séquences vidéo d'Olivier Crouzel projetées sur la façade du bâtiment, accompagnées d'un texte écrit et enregistré par nulle autre que Sophie Poirier. Le sujet a inévitablement été abordé lors de notre entretien ! 


C'est donc par ici pour découvrir la carrière de Sophie, ses projets à venir et pour en savoir plus sur Le Signal. Bonne écoute !



Cliquez ici si le lecteur ne s'affiche pas sur votre appareil.

Le podcast est également à retrouver sur différentes plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts, Spotify, Google Podcasts, Player FM, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner via l'application de votre choix afin de ne rien rater ! 

 

> Découvrez l'univers de Sophie Poirier sur son site internet : lexperiencedudesordre.com

 

> Le Signal, aux éditions Inculte, est disponible en librairie et en ligne, comme par exemple ici du côté de Mollat

 

> Sur le site internet d'Olivier Crouzel, découvrez la page dédiée à ses travaux autour du Signal, ainsi que la page dédiée à son installation 18 rideaux.


> Voici l'installation de la Marée du Siècle à Soulac-sur-Mer, signée Olivier Crouzel et Sophie Poirier :

Le Signal / Marée du siècle / 5h41 du matin from Olivier Crouzel on Vimeo.

 

Photo portrait Sophie Poirier : © Claire Lafargue




  Au rayon des beaux livres parus dernièrement, un est parvenu à cocher de nombreuses cases chères au blog Invisible Bordeaux. Sport : che...

 

Au rayon des beaux livres parus dernièrement, un est parvenu à cocher de nombreuses cases chères au blog Invisible Bordeaux. Sport : check ! Histoire : check ! Patrimoine : check ! Insolite : check aussi ! Car il s’agit de l’ouvrage « Lescure Insolite » signé aux Éditions Sud Ouest par le journaliste / auteur / historien sportif Laurent Brun, qui propose un véritable voyage dans le temps à la découverte de quelques-uns des épisodes les plus surprenants dans la riche histoire du mythique stade municipal de Bordeaux, le Parc Lescure pour les uns, aujourd’hui le Stade Chaban-Delmas pour les autres !

 

Afin de tout savoir sur « Lescure Insolite », je me suis récemment entretenu avec Laurent. Notre discussion est à découvrir dans son intégralité dans le tout nouveau numéro du podcast Invisible Bordeaux (voir plus bas) mais, en guise de « teaser », voici un aperçu ce qu’il a dévoilé sur le livre !

L’histoire du livre

« Ce livre est le quatrième d’une série entamée en 2015 avec mon confrère Julien Bée, qui avait proposé, lors du passage des Girondins de Bordeaux de Lescure au Matmut Atlantique, de faire l’éloge du stade. Nous avions ciblé au départ les joueurs emblématiques des Girondins de Bordeaux, d’abord sous forme de pastilles audio destinées à la radio, mais jamais exploitées. C’est de là qu’est née l’idée du livre, qui a évolué pour devenir un projet en plusieurs volets. 

 

Nous avons sorti nous-mêmes en auto-édition le premier tome, « La Fabuleuse aventure des supporters des Girondins de Bordeaux ». Cet ouvrage a convaincu les Éditions Sud Ouest, avec qui nous avions déjà un accord, d’éditer les livres suivants, « Le rendez-vous des légendes » sous un angle historique, patrimonial et sportif ; puis « Lescure 80 ans », où on va au-delà du football pour évoquer les autres sports, culture, etc. Ensuite mon idée a été de me focaliser sur des chapitres plus insolites et peu connus du stade, d’où « Lescure Insolite ». »

 


Les sujets les plus fous évoqués dans le livre

« Avec l’aide de l’association Préservons Lescure, nous sommes partis d’une photo du début des années 1960 où on voyait trois « basketteurs » qui étaient en fait des judokas néerlandais – Anton Geesink, Hein Essink et Jan van Ierland – qui suivaient alors des cours au dojo de Lescure auprès du maître Haku Michigami, qui était devenu conseiller technique auprès de la fédération néerlandaise de judo. Celui-ci avait décelé un gros potentiel chez ces Néerlandais d’origine plutôt modeste, pensait pouvoir les former et en faire de bons compétiteurs. Ils ont par la suite battu les Japonais chez eux au Jeux olympiques de 1964, la première fois que ces derniers ont été vaincus dans leur sport roi. Les judokas néerlandais sont par la suite devenus des stars planétaires ! 

