Si vous suivez de près le blog, vous saurez déjà qu'en cette période de confinement, sur les comptes Instagram et Twitter d'I...


Si vous suivez de près le blog, vous saurez déjà qu'en cette période de confinement, sur les comptes Instagram et Twitter d'Invisible Bordeaux, je publie des photos prises au fil des années à Bordeaux, aux alentours et parfois au-delà. Certaines ont déjà été exploitées sur le blog, alors que d'autres n'ont jamais vu autre chose que l'intérieur de mon disque dur. Après une première série publiée il y a quelques jours, voici la deuxième sélection, qui commence ci-dessus par cette vue prise depuis la tour Pey Berland de deux trams de la ligne B qui se croisent. On voit même un peu de monde sur les quais... ah, le bon vieux temps !

Et, non loin de là sur la rue des Trois-Conils, voici une rangée de bicyclettes V3 / VCub, en attente de nouveaux usagers !


Toujours dans le centre-ville de Bordeaux, nous voici au cœur de l'hôtel de Ragueneau, rue du Loup, à l'époque où cet ancien hôtel particulier abritait encore le service des archives de la ville. La célèbre glycine à l'extérieur doit être en pleine floraison en ce moment !


Voici les portes d'entrée d'une de mes salles de concert préférées, le Krakatoa à Mérignac. Courage, au passage, à tous les artistes et intermittents du spectacle qui sont tellement impactés par cette crise sanitaire... Coïncidence, le site culturel Le Type vient de publier une excellente interview avec l'équipe du Krakatoa, qui raconte le confinement vu depuis une salle de spectacle en veille. C'est à retrouver ici : letype.fr/2020/04/07/la-vie-du-krakatoa-en-confinement-racontee-par-son-equipe/
 

Au cœur des vignes sur la rive gauche de l'estuaire de la Gironde, voici le village médocain de Lamarque, vu depuis le dôme panoramique perché au sommet du clocher de l'église Saint-Seurin (XIXe siècle), en vedette sur le blog il y a quelque temps 


Ce buste en bronze se trouve aux portes du jardin botanique de Bordeaux et représente Carl von Linné, botaniste, médecin et zoologiste suédois considéré comme le père de la taxonomie moderne et l'un des initiateurs de l'écologie moderne. L’œuvre a été dévoilée en 2007 et est la création de la Lucie Geffré, jeune et talentueuse artiste née à Bordeaux. Lucie a d'ailleurs raconté en exclusivité à Invisible Bordeaux la genèse de ce buste de Linné, interview à découvrir en cliquant ici (uniquement disponible en anglais) !


Ceci est (était !) la Gare de Ravezies qui, jusqu'il y a quelques années, était le terminus bordelais des trains en provenance de la presqu'île du Médoc (désormais remplacés par une liaison train <> tram à Blanquefort). Une partie de l'ancienne ligne de chemin de fer a récemment été convertie en voie verte qui relie ainsi Bordeaux à Bruges en passant par Le Bouscat.


Voici une vue panoramique du Stade Galin. Situé dans le quartier Bastide rive droite, il s'agit d'une des enceintes sportives les moins connues de l'agglomération. Le stade a été érigé en 1935 à une époque où de nombreux projets similaires ont pris forme dans toute la ville. Ces dernières années, des financements issus de l'édition 2016 de l'Euro de football ont notamment permis l'installation de ce beau gazon artificiel bien vert, mais depuis que cette photo a été prise en 2017, les tribunes ont été démolies. Pour la petite histoire, cette photo a déjà figuré sur le blog dans le cadre du reportage sur le maire controversé Adrien Marquet...


L'ancien et le nouveau. Détail de la médiathèque de Mérignac, projet architectural achevé en 2007 qui a conservé l'la façade de ce qui était autrefois l'hôtel de ville de la ville, en le combinant avec des éléments modernes en verre et en acier. Il s'agit certainement d'un des bâtiments les plus insolites et intéressants de la métropole.


Et nous terminons cette série toujours aussi aléatoire avec une photo prise lors d'un vol mémorable le long de la côte atlantique et le long de l'estuaire de la Gironde (reportage complet à retrouver ici). Nous voyons la Pointe de Grave (commune du Verdon-sur-Mer), à savoir la pointe nord de la presqu’ile du Médoc, le point le plus septentrional du département de la Gironde, et l'endroit où l'estuaire de la Gironde rencontre l'Atlantique. La petite tache blanche en haut à droite est le célèbre phare de Cordouan.


> La première série de photos d'archives est à retrouver ici ! 
> This feature is also available in English!

Lors d'un tour à vélo à travers les banlieues nord de l'agglomération quelques jours avant l'instauration de la période de c...


Lors d'un tour à vélo à travers les banlieues nord de l'agglomération quelques jours avant l'instauration de la période de confinement liée à la crise sanitaire que l'on traverse actuellement, j'ai fait un arrêt imprévu pour regarder de près une œuvre interactive intitulée « Traversée », installée sur les quais de la gare SNCF / tramway de Blanquefort.

Cette création, inaugurée en septembre 2017, est signée des jeunes artistes Cécile Beau et Nicolas Montgermont. Elle s'inscrit dans la commande d’œuvres d’art contemporain liée au développement du réseau tramway de la Métropole. L’œuvre a ainsi été réalisée par Bordeaux Métropole avec le soutien financier du ministère de la Culture et de la Communication ainsi que de la direction générale de la création artistique et la direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine.

Voici l’œuvre "Traversée".
De quoi s'agit-il ? D'après le panneau d'informations visible sur place, Traversée s'inspire « de l'image cinématographique d'un indien [= un Amérindien ?] écoutant l'arrivée d'un train en posant son oreille sur le rail d'une voie ferrée ». D'où ce rail de chemin de fer déformé et détourné, surélevé et incurvé, qui s'étend sur 15 mètres le long du quai et qui est connecté physiquement à l'extrémité de la ligne de tramway. Le concept : les usagers du tram ou du train peuvent ainsi toucher l’œuvre et ressentir les vibrations générées par un tram à son arrivée ou à son départ.

Soyons plus poétiques : selon la communication officielle, Traversée est « une proposition sonore silencieuse qui transforme le temps d'attente en expérience sensible » ou alors, selon le panneau sur place, « Traversée est un instrument vibrant qui varie et évolue, créant un lien physique avec le tramway chaque jour renouvelé ».

Diverses silhouettes humaines appréciant le plaisir procuré par Traversée.
J'ai donc passé un peu de temps sur place afin de profiter pleinement de cette proposition sonore silencieuse et je dois avouer que l'expérience fut peu concluante. Mes essais ont porté sur les arrivées et départs de deux trams et j'ai fait de mon mieux pour essayer de ressentir ce lien physique avec ces rames de tram par le biais des vibrations éphémères de Traversée, mais je n'ai malheureusement rien relevé de perceptible.

Traces de la vie antérieure de cette œuvre artistique interactive.
Il faut dire que la fréquence des trams en matinée le week-end est particulièrement faible à Blanquefort, j'ai donc rapidement abandonné, tout en me promettant de persévérer en revenant sur place et d'accorder une deuxième chance à cet instrument vibrant (et pour prendre de meilleures photos !)... mais la période de confinement en a voulu autrement et ce projet personnel reste inachevé. Cependant, je m'y engage : j'y retournerai et y collerai mon visage, mes mains, mes oreilles et toute autre partie de mon corps dans l'espoir de ressentir enfin ces bonnes ondes du tramway. D'ici-là, vu le contexte général, il est fort probable que peu de personnes interagissent ainsi avec Traversée actuellement.

À suivre pour un nouvel essai ? 

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Traversée, gare de Blanquefort
> Un site internet est entièrement dédiée à l’œuvre et comprend plans, schémas et photos de fabrication et d'installation de Traversée : http://traversee.xyz/

> This article is also available in English.
> Ne manquez pas les sites internet des artistes Cécile Beau and Nicolas Montgermont. Le site de Nicolas Montgermont publie notamment ce clip Soundcloud de l'arrivée d'un tram, fruit d'une expérience plus réussie que la mienne… 


Pendant cette période de confinement déployée afin de se protéger et de protéger les autres, du côté des comptes Invisible Bordeaux ...



Pendant cette période de confinement déployée afin de se protéger et de protéger les autres, du côté des comptes Invisible Bordeaux sur Instagram et Twitter j'ai cherché à combler un peu le vide en publiant des photos prises au fil des années à Bordeaux, aux alentours et parfois au-delà. Certaines ont déjà été exploitées sur le blog alors que d'autres n'ont jamais vu autre chose que mon disque dur. Voici les dix premières photos à avoir été mises en avant !