 

N’oublions pas aussi la venue des Harlem Globetrotters en match d’exhibition en 1951, le livre comprend une magnifique photo d’eux en action sur la plaine des sports annexe. Ces basketteurs étaient du calibre de Michael Jordan, ce sont des stars qui m’ont fait rêver en consultant les archives… en sachant qu’ils étaient managés à l’époque par Jesse Owens, le sprinter quadruple médaillé aux Jeux olympiques de 1938 ! »

 

Un événement décrit dans le livre auquel Laurent Brun aurait aimé assister

« La rencontre Girondins - équipe de France en match de préparation de la Coupe du Monde de 1966 ! Le sélectionneur de l’équipe de France avait ciblé les Girondins, alors la meilleure équipe du pays avec le FC Nantes, et dont le style de jeu rappelait celui des Italiens, à savoir rugueux, solide, fort défensivement… dans l’optique de pouvoir rivaliser avec l’Italie ou encore l’Angleterre. Ce n’était pas un match de gala mais bien un match de préparation, les Girondins ont mis en grande difficulté l’équipe de France (qui s’est finalement imposée 3-2). Il y avait des joueurs d’exception dans les deux camps. » 

 

Les prochains projets ?

« Plusieurs futurs ouvrages sont quasiment écrits sur des choses qui se sont passées à Lescure, mais sous un autre prisme. J’attends de nouveaux documents pour parachever cela. Mais actuellement je suis sur la finalisation d’un livre de surf, plus précisément sur l’histoire du Lacanau Pro. Je laisse donc le ballon rond pour la planche de surf ! Je vais également revenir au ballon ovale à l’avenir, et je ne manquerai pas de vous tenir au courant ! »

 

Au fil de la discussion, Laurent a également partagé son vécu du stade, son sentiment sur le passage du ballon rond au ballon ovale, l’endroit sur le terrain où il planterait les sardines de sa tente s’il devait y passer une nuit… et nous avons aussi échangé sur le Football Club des Girondins de Bordeaux, en nous attardant notamment sur le passage, à la fin des années 1980, du premier Anglais à avoir porté le scapulaire ! Bonne écoute !


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Le podcast est également à retrouver sur différentes plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts, Spotify, Google Podcasts, Player FM, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner via l'application de votre choix afin de ne rien rater !

La commune de Saint-Médard-en-Jalles, au nord-ouest de Bordeaux, est principalement constituée de lotissements, de commerces et de bureaux...

La commune de Saint-Médard-en-Jalles, au nord-ouest de Bordeaux, est principalement constituée de lotissements, de commerces et de bureaux. On pourrait même croire que ces jours-ci elle est surtout connue pour sa salle polyvalente le Carré des Jalles et son énorme centre commercial Leclerc. Cependant, en tant que personne qui traverse la ville à vélo dix fois par semaine sur le chemin du travail, je peux dire qu'au fil des ans, j'ai également découvert des sites plus insolites, dont voici dix !

Un mur street art long de 80 mètres


Le long de la piste cyclable Bordeaux-Lacanau qui traverse le centre de Saint-Médard, un long mur a été confié à des artistes de rue pour qu'ils réalisent une peinture murale qui, je pense, s'étend sur au moins 80 mètres. C'est en tout cas très chouette. Le mur a été revu ainsi en août 2016 par des artistes opérant au sein du collectif Transfert #6 dans le cadre du programme « Hors Les Murs » visant à sortir l'art de rue du centre-ville pour l'amener dans les banlieues. Pour le projet de Saint-Médard, les dessins sont tous sur le thème des transports. Les artistes présentés sont (un instant, que je vérifie mes notes) 4Letters, Charles Foussard, Disket, Jone, Landroid, Mioter, Obad, Odeg, Rooble, Scan-R, Skinjackin, Tack, Tati Prout et Trackt.


Un vieux train à vapeur


Dans une vie antérieure, la piste cyclable susmentionnée était une ligne de chemin de fer, qui a commencé à fonctionner en 1885, le trafic de passagers ayant cessé en 1954 et la ligne ayant été définitivement déclassée en 1979. À Saint-Médard, l'ancienne gare est aujourd'hui un restaurant, et une locomotive à vapeur Couillet 030T de 1913 est exposée en permanence, bien qu'elle ne soit présente dans la région que depuis 1985, date à laquelle la commune l'a achetée à un opérateur ferroviaire belge. Une autre ancienne gare est visible plus loin sur la ligne, dans le quartier d'Issac, comme illustré dans un précédent reportage Invisible Bordeaux.


Des bâtiments du centre-ville qui résistent encore et toujours


Cette photo a été prise en plein centre-ville de St Médard, où tout s'est progressivement modernisé et uniformisé ces dernières années. Alors, combien de temps encore ce bâtiment, aujourd'hui muré mais affichant toujours son enseigne « Atelier de Menuiseries » d'antan, restera-t-il en place ? Et à gauche, derrière ce grand portail, se trouve un hôtel particulier du XVIIIe (il me semble avoir lu que la famille propriétaire est britannique). Cette propriété, le domaine du Bourdieu, dispose d'un vaste terrain que de nombreux promoteurs immobiliers surveillent de très près !


De multiples châteaux d'eau



Lorsqu’on est un acteur clé de l'aérospatiale et que l’on manipule quotidiennement des matériaux hautement explosifs et inflammables, il est certainement préférable de ne pas avoir un accès privilégié à non seulement un seul château d'eau, mais deux, voire trois ou plus. Des tours jumelles sont situées juste à l'intérieur des hautes clôtures d'un immense terrain appartenant à ArianeGroup, bien que de nombreux locaux continuent d'appeler la zone « la Poudrerie » en raison de son historique de production de poudre à canon et d'explosifs (et sur des cartes on lit encore « Société Nationale des Poudres et Explosifs »). Non loin de là, on devine aisément depuis la route un troisième château d’eau. Peut-il y en avoir d’autres encore ? Aujourd'hui, cette installation, qui équivaut à une énorme zone interdite, produit le carburant et les gaz utilisés pour lancer les missiles et les fusées.


L'ancienne entrée de la Poudrerie


Et ce qui était autrefois l'entrée principale de cette Poudrerie comprend toujours son vieux portail majestueux orné de silhouettes de canons, et ses piliers surmontés de bombes enflammées (what else ?). La cour derrière le portail est flanquée de bâtiments qui sont maintenant utilisés par des associations locales. De l'autre côté de la route, le terrain qui entoure un bâtiment faisant partie de ce complexe, la maison de l'Ingénieur, a été transformé en un agréable parc ouvert au grand public depuis 2016 : le Parc de l’Ingénieur.  


Une sculpture imposante au milieu d'un giratoire


Dans le quartier résidentiel de Cérillan, l'une des choses auxquelles on s'attend le moins est une sculpture de 8,50 mètres de haut placée au milieu d'un rond-point. L'œuvre d'art en acier et en bronze est composée de deux figures, dont l'une est surmontée d'une tête de cerf, tandis que l'autre semble représenter une main et une tête humaines. Installée en 1999, l'œuvre, intitulée « Le Grand Sérillan », a été réalisée par l'artiste Bernard Vié et représente, selon ses propres termes, « l'expression légère et élégante de deux promeneurs ». Il convient de noter qu'il a fallu un travail de détective en ligne pour rassembler ces détails sommaires, car il n'y a absolument aucune information disponible près du giratoire...


Un château et un blockhaus 


Si vous vous rendez au magasin de bricolage Brico Leclerc pour faire vos courses de peinture et autres, ne manquez pas de jeter un coup d'œil au fond du parking où, derrière une grande clôture , se trouve le château fortifié de la Mothe-Gajac, qui coule des jours tranquilles, entouré de ses propres douves, et qui réfléchit sans doute à ses 600 ans d'histoire, qui ont au moins fait l'objet d'une page Wikipédia. Une fois que vous vous êtes remis de la vue du château – qui, apparemment, accueille aujourd'hui des événements d'entreprise – regardez autour de vous vers le blockhaus sur le terrain du château qui rappelle que l'expertise de Saint-Médard en matière d'explosifs et son emplacement sur la ligne ferroviaire Bordeaux-Lacanau lui ont conféré une importance stratégique pour les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.


Un complexe sportif très vintage


L'immense complexe sportif Robert-Monseau, situé au centre-ville, comprend des stades de football et de rugby séparés, des courts de tennis, une patinoire et bien d'autres choses encore. Ce que j'aime, c'est le design très old-school de la grande entrée principale (qui sert actuellement de parking d’appoint pour le centre de vaccination intercommunal situé non loin de là) et d'autres éléments sympathiques comme le guichet de billetterie du stade de football qui rappellerait presque un aquarium. On a l'impression de n'avoir jamais quitté les années 1970.    

Une ancienne place de village


Ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Saint-Médard-en-Jalles est en fait composé d'un certain nombre de villages, chacun d'entre eux étant désormais considéré comme un quartier. Outre Issac et Cérillan, on y trouve par exemple les anciens villages d'Hastignan, Magudas, Caupian, et celui-ci, Corbiac. Cette petite place, avec sa croix en métal et ses bancs en pierre, était vraisemblablement un lieu de rencontre pour les habitants à l'époque. En observant attentivement le mur du bâtiment voisin, qui est aujourd'hui une maison privée, on peut distinguer les mots « café » et « épicerie », ce qui laisse penser qu'il était lui aussi beaucoup plus actif autrefois. 


Une œuvre de David Selor

 


Le personnage mi-humain, mi-renard « Mimil » créé par le street artiste David Selor est un véritable leitmotiv des murs du centre-ville de Bordeaux, principalement sur des portes et des bâtiments désaffectés ou voués à la destruction. Il lui arrive aussi de réaliser des œuvres sur mesure plus durables, comme celle de 2019 que l'on peut apercevoir à Saint-Médard dans un petit tunnel de la rue Paul-Dethomas qui mène au parking d'une résidence. 

 

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