Ce voyage tout à fait aléatoire et sans thème particulier commence ci-dessus dans le centre-ville de Bordeaux et un voyage dans le temps jusqu'à l'impasse de Rue-neuve, qui a déjà connu son heure de gloire sur le blog. Ensuite, direction le vieux Lormont et cette vue quasi-aérienne du chemin de fer et de l'entrée du tunnel qui annonce aux passagers l'arrivée en proche banlieue bordelaise. Pour avoir cet angle de vue il faut bien sûr s'aventurer à vélo sur le pont d'Aquitaine !


Nous voilà à présent un jour ensoleillé à Saint-Jean-d'Illac pour ce cliché pris au pied d'une tour d'observation de la forêt.
 

Retour à Bordeaux sur la place Pey-Berland devant la cathédrale Saint-André et le Palais Rohan, le tout sous un ciel particulièrement menaçant.


Sur la rive droite de la Garonne, voici la caserne des Pompiers de la Benauge, véritable cas d'école en matière de fonctionnalisme architectural.


Ensuite dirigeons-nous bien plus au sud, le long de la côte Atlantique jusqu'à Capbreton à la découverte de sa célèbre "estacade". Cette jetée était mal-en-point l'année dernière et a dû être fermée au grand public, mais elle a depuis été restaurée et devrait être prête à accueillir des visiteurs lorsqu'on aura à nouveau la possibilité de sortir !



Destination Bordeaux à nouveau, pour un peu de symétrie urbaine proposée par ces deux échoppes jumelles !


Cette photo panoramique montre la petite place de la rue Chabrely dans le quartier Bastide de Bordeaux, y compris la statue de 1896 du célèbre "médecin des pauvres" du quartier, le Dr Édouard Chabrely, sujet d'un de mes dossiers préférés sur le blog. Cette photo a été prise en 2014 et la cabine téléphonique n'est plus là ... 




Voici un repère de nivellement à découvrir sur le cours d'Albret à Bordeaux, c'est-à-dire un repère qui affiche les niveaux d'altitude et est utilisé par les géomètres ou toute personne généralement intéressée par l'altitude d'un lieu ! Il y en a des centaines à repérer dans la métropole sur les bâtiments, les ponts et les monuments et, devinez quoi, ils sont tous documentés sur un site web : https://geo.bordeaux-metropole.fr/canevas



Et nous terminons cette première sélection avec un ravissant escalator hors service dans le quartier Mériadeck de Bordeaux. Coïncidence, le dernier numéro du podcast Invisible Bordeaux parle justement de Mériadeck, assurez-vous de l'écouter !


> Deuxième sélection de photos à suivre bientôt !
> This item is also available in English! 

L'épisode n°14 du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Dans ce numéro nous prenons la direction du quartier d...


L'épisode n°14 du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Dans ce numéro nous prenons la direction du quartier de Mériadeck à Bordeaux en compagnie de l’architecte Mathias Cisnal, dont les travaux de recherche et de documentation sur le quartier sont devenus la référence en la matière, et sont notamment visibles en ligne par le biais de son site internet et de la page Facebook qu’il anime.  

Ensemble nous parlons des nombreux chapitres de l'histoire mouvementée de Mériadeck, de sa transformation à partir des années 1960, de l’architecture si particulière que l'on peut désormais y découvrir, d’urbanisme sur dalle, du désamour des Bordelais pour le quartier moderne, de diverses légendes urbaines qui ont pris forme au fil des années, de Mériadeck sur le grand et petit écran, et des meilleurs parcours et points de vue pour s’approprier ce quartier atypique.

Vous pouvez écouter le podcast via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur différentes plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner via l'application de votre choix afin de ne rien rater ! Bonne écoute et n'hésitez pas à dérouler la page pour découvrir tous les liens qui permettront d'aller plus loin dans la découverte du quartier Mériadeck !


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> Le site internet de Mathias consacré au quartier Mériadeck est à retrouver ici : http://meriadeck.free.fr
> La page Facebook est ici
> Sur le blog Invisible Bordeaux, un article entièrement dédié au quartier est à retrouver ici (uniquement en langue anglaise) et un timelapse aérien de la construction du quartier est disponible ici.

La ville de Bordeaux vient de dévoiler son quatrième plan-relief en bronze, situé au pied de la Cité du Vin. Tout comme les trois premi...


La ville de Bordeaux vient de dévoiler son quatrième plan-relief en bronze, situé au pied de la Cité du Vin. Tout comme les trois premiers, à voir sur les places Pey-Berland, de la Comédie et du Palais, cette nouvelle œuvre est la création du sculpteur François Didier, réalisée en collaboration avec la fonderie des Cyclopes à Mérignac. Le projet a été entièrement financé par l’UNADEV, l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels, dont le siège se trouve à Bordeaux.

Au fil des années, François Didier est devenu un peu un habitué du blog. Je l'ai rencontré pour la première fois en 2014 dans son atelier à Lugos, vers la pointe nord des Landes, pour parler longuement de l'histoire des trois premiers plans-reliefs, ainsi que du projet similaire mené dans le hameau de Bages, près de Pauillac. Depuis, de nouveaux plans ont été installés à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), plus récemment à Pau, et un autre devrait prochainement voir le jour à Chantilly. Nous nous sommes revus l'année suivante à Gradignan pour la découverte de son exposition « Neanysa » qui présentait une ville antique imaginaire.


Une inscription rappelle l'origine du don à la ville.
Ce qui nous amène à 2020 et à l'aimable invitation de François à assister à l’inauguration de ce nouveau plan-relief - aux côtés de divers officiels locaux et représentants de l'UNADEV - et d’avoir le privilège d'être parmi les premiers à pouvoir découvrir cette table d'orientation si unique, qui représente le quartier en constante évolution des Bassins à Flots, sur une zone qui s’étend depuis la Base Sous-Marine jusqu’au pont Chaban-Delmas.

Bien que ces plans-relief soient appréciés des publics de tous âges, il est important de se souvenir de leur raison d'être d'origine. François rappelle : « c’est un travail que j’ai réalisé pour les malvoyants à la commande de l’UNADEV, afin qu'ils puissent se faire une idée du quartier en touchant la maquette. Des correspondants malvoyants ont contribué en amont ; leur apport me permet de modifier ma perception de l’espace que je dois représenter. Cette réalisation n’est pas quelque chose qui vient des voyants vers les malvoyants, mais quelque chose qui vient des malvoyants vers les voyants ! »


Sous différents angles le plan-relief prend des airs très Instagram-friendly.
En l’occurrence, la réalisation est une interprétation attrayante et agréable du quartier : « Mon but est à la fois de montrer, objectivement, le quartier tel qu’on pourrait le voir d’avion, mais aussi d’essayer de faire sentir l’impression qu’on a quand on marche au niveau du sol. » Outre les entrepôts et sites industriels reconvertis, le plan-relief cherche à mettre en valeur les nombreux établissements culturels qui se sont développés ici ces dernières années : Cap Sciences, la Cité du Vin, le Musée Mer Marine, ou encore la Base sous-marine.

Gros plan sur la Base sous-marine miniature.
Tout n’était pas forcément très simple à mettre en œuvre : « J’ai un petit peu triché pour le pont Chaban-Delmas que j’ai choisi de représenter simultanément dans les positions levée et baissée, tout simplement pour des raisons de solidité et de sécurité. Le pont levé aurait été extrêmement fragile, alors que baissée les quatre piliers auraient été trop agressifs pour les passants. Quant à la Cité du Vin, il a été difficile de représenter avec un matériau opaque ce bâtiment tout en acier, en verre et transparent ! »

Le pont Chaban-Delmas aux deux tabliers.
Tout laisse à penser que ce nouveau plan-relief sera tout aussi apprécié que les autres : « Ces œuvres sont dehors mais sont respectées par le public. C’est une certaine façon de célébrer le quartier et ses habitants, en montrant qu’on leur prête attention ainsi qu’à leur habitat, à l’usage qu’ils font de leur quartier ; les gens le sentent et c’est pour cela que les œuvres sont respectées. »

Vous pourrez juger par vous-même en observant ce dernier ajout au paysage bordelais en vous rendant à l’esplanade devant la Cité du Vin, tout près du pont de tramway quai de Bacalan !

Pour agrémenter votre lecture de ce dossier, voire votre découverte de ce plan-relief, écoutez ce numéro « hors-série » du podcast Invisible Bordeaux, enregistré lors de l’inauguration début mars 2020. À découvrir ici ou via l’application podcast de votre choix (Spotify, Apple Podcasts, Google Podcasts, etc.).

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Bonus en forme de clin d’œil : me voici en pleine visite guidée aux côtés de l'artiste François Didier ! Confirmation au passage : il y avait beaucoup de vent ce jour-là. Photo reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'UNADEV.

> Pour aller plus loin : tout sur la genèse des plans-reliefs de Bordeaux dans le premier article à retrouver ici (uniquement en anglais). Et cliquez ici pour lire le reportage sur le projet Neanysa de François Didier.  
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Il y a quelques semaines, les équipes de l'Université Bordeaux Montaigne ont marqué le 50e anniversaire de l’établissement en p...


Il y a quelques semaines, les équipes de l'Université Bordeaux Montaigne ont marqué le 50e anniversaire de l’établissement en publiant des photos soumises par des personnes qui y avaient étudié ou travaillé au fil des ans. Quelques photos envoyées par un certain Steve Owen ont vraiment attiré mon attention et m'ont incité à consulter sa galerie Flickr, où j’ai pu consulter d'autres vues de lieux et de scènes de vie à travers la ville, photographiées par Steve ainsi que par une Patti Larson.

J'ai pensé qu'il pourrait être amusant de retourner sur ces mêmes lieux près de cinquante ans plus tard... et c'est donc précisément ce que j'ai fait sur deux week-ends, après avoir d'abord reçu l’autorisation de Steve de donner cette seconde vie à ses photos… d'où les clichés que vous découvrez ici !

Porte Saint-Éloi / la Grosse Cloche. Le bâtiment tout en courbes à gauche n'existe plus.
La rue Sainte-Catherine, avant sa transformation en zone piétonne, vue depuis la place Saint-Projet.
La vue depuis le haut de la rue Sainte-Catherine.
Lors de nos échanges, Steve a confirmé qu'il avait donc été étudiant à ce qui était alors l'Université Bordeaux III au cours de l'année universitaire 1971-1972, et ce dans le cadre du programme « Education Abroad » de l'Université de Californie. « À cette époque, Bordeaux était le seul endroit en France pour nous étudiants de premier cycle à l’Université de Californie, et nous étions une centaine en tout. Nous avons passé six semaines à Pau pour suivre des cours de français, puis l'année universitaire à Bordeaux. Nous avons suivi les cours classiques en français, bien que l'UC ait dû mettre en place des systèmes d’examens et de notes à part car les deux systèmes étaient assez différents. J'étais étudiant en histoire, et la plupart des cours que j'ai suivis pendant mon séjour à Bordeaux étaient des cours d'histoire, même si j'ai également suivi un cursus d'histoire de l'art qui s'est déroulé dans l'ancienne faculté de médecine, place de la Victoire. »

Qui était alors cette Patti Larson créditée de nombreuses photos, et qui apparaît également sur certains de ces clichés ? « C'était une autre étudiante de Californie, et aussi ma petite amie à partir de la période où nous sommes partis de Pau fin septembre. Nous nous sommes mariés en 1974… et avons ensuite eu deux fils et deux petites-filles ».

Voici Patti et Steve devant l'entrée de la maison située rue Mouneyra où Patti était en location.
Restaurant universitaire / Bordeaux étudiants club, rue de Cursol.
Suite à son année bordelaise, Steve s’est intéressé de près à l'histoire française, matière qui est devenue sa spécialité pour la suite de ses études. Lui et Patti sont revenus en France en 1978-79 et ont passé dix mois, à Paris cette fois-ci, pendant que Steve travaillait dans les archives. « Ma carrière universitaire ne s'est toutefois jamais concrétisée et nous avons tous les deux fini par travailler dans l'administration à l'U.C. Berkeley, et nous sommes partis à la retraite il y a environ neuf ans. » Patti et Steve sont revenus à Bordeaux vers 2005 et « nous avons été impressionnés par la transformation de la ville… ainsi que par la dégradation du campus universitaire ».

Une magnifique R12 en vedette sur la place de la Victoire, où on pouvait apercevoir des panneaux indiquant le chemin vers Agen, Mont-de-Marsan, Pau et Toulouse.
Sensibilisation au code de la route dans le Parc bordelais.
Jour de carnaval à Talence.
Quels sont les souvenirs de Steve de son année à Bordeaux? « J’en garde de très bons souvenirs. Beaucoup de ces souvenirs tournent autour de Patti bien sûr, mais mon séjour bordelais (ainsi que plusieurs semaines passées à Paris à différents moments) a également suscité chez moi une véritable fascination pour la France en général. À l'époque, j'ai été frappé par les différences de perspectives et de styles de vie entre la Californie et la France, donc ce séjour avait un parfum assez exotique. La France et la Californie sont beaucoup plus similaires aujourd'hui, mais je reste toujours fasciné par l’approche des Français envers certaines choses. Quant à Bordeaux, j’y ai passé de bons moments, mais je n'ai pas été trop impressionné par la ville à l'époque. Plus tard, j'ai commencé à apprécier davantage le lieu ; était-ce la force de la nostalgie ou plutôt par le biais de la ville transformée que nous avons découverte lors de notre retour bien plus tard ? En tout cas, nous avons le projet de revenir à nouveau ces prochaines années. »

Patti et Steve, vous serez bien sûr les bienvenus !

Voici à nouveau le reportage photos... mais avec quelques images qui bougent en prime !


> Cliquez ici pour visionner les autres photos bordelaises de Steve Owen dans sa galerie Flickr. D'ailleurs, si vous déroulez la page, vous verrez même une photo de Steve et Patti aujourd'hui !
> Les publications Instagram de l'Université Bordeaux Montaigne sont à retrouver ici et ici.
> Un grand merci à Steve et à Patti d'avoir autorisé l'utilisation de leurs photos dans cet article, ainsi qu'à l'Université Bordeaux Montaigne dont les publications sont à l'origine de la découverte.
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L'épisode n°12 du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Dans ce numéro nous partons à la rencontre de Jule...


L'épisode n°12 du podcast Invisible Bordeaux est désormais disponible ! Dans ce numéro nous partons à la rencontre de Jules Gaubert-Turpin, le jeune et très charismatique co-auteur - avec son compère Adrien Grant Smith Bianchi - des beaux livres « le Tour du Monde en 80 verres » et « la Carte des Vins S’il Vous Plaît », tous deux disponibles aux éditions Marabout.  

Ensemble nous parlons de cartes, d'affiches, des coulisses de ces deux beaux livres, de vin, de bière... et nous découvrons en ex-clu-si-vité (rien de moins) quel sera le prochain grand projet de Jules, avec son autre compagnon de route, Charlie Garros. On ne vous en dit pas plus mais cela mérite franchement le détour !

Vous pouvez écouter le podcast via le bouton lecture qui doit s'afficher ci-dessous, ou alors sur différentes plates-formes dont Anchor, Apple Podcasts / iTunes, Spotify, Google Podcasts, Breaker, PocketCasts, RadioPublic, Overcast, Podbean, Podcast Addict et Stitcher. N'hésitez pas à vous abonner afin de ne rien rater ! Bonne écoute et n'hésitez pas à dérouler la page pour découvrir tous les liens relatifs à l'univers de Jules, d'Adrien et de Charlie !


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> Le site, la boutique et le blog officiels sont à retrouver ici : www.lacartedesvins-svp.com
> Côté réseaux sociaux, faites un tour sur Instagram, Facebook ou Twitter !
> Nous sommes des récidivistes puisque nous avons déjà longtemps discuté ensemble en 2015 ! L'entretien est à retrouver en cliquant ici

L'un des premiers billets à être publié sur le blog Invisible Bordeaux après son lancement il y a huit ans fut un article sur le ...


L'un des premiers billets à être publié sur le blog Invisible Bordeaux après son lancement il y a huit ans fut un article sur le buste représentant le leader haïtien Toussaint Louverture, situé sur les quais de Garonne rive droite à Bordeaux. À l'époque, la sculpture était l'une des seules reconnaissances visibles dans le domaine public du passé de la ville liée à la traite négrière. Mais les temps changent et Bordeaux devient progressivement plus transparent quant à cet héritage si lourd à porter.


Car, oui, entre 1672 et 1837, Bordeaux était le point de départ d'environ 500 voyages « triangulaires » de traite négrière qui entrainèrent la déportation de 150 000 Africains, voire davantage, vers les Amériques. Bordeaux était loin d'être la seule ville impliquée. En France - qui se classe aux côtés de l'Espagne derrière la Grande-Bretagne et le Portugal en termes d'ampleur de la traite négrière - la ville de Nantes organisa 1 744 expéditions, et les ports de La Rochelle et du Havre opérèrent à des échelles similaires à Bordeaux.

Avant le début des voyages triangulaires (qui culminèrent dans les années 1780), les bateaux au départ de Bordeaux effectuaient un simple commerce bilatéral avec les Caraïbes. Les bateaux transportaient alors du vin, de l'huile et de la farine, tous échangés contre des produits locaux. Avec le début du commerce triangulaire, les navires partaient de Bordeaux chargés de denrées alimentaires, de tissus, d'armes et de bibelots qui, à leur arrivée sur la côte orientale d'Afrique six à huit semaines plus tard, étaient échangés contre des esclaves. Lors de la deuxième et dangereuse étape, dite passage du milieu, les esclaves étaient transportés dans des conditions inhumaines vers les colonies, principalement Saint-Domingue (désormais Haïti) en ce qui concerne les navires bordelais. Le taux de mortalité à bord des bateaux se situait entre 10 et 20 %.

Panneau récemment installé square Toussaint-Louverture.
À leur arrivée, les esclaves survivants étaient vendus ou mis aux enchères puis travaillaient dans les plantations où l'espérance de vie moyenne était de cinq à six ans. Pendant ce temps, les bateaux repartaient direction Bordeaux, transportant du sucre, du cacao, du tabac, du coton et d'autres produits, contribuant ainsi de manière conséquente à la richesse de la ville.

Jusqu'au milieu des années 1990, ce chapitre de l'histoire de la ville fut le plus souvent passé sous silence, mais au tournant du millénaire, Bordeaux fit quelques timides premiers pas pour que le sujet devienne plus visible. En 2006, le maire de l’époque, Hugues Martin, inaugura une plaque installée au niveau du sol sur les quais face au bâtiment de la Bourse Maritime. Puis, en 2009, une salle dédiée à la traite négrière fut intégrée au parcours permanent du Musée d’Aquitaine. Quant au buste de Toussaint Louverture, sculpté par l'artiste haïtien Ludovic Booz (décédé en 2015), il fut offert à la ville par la République d'Haïti en 2005.


Revenant sur place aujourd'hui, je constate que ce qui était auparavant un socle solitaire et isolé est désormais entouré d'un espace aménagé qui met en valeur la statue. Symbole fort, le « square » représente en fait un triangle. Au niveau du sol, des panneaux informatifs expliquent qui était Toussaint Louverture et son lien avec la ville (histoire détaillée dans le précédent article Invisible Bordeaux) et donnent un bref aperçu du rôle de Bordeaux dans l'histoire de la traite négrière en France.

Le square triangulaire.
Sur les quais rive gauche, la précédente plaque à peine visible fut remplacée en 2019 par une statue émouvante créée par un autre sculpteur haïtien, Filipo (nom complet : Woodly Caymitte), qui représente l'esclave Modeste Testas. Le panneau d'information qui l'accompagne explique son parcours hors de l'ordinaire : née Al Pouessi en Afrique de l'Est en 1765 et capturée lorsqu'elle était jeune, elle fut achetée vers 1780 par deux frères bordelais, Pierre et François Testas, qui possédaient une entreprise à Bordeaux et une plantation à Saint-Domingue.


Pouessi fut déportée et travailla sur leur plantation, devenant par la suite l'esclave et la concubine du propriétaire François Testas, qui la baptisa alors Marthe Adélaïde Modeste Testas. Après la mort de François, elle fut libérée (acte symbolisé par les chaînes brisées au pied de la statue) et Testas lui légua un terrain important. Elle épousa par la suite un autre ancien esclave et décéda en 1870 à l'âge de 105 ans. Les années suivantes, son petit-fils François Denys Légitime devint président d'Haïti.

Enfin, le dernier ajout au paysage bordelais fut inauguré en décembre 2019 pour marquer la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, sous la forme de « Strange Fruit », une sculpture rappelant un arbre, signée par l'artiste réunionnaise Sandrine Plante-Rougeol. Les trois branches de l’arbre font elles aussi écho à la notion « triangulaire » ; chacune porte un cerceau de baril de vin contenant une tête d’homme. Les trois visages ont les yeux bandés suggérant une perte d'identité ; ils symbolisent respectivement la peur, la douleur et l'abandon.


Ce même jour de décembre 2019, Bordeaux annonça que des panneaux explicatifs allaient être apposés dans les rues dont les noms renvoient aux armateurs, commerçants et marins impliqués dans la traite des esclaves, une réponse en forme de compromis à des années de lobbying par diverses associations (en particulier Mémoires et Partages) demandant que ces rues soient débaptisées. Chaque panneau fournit ainsi un aperçu concis et factuel du contexte, compilé par les équipes du service des archives de la ville. Le déploiement initial concerne six rues ou places (voir note de bas de page) mais, lors de la préparation de cet article, j'ai parcouru les différents emplacements et à ce jour (février 2020), les panneaux n'ont pas encore été installés.

Des noms de rue en attente de panneaux explicatifs.
Quoi qu'il en soit, l'héritage de traite négrière de la ville n'est plus le sujet tabou qu'il était autrefois, et il sera intéressant de voir quelles nouvelles évolutions seront observées au cours des années 2020. Sera-t-on témoin d'avancées similaires sur ce triste chapitre de la Seconde Guerre mondiale, l'autre grand tabou bordelais ? Seul le temps nous le dira…

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : statue Toussaint Louverture, Quai des Queyries; statue Modeste Testas, Quai Louis XVIII ; sculpture Strange Fruit, jardin de l'Hôtel de Ville, Bordeaux.
> Les six premiers panneaux informatifs seront installés rue Desse, rue David-Gradis, rue Grammont, passage Feger, cours Journu-Auber et place Mareilhac. 
> Voir cet article  Sud Ouest pour en savoir plus et cet article France Bleu Gironde pour voir à quoi ressemblent ces panneaux (avec une faute d'orthographe en ce qui concerne la rue Grammont). 
> This article is also available in English.

Le Bordeaux Invisible est tombé sur ces sympathiques vues aériennes de Bordeaux dans les années 1950-60. Les allées de Tourny, le Triang...


Le Bordeaux Invisible est tombé sur ces sympathiques vues aériennes de Bordeaux dans les années 1950-60. Les allées de Tourny, le Triangle d’Or, Place Gambetta, le Jardin Public et la Cité de la Benauge, le tout depuis des perspectives inhabituelles ! Déroulez la page pour voir chaque photo de plus près !

Tout d'abord, les allées de Tourny, dotée encore de ses fontaines et sa statue Gambetta. En bas à droite : l’ancien marché des Grands-Hommes. Les voitures ont encore la possibilité de se garer sur la place de la Comédie ! Une modeste manifestation est en cours sur la place des Quinconces, ou alors est peut-être en cours de montage ou démontage. Les quais sont le territoire de grues et de hangars. Rive droite, la gare d’Orléans est encore relié au réseau de chemins de fer et la toute jeune Caserne des Pompiers de la Benauge est en place. Le pont Saint-Jean ne viendra se positionner entre le pont de Pierre et le pont Eiffel que quelques années plus tard !

Photo : éditions aériennes Combier (Macon).
Le Triangle d’Or, avec la rencontre en « V » des cours Clémenceau et de l’Intendance. On devine facilement le nom du « Petit Paris », bâtiment blanc en bas, le « Français » du cinéma que l’on connaît encore, ainsi que l’ancien marché des Grands-Hommes. Au fond, notez l’alignement des grues sur les quais et, rive droite, le bâtiment des Grands Moulins de Paris qui est encore fidèle au poste plus de 60 ans plus tard ! 

Photo : éditions Lapie (Saint-Maur).
Voici la place Gambetta, depuis le sud, où on remarque l’alignement de la rue du Dr Charles Nancel Penard (ou rue Dauphine jusqu’en 1946) et le cours Georges-Clémenceau.

Photo : éditions Lapie (Saint-Maur).
Autre vue de la place Gambetta (avec ses quelques voitures et un seul autobus), regardant en direction du cours Georges-Clémenceau et le Jardin Public.

Photo : éditions Lapie (Saint-Maur).
Voici le Jardin Public, vu depuis le nord-ouest, avec notamment au premier plan les bâtiments (et cour intérieure) du lycée Montesquieu (précédemment lycée Longchamps). 

Photo : édition Renaud & Buzaud (Bordeaux), cliché P. R. Larrey/Delboy.
Enfin, la cité de la Benauge, grande réalisation des années 1950 avec notamment, à gauche et au milieu, les tours et résidences de la cité Pinçon, au milieu le « rond des Mamans », en bas la salle des sports Jean Dauguet, en haut à gauche l’école élémentaire Benauge et, en haut à droite, le stade Galin (la piscine n’existe pas encore à cette époque).

Photo : Chatagneau (Bordeaux), cliché Herlec – Libourne, opérateur M. Le Collen/Elcé.
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